La fin des supports physiques et l’avènement du digital : mauvaise chose ?

Texte publié le 23 avril 2012 sur Sound Cultur’ALL

« Avant j’achetais des disques, j’écoutais même ceux que j’aimais pas, aujourd’hui j’ai 40 gigas d’MP3 qu’j’écoute même pas » Orelsan

K7C’est triste, à peine 23 ans et je suis déjà un jeune con réac’. Et pire, j’ai décidé d’écrire tout un article pour l’assumer ! Non, en fait, ce n’est pas le vrai but de cet article, mais bon, une fois que tu l’auras lu, la seule chose que tu retiendras, c’est bien ça : « L’Impertinent, il saoule, il n’est même pas foutu d’vivre avec son temps ». Ben voilà, je suis né à la fin des années 80, j’ai grandit dans les 90’s et j’ai muri (vieilli ?) dans les 00’s. Dans ma courte vie (Quoique notre vie n’est-elle pas déjà trop longue à partir du moment où on vient au monde ?), j’ai vu notre société évoluer et se transformer, parfois en bien, souvent en mal. J’ai connu l’effondrement du bloc soviétique, la réunification de l’Allemagne, l’éclatement de la Yougoslavie, j’ai assisté à la chute du mur de Berlin (#syndromesarkozy), j’ai vu le 11 septembre bouleverser nos vies, j’ai connu 3 présidents français (bientôt 4 ?), j’ai vu un noir devenir l’Homme le plus puissant du monde, et j’en passe ! J’ai connu l’époque où le football français, qui à défaut de nous proposer du beau jeu, arrivait à nous faire rêver. J’ai dansé sur des tubes de l’été dégueux, j’ai vécu la mode des boys bands, celle de la dance et j’ai même connu l’époque où Doc Gyneco était génial

Mais, l’événement le plus marquant de notre ère est certainement l’avènement du numérique, symbolisé par la démocratisation des ordinateurs et d’internet. Et là tu te dis « Mais qu’il est relou ce mec, quand est-ce qu’il en arrive au sujet ? ». T’inquiète pas, j’y arrive ! Comme on le sait tous, internet a bouleversé nos vies, mais a bouleversé le monde de la musique. A l’ère du tout-numérique, de la démocratisation de la culture, du progrès technique et du téléchargement, le musique elle aussi se dématérialise, au point qu’on peut logiquement croire, qu’un jour, la musique n’existera plus qu’en digitale sans aucun support : bonne ou mauvaise chose ?

S’il y a un art qui vit avec son temps, c’est bien le 4ème art (la musique si t’es pas au courant). Contrairement au 2ème ou 3ème art (la sculpture et la peinture, si t’es toujours pas au courant), la musique change constamment de support. Art dématérialisé par nature, c’est en 1904 que la musique se matérialise et qu’apparaît le premier support musical commercial, à savoir notre bon vieux disque vinyle(sisi, j’ai fait des recherches qu’est-ce que tu crois ?). Evoluant constamment au gré des évolutions techniques et technologiques, ce vinyle archaïque donne naissance à des formes évoluées, tels que le 33 tours en 1948 ou le 45 tours en 1949 (#wikipédiaestmonami).  Puis, le bon vieux disque de nos parents, engendre notre Compact Disc (CD) en 1981. Bien plus compact (comme pourrait l’indiquer son nom) et ainsi plus pratique, le CD remplace peu à peu le vinyle… Certes, ce dernier n’a jamais disparu, mais, soyons d’accord, son utilisation est presque devenue marginale. En parallèle, la cassette fait son apparition en 1963, permettant d’enregistrer du son et de l’écouter.

Puis l’informatique a décidé de changer les règles du jeu ! En 1994, un nouvel algorithme de compression est mis au point : le MPEG-1/2 Audio Layer 3, plus communément appelé le MP3. Mais, ce format ne commence à se diffuser réellement que dans les années 2000. Grâce aux plateforme de téléchargement (telles que Napster), les Peer-to-peer (comme eMule) ou les sites d’hébergement (encore une fois, R.I.P. Megaupload), ce format se démocratise très vite et favorise la crise du disque. Les ventes chutent drastiquement et ce ne sont pas les pauvres lois Hadopi de M. Sarkozy qui vont changer la donne. Pour donner un ordre d’idée, en France, en 1999, un album était certifié disque d’or au bout de 100 000 ventes, ce chiffre n’était plus que de 75 000 en 2005 et de 50 000 en 2009. Pour résumer, en 1999, un artiste en moyenne vendait deux fois plus qu’actuellement. Vous me direz que le téléchargement n’y est pas forcément pour quelque chose et blablabla, et d’ailleurs, je ne suis pas forcément en désaccord avec vous sur ce point, mon but n’est pas de diaboliser le MP3 (sinon je serais le roi des hypocrites), mais ce n’est pas non plus de comprendre pourquoi l’industrie musicale va mal (dans cet article en tout cas). Bref, revenons à nos moutons, la crise du disque est là, les maisons de disques et distributeurs trouvent pour seule et unique solution de proposer des téléchargements légaux et payants.

Le problème ? De plus en plus de disques ne sortent qu’en MP3, sans support physique. Evidemment, je comprends que c’est beaucoup plus pratique, car, moins cher en terme de coûts pour le label (ou l’artiste indé) et plus avantageux financièrement pour l’auditeur. D’autres même, proposent des bonus disponibles que pour la version digitale… En fait, vous ne comprenez toujours pas mon problème, mais il est simple : j’aime acheter des disques physiques !!!!! Et je sais qu’en réalité, vous êtes pleins comme moi à aimer regarder votre pile de CD entassée sur votre bureau et même que vous en retirez une sorte de fierté. Le bonheur à l’achat d’un disque, ouvrir le livret pour lire les paroles, les noms des compositeurs ou même des dédicaces et remerciements, … tous ces petits plaisirs n’ont pas de prix et ils sont en train de mourir avec le tout-numérique ! Sans oublier la joie d’enregistrer sur sa K7 le dernier morceau diffusé en radio ou un gros freestyle en direct et de se le réécouter en boucle le lendemain sur son walkman. Des kiffes que les plus jeunes ne peuvent pas comprendre, mais je suis certain que beaucoup trop parmi nous les ont aussi oublié.

Mon but n’était nullement de critiquer le téléchargement, car je serais (très) mal placé pour le faire (et j’ai de bons arguments pour le défendre). Ce n’était pas non plus de critiquer les artistes qui proposent leurs albums en téléchargement légal (qu’il soit payant ou non d’ailleurs), ils doivent bien s’adapter à notre société, surtout en période de crise (de l’industrie musicale et économique). Je ne voulais pas non plus critiquer les plates-formes de téléchargement légal, elles ont vu qu’il y avait du profit à se faire et elles ont raison de surfer sur la bonne vague. Je ne voulais même pas critiquer le MP3 lui-même, car, avouons-le, c’est un format très sympa. Je voulais juste passer un coup de gueule ! Montrer comment une innovation cool pouvait avoir des effets pervers. Montrer comment en se transformant, la société pouvait sans le vouloir détruire de bonnes choses au profit de chose qu’elle juge meilleure. Je voulais montrer comment une chose bonne sur un plan pouvait être mauvaise sur un autre plan (oui, tout dépend de l’espace de définition où on se place. Hein !? Je pars dans un délire geek !? Ok, j’arrête). Je voulais aussi montrer que l’évolution n’est pas toujours bonne sur tous les plans. Oui, je voulais surtout laisser s’exprimer le nostalgique que je suis. Bref, rendez-moi ma Super Nintendo, que je puisse geeker en paix toute la journée sur un bon vieux Street Fighter, avec en fond sonore une K7 remplies de sons mal enregistrés et foutez-moi la paix avec vos saloperies technologiques… Mais pas trop longtemps non plus, ça me manquerait vite.

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