A propos du Black Panther Party for self defense

Encart tiré d’un article publié par Max Leroy le 16 octobre sur RAGEMAG, intitulé « Daniel Guérin : anar’ et marxiste, l’homme de toutes les luttes »

Né en 1966, le Black Panther Party a failli réussir l’exploit d’unifier le mouvement noir, aux États-Unis. En effet, depuis le début du XXe siècle, celui-ci se divise en deux courants : les intégrationnistes et les séparatistes. Les premiers plus pacifiques, incarnés d’abord par W.E.B. Du Bois puis par Martin Luther King, veulent l’intégration des Noirs dans la société américaine. Les seconds, plus radicaux veulent au départ le retour des Noirs en Afrique (sous l’influence de Marcus Garvey), puis la séparation ethnique au sein de la Nation. Un an après l’assassinat de Malcolm X, alors que le mouvement des droits civiques de Luther King s’essouffle, deux jeunes fondent en Californie ce qui devient rapidement le plus grand parti afro-américain.

C’est en refusant les positions intégrationnistes et séparatistes, tout en puisant en elles, pour se placer dans une posture révolutionnaire de lutte des classes que Huey P. Newton et Bobby Seale se distinguent. Certes, le parti est traversé par plusieurs courants, mais il se veut marxiste-léniniste. Trois ouvrages sont au cœur de l’idéologie BP : Les Damnés de la Terrede Frantz Fanon, le Petit livre rouge de Mao et l’Autobiographie de Malcolm Xd’Alex Haley et Malcolm X. Du premier ils retiennent son idée de transformer le lumpenproletariat (formé selon eux majoritairement de Noirs) en force révolutionnaire, sa croyance en la violence comme outil de libération et son anti-impérialisme. L’ouvrage du leader chinois permet de structurer l’idéologie communiste. Enfin, grâce à Malcolm X, ils comprennent la nécessité de l’auto-défense pour répondre aux violences policières et racistes. Par la suite, Angela Davis, marxiste-léniniste inspirée par l’école de Francfort, apporte aussi une touche black feminist.

Victime de son succès, ce parti noir et communiste, qui s’oppose à la guerre du Viêt Nam, se lie à divers mouvements d’extrême gauche et embrigade des jeunes de gangs, ce qui dérange alors le gouvernement. C’est d’ailleurs le FBI, via son programme COINTELPRO, qui parvient finalement à détruire le mouvement de l’intérieur.

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