Les arnaques du rap français

Texte publié le 23 octobre 2012 sur Sound Cultur’ALL

arnaquesIls n’ont jamais eu de talent, de flow, de plume, de beats. Ils n’ont jamais eu aucune vision artistique. Pourtant, ce sont les coqueluches des médias et du grand public : je vous présente les arnaques du rap français ! Ils s’appellent Mister YouZifou ou encore Canardo et n’auraient jamais dû quitter l’anonymat. Contrairement auxBoobaRohff ou Diam’s, ils n’ont aucun potentiel artistique et n’ont jamais rien prouvé. Cependant, pour des raisons douteuses, voire détestables, ils sont sur le devant de la scène et nos petits frères les écoutent en boucle, quitte à nous rendre sourds ou nous aliéner. Petit tour d’horizon non exhaustif de ces arnaques.

Zifou : la nouvelle énigme

Zifou… sérieusement ? De manière non explicable et non expliquée, la Zifoumania a frappé de plein fouet, ces derniers mois, le monde du rap sans que personne ne voit rien venir. Inondant Youtube à coups de remix en 2011, le jeune « artiste » ne totalise pas moins de 7 millions de vues. Le problème, c’est que rien ne semble justifier de près ou de loin ce buzz. On a beau chercher, on ne trouve aucune trace de flow. Les textes ? J’en écrivais moi-même de plus profonds en CM2 et je savais déjà mieux varier mes rimes à l’époque. Bref, rien n’arrête Zifou. Après le public c’est aux tours des majors puis des médias de se rendre complice de ce crime contre le rap. Signé chez Universal Music, il squatte désormais les radios (Skyrock) et les émissions TV réservées aux ados pré-pubères (notamment sur NRJ 12 ou Direct Star). Son album sorti récemment fait déjà des ravages (dans tous les sens du terme). Plus rien ne semble pouvoir arrêter l’ascension folle du rappeur, au grand dam de mes oreilles.

Mister You : l’arnaque de la street credibility

Mister You nous a prouvé que le rap est la seule musique au monde où le vécu peut passer devant le talent (ou l’absence de talent). Pour rappel, Mister You c’est surtout l’histoire d’un rappeur en cavale. L’histoire d’un « artiste » qui a pour principal fait d’arme d’avoir été recherché pendant des années par les autorités incompétentes de notre pays. Ainsi, le jeune homme va pendant des années distiller freestyles, mixtapes et albums, tout en étant hors-la-loi. Un business en soi, comme le montre son album intituléAttrape You si tu peux. Le buzz atteint son apogée quand les keufs débarquent dans les locaux de Skyrock pour l’arrêter, lors d’un Planète Rap qui lui est consacré. Le rappeur s’enfuira en sautant par la fenêtre… Insuffisant. Depuis, You a fait de la taule et en est ressorti, le buzz toujours maximal et l’authenticité pour seul talent… Ce qui est plus que maigre.

La Fouine/Carnado : Les frères faussaires

Déjà pour commencer, je vais rendre à César ce qui est à César. La Fouine n’est pas si mauvais qu’on ne le dit. Il rappe on beat, il a une voix intéressante, il lui arrive d’avoir des instrus entraînantes et même de se montrer artistiquement original. J’apprécie moi-même quelques-uns de ses sons (trop peu, je l’avoue). Une fois cette injustice corrigée, la critique peut commencer. Comment ce type a pu devenir l’un des boss du rap game ? Comment a t- il pu devenir l’idole des collégiens ? C’est simple ! Rappelons déjà que La Fouine n’est que le résultat d’un vulgaire radio-crochet sur Skyrock (un Max de 109 rap-r&b). C’est ensuite un premier flop, Bourré au son, où le rappeur se perd à faire du sous-Snoop Dogg et montre une attitude pseudo-cool. Puis, suite à cet échec, changement de direction artistique. Laouni enfile le costume du gentil gangsta inconscient qui pose sur Dirty South (raz-de-marée rap du moment). Un style ultra- formaté et mainstream, des textes d’une débilité affligeante et des refrains un peu trop chantonnés : le succès est en marche. Le public est sous le charme et même nos très respectables confrères de l’ABCDR se font avoir. Le rappeur se fabrique en parallèle un carnet d’adresse conséquents : tous les MC’s veulent collaborer avec lui ! Avec le temps, le rappeur va nous imposer son petit frère et beatmaker attitré :Canardo. Canardo, c’est un peu le La Fouine du pauvre, je ne disserterai donc pas sur son cas. Mais avec ces deux-là, le rap français semble condamné à l’obscurantisme.

Tant que des rappeurs pourront s’imposer dans le game sans aucune légitimité artistique, je ne crains que le mouvement continuera d’être vu comme une sous-culture d’analphabète. D’ailleurs en écoutant ces escrocs du micro, il est difficile de donner tort à Zemmour. Voilà pourquoi certains rappeurs feraient mieux de retourner à l’école et de s’intéresser à la musique avant de rapper.

« T’aurais dû arrêter le rap au lieu d’arrêter l’école. T’aurais dû lâcher la musique au lieu de lâcher des comms. » OrelSan,Jimmy Punchline

Lire la suite ici

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s