Swift Guad : « Tu vois au final comment en tant qu’artistes on peut changer les choses »

Interview publiée le 31 mai 2012 sur Sound Cultur’ALL avec Thomas Passe (a.k.a. Nessuno)

swiftAprès avoir retrouvé Swift Guad à la sortie de studio avec Paco – qui revient ! –, direction Robespierre et le Chicken spot pour une interview en compagnie de mon compèreL’Impertinent. Autour d’un sandwich tout y passe : ses débuts, ses nombreux projets à venir, le pourquoi du comment de ses featurings, sa vision du rap, etc… Bref, trêve de présentation, lisez plutôt l’interview du narvalo !

Sound Cultur’ALL : Présente-toi.

Swift Guad : Swift, rappeur de Montreuil, 30 ans. J’évolue dans l’ombre depuis la fin des années 1990-début 2000. Surtout depuis début 2000. On avait créé un label qui s’appelle Horizone, avecPaco et Rossito pour sortir un premier projet. J’ai commencé plus en solo en 2006. Et voilà, je crois que j’ai sorti cinq mixtapes, deux albums. Et y en a d’autres en cours.

SC : Comment s’est faite la création d’Horizone ?

SG : Ça s’est fait à partir d’une rencontre avec Paco, Rossito et Dos FX. On s’est rencontrés aux alentours de 2000 et la structure s’est créée fin 2000-début 2001. Le premier projet qu’est sorti, à part des mixtapes, c’est vraiment le premier album de Paco en 2004, A base de vers durs. Après y a beaucoup de gens qu’étaient sur le label qu’ont pris leur route de leur côté pour cause de divergences. Ça existe encore Horizone Prod. A l’époque y avait vraiment un engouement, dû aux battles, aux clashs. Ça revient beaucoup aujourd’hui. On parle beaucoup de clashs mais c’était déjà ça à l’époque.

SC : T’en as fait pas mal des clashs sur scène ?

SG : Ouais au Batofar, les 12inch Allstar, les Battle Arena, les End of the weak. Déjà début 2003-2004, ça commençait à arriver en force. Après ça s’est calmé, puis là ça reprend avec les Rap Contenders. Mais c’était déjà comme ça à l’époque, fallait faire ses preuves sur scène avant de les faire sur CD.

SC : Un truc qu’est frappant avec toi, c’est que t’arrives toujours à amener de gros noms sur tes albums. Comment t’y arrives ?

SG : Pour les Français en général ce sont des gens que je connais, que j’ai croisé à droite à gauche. Pour les cainris, soit c’est des gens que j’ai rencontrés comme G.O.D ou Twin Gambino, soit c’est moi qui suis allé vers eux. Comme Raekwon, parce que c’était un rêve de gosse en fait. Comme quand t’es petit tu te dis « Je kiffe Ferrari, je veux une Ferrari ». Bah moi je me suis dit « Je kiffe le Wu-Tang, je veux faire un son avec un gars du Wu ». En l’occurrence ça a été Raekwon, donc c’est pas le plus mauvais représentant. Y en a pas eu 30000. Bishop Lamont c’est moi qui suis allé vers lui, pareil pour Raekwon.

SC : Black Milk ?

SG : Ouais mais, avec lui, on n’a jamais été au bout du taf qu’on devait faire. On devait sortir un son, on l’a jamais sorti parce qu’il a lâché cette prod à un autre rappeur, Elzhi. Vu que y avait plus d’exclusivité c’était pas un peu mort. Mais par contre, même si on n’a pas été au bout de la collaboration, c’est quand même lui qui m’a conseillé d’avoir comme choriste Melanie Rutherford. Elle est présente sur mon dernier album, on a fait un son qui s’appelle Besoin de clarté, et franchement c’est une tuerie. Et c’est Black Milkqui m’a dit d’aller voir cette nana-là.

[Aux Etats-Unis] les gars c’est des pros, en France c’est des branleurs

SC : Et t’as jamais eu de problème avec les rappeurs US ? Qu’ils demandent trop de thunes ou bien n’ont pas beaucoup de considération pour les rappeurs français…

SG : Tu sais, eux ils s’en foutent ils écoutent pas de rap français, ils ont juste besoin de remplir leur assiette à la fin du mois. C’est le problème de tout le monde. A partir de là, c’est à toi de négocier le meilleur tarif. Après, c’est ça qu’est bien avec les cainris. Aux Etats-Unis tout le monde est accessible. Si t’es clair avec eux. Tu leur dis « J’aime ce que tu fais, je veux faire un feat avec toi combien ça coûte ? », si tu commences à te branler à leur dire « Ouais, c’est un rêve de gosse comment ça se passe ? » ils te répondront jamais. Les gars c’est des pros, en France c’est des branleurs. Si tu veux faire un feat avec un gars, comme on dit dans les charts, il te répondra jamais. Alors qu’aux Etats-Unis tu peux même avoirBusta Rhymes si t’as le portefeuille qui va avec. Si t’as les contact de l’agence de booking tu peux avoir n’importe quel rappeur. En France c’est pas possible, ils ont tous une tête énorme. Là-bas c’est leur métier, ils vivent de ça.

SC : Y a un featuring que tu rêverais de faire ?

SG : Y en a plusieurs. Des gars comme Al Green, Lee Perry, Busta Rhymes, Mobb Deep, des gens de la soul. Mais non, y a de tout… Lenny Kravitz tiens ! Je me tâte à ça pour le prochain album ! Je suis en train de voir, pour ça que je te dis son nom. J’ai pas de rêve précis en terme de feat, mais j’ai envie de collaborer, d’échanger avec des artistes que j’aime bien quoi.

SC : Tu nous as expliqué la raison pour laquelle ça ne s’est pas fait avec Black Milk, mais qu’est-ce qui s’est passé avec Tricky ?

SG : Oh Tricky c’est différent ! Tu veux qu’on rende l’affaire publique ? On a enregistré deux titres ensemble. Et le problème c’est que partout où il est passé, aussi talentueux soit-il, il s’est toujours embrouillé avec tout le monde. Dans tous les pays où il est passé. Et donc en France il s’est embrouillé avec tout le monde, dont son ingé son avec lequel on avait enregistré. Il est reparti avec son ordinateur sous le bras, donc les sons sont irrécupérables. Le mec j’ai essayé de le recapter mais il est dans une matrice. Tricky il fonctionne en fonction de l’heure qu’il est, s’il se souvient de toi et de la drogue qu’il a pris au moment où tu lui parles. Ca faut le savoir, et c’est dur de collaborer avec des gens comme ça. Même si c’est soi-disant des icônes, dans l’envers du décor c’est plutôt des gros shlags galériens (Rires).

SC : Comment s’est faite la rencontre avec Al Tarba ?

SG : Al Tarba je l’ai rencontré tout jeune, quand il avait 17 ans. A la base il était bassiste dans un groupe de métal et il se mettait au beatmaking. On s’est rencontrés sur MySpace si je dis pas de conneries. Je faisais du son avec Paco, il nous a contactés en nous disant « J’ai écouté votre son, j’aime bien ce que vous faites, tendez une oreille à ce que je fais ». On a tendu une oreille et on a trouvé que le gars était super talentueux. Et la connexion a commencé. Déjà à cet âge-là il mettait beaucoup de gens à l’amende.

SC : C’est toi qui l’a poussé au micro ?

SG : Non pas du tout ! Il travaillait déjà avec ses potes à Toulouse, dans son groupe qui s’appelle laDroogz Brigade. Donc c’est plus dans le cadre de la collaboration avec ses potes qu’il a commencé à se mettre au mic, dans ce collectif-là.

SC : Où en est d’ailleurs le projet en commun ?

SG : On en rigole beaucoup à chaque fois qu’on se voit, parce qu’on nous pose toujours la même question. Mais à la base c’est pas un projet. C’était évident qu’on ferait un projet en commun un jour où l’autre vu qu’on travaille ensemble depuis le début, mais y avait pas de date précise. On a commencé parun son, deux sons, trois sons, puis ça a créé une attente. Mais les gens j’ai envie de leur dire que ça sortira dans 10 ans, à base d’un ou deux sons par an (Rires). On n’est pas pressés, on fait les choses comme elles doivent se faire. En tout cas dans mon prochain album il aura une place, une ou deux prods qu’il va placer et on va continuer à enregistrer des morceaux. Ça prendra le temps que ça prendra, mais on n’est pas pressés.

SC : T’avais aussi annoncé le projet R.O.C.K.S, c’en est où ?

SG : C’est un peu tombé à l’eau. Par ma faute je t’avoue. Parce que c’est moi qui suis un peu à droite à gauche pour plein de projet en même temps. Dès le début je savais que j’allais sortir Hécatombe 2.0, j’avais plein de projets en parallèle comme le projet Inglorious Bastardz. Ma prochaine mixtape aussi, à la base ça devait être Conçu Pour Casser Du MC Volume 2, mais au final ça s’appellera la Narvalow tape. Dès le début avec R.O.C.K.S on savait que j’allais être accaparé par mes trucs, et c’est moi qui l’ai fait flancher. Tu sais, le concept était bon, y a pas de raison qu’on se remette pas au boulot bientôt.

SC : Tes prochains projets sont donc la Narvalow tape et Inglorious Bastardz, parles-nous en un peu plus…

SG : Exactement. Alors la Narvalow tape c’est au mois de septembre, Inglorious Bastardz c’est fin septembre-début octobre et mon prochain album qui s’appelle Ton rappeur préféré c’est mi-octobre.

Pour la première fois, je fais un album pour m’amuser

SC : Trois CDs à la rentrée ?

SG : Ouais, mais j’ai toujours un peu plus de cœur pour l’album ! Surtout que là j’essaie de faire quelque chose de différent, donc on verra bien. Pour la première fois je fais pas du rap sombre en étant sérieux le cul serré. Pour la première fois, je fais un album pour m’amuser. Pour me décontracter un peu. Même les sons énervés ils sont traités de façon un peu, pas rigolotes mais second degré. On n’arrête un peu de se prendre au sérieux, parce que c’est ça le problème du rap quoi.

SC : Ce sera plus dans le délire de Dansez sur ma bite quoi ?

SG : Tout à fait, tout à fait ! Pas forcément de l’egotrip, mais au moins léger on va dire.

SC : T’as pas peur de perdre une partie de ton public en faisant ça ?

SG : Pas du tout parce que je m’en fous un peu des fans (Rires) ! C’est pas forcément ceux qu’achètent ton album. Donc non au contraire, je peux qu’en acquérir d’autres. De toute façon, les fans ça va ça vient, c’est comme tout. Là, par exemple, t’as un grand mouvement avec 1995 et L’Entourage, que je connais, qui font un gros buzz. Et donc ça fait un an que j’ai de plus en plus de gens qu’écoutent mon son et qui sont très jeunes. Donc les fans ils viennent ils vont, ils t’écoutent parce que t’as sorti un son, le lendemain ils t’écoutent pas. Le but c’est justement de pas toucher les gens qui t’écoutent mais ceux qui t’écoutent pas. Et limite qui n’aiment pas ce que tu fais. C’est plutôt ça l’intérêt. Après je dis pas que je vais faire de la musique classique pour France Inter. Je sais que j’ai déjà été sollicité pour qu’on étudie des textes de mes chansons dans des facs. Ça a quand même plus de valeur pour moi d’être étudié par des jeunes qu’apprennent mes textes plutôt que de sortir des disques et faire de l’oseille pour être écouté par des petits de 15 ans qui comprennent même pas ce que tu dis.

SC : T’as déjà des feats de prévus pour ces trois albums ?

SG : Inglorious Bastardz, c’est le collectif avec moi, Jeff le Nerf, Furax, 10vers, deux groups de Suisse,Le S’1drom et L’Insolence et Scylla, un Belge. Donc c’est un gros collectif. Pour la mixtape y aura pas mal de featurings. Notamment le son que j’ai fait avec Nekfeu, La tête dans la baignoire, Jeff le Nerf, Furax, Hugo Boss, on s’est vus tout à l’heure. Donc pour la mixtape plein de feats, pour l’album je t’avoue que je sais pas encore, je peux pas trop en parler. Moi-même je sais pas encore qui je vais mettre dans les sons que j’ai faits. C’est plus une démarche artistique, j’ai envie que le son me ressemble. C’est pas « Untel c’est vla le featuring » alors je vais le mettre. Faut que le son colle à l’album. Là pour une fois y aura pas de cainris pour lesquels je me serais cassé la tête pour les ramener. Y aura peut-être des cainris, mais ce sera pas la même démarche.

On n’est que des vieux dans ce groupe, la moyenne d’âge ça doit être 30 ans, c’est pas glorieux pour les Inglorious Bastardz (Rires)

SC : Comment ça s’est fait les Inglorious Bastardz ? Vous venez un peu des quatre coins de la francophonie…

SG : C’est venu en fait d’une démarche commune. Ça a beaucoup été fait à l’initiative d’un Suisse qui s’appelle Neka, du collectif Rootscore et du groupe Le S’1drom. C’est un gars chez qui Furax enregistre à Genève, mon pote 10vers aussi. C’est des potes à moi, on se voit souvent, ça s’est fait familialement on va dire. On n’est que des vieux dans ce groupe, la moyenne d’âge ça doit être 30 ans, c’est pas glorieux pour les Inglorious Bastardz (Rires). On se débrouille bien et on lâche pas l’affaire. Après je vais pas te vanter les mérites de chacun. Furax, ceux qui le connaissent savent que c’est vla le kickeur. Jeff le Nerf est là depuis le début, même Kool Shen s’est pas trompé, il l’a pris sous son aile, l’a fait signer chez AZ, l’a placé sur tous les projets. 10vers c’est un rappeur de Toulouse, de la Bim Bam Prod, pareil c’est un gars qu’est là depuis 10-15 ans, il a fait tourner des rappeurs, il a organisé trop de trucs. Scylla pareil, les gens ont juste à taper son nom sur YouTube pour aller voir ce qu’il fait, c’est un des seuls Belges qu’arrive à casser les frontières et venir s’installer en France. C’est une bonne réunion de MCs quoi.

SC : Tu fais également partie du collectif Narvalow Club aussi, qui réunit des artistes divers, tu peux nous en parler aussi ?

SG : Ça c’est pas spécialement rap, c’est une association un peu montreuilloise. Ça regroupe de tout : des peintres, des graffeurs, des tatoueurs, des rappeurs, des photographes, des réalisateurs, etc… Après au début c’était super actif dans l’organisation d’évènements, d’expos et de concerts. Maintenant ça s’est calmé parce que c’est difficile de fédérer tous les artistes. On y arrive mais ça reste marginal. On essaie de faire deux-trois évènements par an. A côté de ça on a développé toute une série de t-shirts. Même si l’esprit Narvalow arrive à se diffuser, parce que je vais pas te cacher que la plupart des gens qu’achètent nos t-shirts c’est des gens de province, et pas de Montreuil. L’esprit est bien représenté quoi.

SC : Tu portes quel regard sur la scène rap actuelle ?

SG : Un regard un peu positif, parce qu’artistiquement ça change de gueule. Tu l’as bien remarqué, on revient un peu à un rap à l’ancienne. Celui que j’affectionne, que j’apprécie. Après le côté négatif c’est la manière dont les médias ont retourné leur veste. Ils boycottaient tout le monde et depuis ils sucent tout le monde. C’est bien, mais tu vois au final comment tous en tant qu’artistes on peut changer les choses. Ouais on a fait un peu vaciller les médias (Rires). Mais après c’est un peu du suçage de bites, mais ouais j’ai un regard positif parce que ça change. Surtout qu’en tant que vieux je trouve ça bien que y ait une nouvelle génération qu’arrive, des gens qui sont passionnés. Qu’ont pas subi le rap qu’on leur a mis de force dans les oreilles. Y en a ils vont dire « Ouais les jeunes cons, les jeunes cons », ouais mais les jeunes cons c’est nous y a dix ans ! Donc moi j’aime bien ce petit renouveau.

Moi j’ai suivi mon truc, sauf qu’à l’époque c’était plus compliqué. Aujourd’hui ça s’ouvre, donc j’en profite un peu pour rentrer dans la brèche

SC : C’est vrai que y a un petit retour aux sources, comment tu le vis toi qu’est un peu un pionnier de ce mouvement avec des gars comme Flynt, le TSR, etc…

SG : Bah moi je suis pas retourné aux sources, j’en faisais déjà depuis longtemps. Mais à l’époque y avait les Sages Po, Time Bomb et ces petits jeunes ils écoutent ça quoi. Mais non j’ai pas l’impression d’être un pionnier, moi-même j’étais une groupie quand j’étais petit. Moi j’ai suivi mon truc, sauf qu’à l’époque c’était plus compliqué. Aujourd’hui ça s’ouvre, donc j’en profite un peu pour rentrer dans la brèche. C’est bien qu’il y ait cette nouvelle génération qui a ouvert la brèche grâce à internet, aux nouveaux médias qu’on leur a mis à disposition. Nous on n’a pas su l’utiliser, eux ils ont grandi avec ça. Pour eux c’est normal, pour nous c’était un effort de s’y adapter. Pour eux c’était logique, c’était normal, si t’es pas dessus t’es mort. Tu me parles de n’importe quel artiste qu’a entre 20 et 25 ans je te dirai qu’il a un Facebook, un Twitter, un compte Google+ quoi. Ça coule de source (Rires).

SC : D’ailleurs toi à l’époque du premier album t’étais un rappeur underground, aujourd’hui t’es plus dans la lumière, t’as plus de buzz. Tu fais plein de scènes, plein de feats, comment tu l’as ressenti ?

SG : Ouais mais c’est la force des choses qu’a voulu ça. Avant je faisais mon son, on me proposait pas de faire des lives, maintenant ça s’est développé. C’est bien. Moi je me suis adapté aussi. Surtout que j’ai vieilli, j’ai plus du tout le même discours que quand j’avais 20-25 piges. Quand t’as plus de 30 ans tu sais… Je me modère pas dans le discours, j’ai toujours les mêmes principes et idéaux. Mais j’ai vieilli donc forcément je suis un peu plus sage. Même si je dis encore des conneries, même beaucoup ! Mais c’est comme les mecs qui disent « Fuck Skyrock ! Fuck Skyrock ! » alors que la seule chose dont ils rêvent c’est d’y passer ! Mais quand t’arrives à cet âge-là tu comprends que c’est de la bêtise de dire « Fuck Skyrock », parce que le jour où ils vont t’appeller pour faire un freestyle tu vas courir comme un petit chien !

SC : T’en vis à l’heure actuelle du rap ou tu travailles à côté ?

SG : J’ai toujours travaillé. Maintenant je travaille à mi-temps. Le rap j’en vis dans le sens où je fais de l’oseille avec mes concerts. Mais après je me dévore, tu vois je charbonne pour vendre des disques et faire des concerts. Mais après le problème c’est que c’est toujours irrégulier, tu sais pas combien tu vas gagner en septembre puis au mois d’octobre. Mais au moins ça se débloque ! Avant y avait pas de concerts, maintenant y en a vla le tas. Je trouve ça bien, mais après faut être malin, savoir travailler avec les gens. Le problème du rap français c’est qu’il a toujours été renfermé sur lui-même : « Fuck untel ! Fuck untel ! Fuck untel ! ». Aujourd’hui le rap s’est ouverts, on travaille avec des tourneurs, avec des médias, on a des marques de fringue, des trucs comme ça. Je pense que c’est aussi pour ça qu’on en parle aujourd’hui, parce qu’à l’époque le rap français n’était réservé qu’à certains médias privilégiés.

SC : Question conne : t’es vraiment employé à la mairie de Montreuil ?

SG : Ouais, je suis fonctionnaire. Je suis fonctionnaire depuis 7 ans. Je t’avoue j’ai pas eu de diplômes, donc ma mère elle m’a dit : « Tu bosses et tu remplis le frigidaire ou tu te barres et tu fais ta vie ». Du coup je me suis mis à bosser et je me suis barré (Rires) ! C’est une bonne expérience, j’ai pas eu le bac mais je vais pas faire le misérabiliste parce que j’ai toujours eu du travail. Ça m’a permis de faire mon son tranquille. Tu sais, la plupart des rappeurs, aussi côtés soient-ils, bossent à côté. C’est ça le juste milieu entre l’indé et la maison de disque : la maison de disque ils vont se foutre de ta gueule, t’es sûr de toucher moins d’oseille mais d’en vivre, l’indé c’est au jour le jour et tu sais jamais combien tu vas gagner à la fin du mois.

SC : Un mot de la fin ?

SG : Le mot de la fin c’est que le prochain album sort à la rentrée, et que le maximum de personnes qui l’achètent fera que j’en sortirai un prochain (Rires) !

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Propos recueillis par : Nessuno & L’Impertinent

 

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