Archives pour la catégorie Musique

Médine au Bataclan : Halte à l’hystérie nationale

Article publié le 11 juin 2018

L’annonce de deux concerts du rappeur Médine au Bataclan provoque une vraie hystérie à droite. L’artiste serait accusé de promouvoir le djihadisme. La réalité est pourtant toute autre.

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Kendrick Lamar : Un Pulitzer pour le dernier Black Panther

Article publié initialement le 17 avril 2018 sur le site Le Média presse

Kendrick Lamar est devenu ce lundi 16 avril le premier rappeur à obtenir un prix Pulitzer. Les ghettos américains ont-ils trouvé un nouveau porte-parole ?

Le MC de Compton n’en finit plus de glaner les récompenses. Après ses douze Grammy Awards, dont quatre l’an dernier, il devient le premier rappeur à obtenir le Pulitzer, pour son quatrième album DAMN. Il n’est que le onzième musicien à obtenir cette distinction créée en 1917 par le célèbre éditeur américain Joseph Pulitzer. En plus d’être devenu une superstar du rap, l’interprète de « Alright », hymne non-officiel du mouvement Black Lives Matter, et de Black Panther : The Album, peut-il devenir le porte-parole des ghettos, comme l’a été son idole 2Pac ?

KENDRICK LAMAR, 2PAC ET LE BLACK PANTHER PARTY

Né à Compton, comme les rappeurs Dr. Dre ou Ice Cube, en 1987, sa vie bascule en 1995. L’enfant de huit ans participe au clip de California Love de 2Pac et Dr. Dre. A ce moment, la West Coast a le vent en poupe et 2Pac est au sommet de sa gloire. Il est alors plus qu’un rappeur, c’est une icône populaire. Rappeur et chanteur, il est aussi pour beaucoup, le « dernier des Black Panthers ». Pour rappel, sa mère Afeni Shakur a milité dans le célèbre parti antiraciste et socialiste, au point d’être emprisonnée à New York, peu de temps avant la naissance du MC. Sa tante est Assata Shakur, leader de la Black Liberation Army (BLA), frange la plus radicale du Black Panther Party. Condamnée à perpétuité pour le meurtre d’un policier lors d’une fusillade, elle s’évade en 1979 et obtient l’asile politique à Cuba. 2Pac porte malgré lui cet héritage. Ses textes, surtout dans ses premiers albums, sont engagés, dénoncent la violence de la société américaine, le racisme et les inégalités économiques. Un personnage qui fascine dans les ghettos noirs américains et Kendrick est l’un des gosses qui rêve de devenir comme l’artiste d’Oakland.

« K-Dot », comme on le surnomme, grandit dans une ville pauvre, ravagée par la violence. La foi l’éloigne néanmoins des gangs, comme il l’expliquera plus tard. La musique lui donne une raison de vivre. Mais il a une vision bien précise de ce à quoi ressemblera son art. « Les gens que tu as touchés ont vu leur vie changer pour toujours. Je me suis dit que je voulais être aussi un guide pour les hommes, un jour. N’importe qui savait que je parlais tout haut pour que tu m’entendes », écrit-il le 16 septembre 2015, pour les 19 ans de la mort du rappeur. Kendrick prétend aussi avoir vu 2Pac en rêve quand il avait 21 ans. Il lui aurait conseillé de s’accrocher à la musique. Il pousse le mimétisme jusqu’à être capable de citer de tête du William Shakespeare, comme le rappeur décédé. Son premier album, Section.80, sorti en 2010, est, notamment au niveau des textes, comparable à 2Pacalypse Now. Il raconte sans langue de bois ce qu’est être un jeune issu des ghettos noirs, le racisme, la brutalité policière ou le système éducatif malade. Des paroles crues et engagées qui côtoient des textes plus légers sur la fumette ou les filles.

UN ARTISTE TRAVERSÉ PAR DES DES CONTRADICTIONS

Il signe alors avec Dre, comme 2Pac. L’artiste devient alors la mauvaise conscience de Barack Obama. Au fil de Good Kid, MA.A.D City et To Pimp a Butterfly, sortis en 2012 et 2015, se dessinent le portrait d’une Amérique peu flatteuse. Loin d’être apaisée par l’élection du premier président noir, on comprend que la situation continue de se dégrader pour les millions d’habitants des ghettos. Le fantôme de Nelson Mandela, décédé deux ans auparavant, en 2013, apparaît aussi dans Mortal ManK-Dot montre par-là que son combat est comparable à celui du Sud-africain, les Etats-Unis étant encore pris dans une forme d’apartheid.

Le rappeur ne semble pourtant pas assumer ce rôle de leader. Comme 2Pac, il est traversé par des contradictions. A côté du Kendrick engagé cohabite un Lamar egotrip et individualiste. Car K-Dot reste avant tout un MC, qui joue le jeu du système capitaliste, et ne sera probablement jamais un activiste politique. Difficile dans ces conditions d’être réellement le porte-parole de quoique que ce soit, et surtout des ghettos en quête d’un leader.

Orelsan, reflet d’une génération qui n’arrive pas à vieillir

Article initialement publié le 21 janvier 2018 sur Le Comptoir

« La fête est finie », troisième album solo d’Orelsan a été certifié triple disque de platine (300 000 ventes) en deux mois. Le rappeur caennais se paye même le luxe d’être le grand  favori des Victoires de la musique 2018, avec trois nominationsUn succès commercial logique pour celui qui se fait l’écho du malaise de la génération Y.

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Ce que la musique de Kendrick Lamar nous dit de la foi

ANSPressSocietyNews CC BY-ND 2.0

Article publié initialement le 19 novembre 2017 sur Aleteia

L’une des cérémonies musicales les plus importantes outre-Atlantique, les American Music Awards, se déroule ce dimanche 19 novembre. Avec trois nominations (artiste de l’année, meilleur album rap/hip hop et meilleur artiste hip hop), Kendrick Lamar a de grandes chances de briller. L’occasion d’analyser les textes de ce rappeur qui a la foi.

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Ludovic Villard : « J’aime la brièveté en poésie »

Article publié initialement le 20 septembre 2017 sur Le Comptoir

Connu par les amateurs de (bon) rap sous le blaze de Lucio Bukowski, Ludovic Villard a créé il y a quelques mois avec son frangin Philippe Villard-Mondino et Mickaël Jimenez-Mathéossion Les Gens du Blâme, maison d’édition lyonnaise dédiée à la littérature. Reconnu pour sa plume, Ludovic en a profité pour sortir un recueil de poèmes intitulé « Je demeure paisible au travers de leurs gorges », en rupture de stock peu de temps après sa sortie . « L’ouvrage se compose de quatre parties rassemblant des poèmes de formes différentes, du quatrain au haïku, en passant par l’aphorisme et le vers libre. Le temps, la beauté, l’ivresse, le refus et la mort sont les thèmes, chers à l’auteur, que vous retrouverez tout au long de cette publication », explique l’éditeur sur son site. Une nouvelle occasion pour Le Comptoir de le rencontrer.

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Bilan rap 2016

Dossier collectif publié sur le site ReapHit le 30 décembre 2016

Alors que les puristes prophétisent la mort du rap depuis le début des années 2000, force est de constater qu’il ne se porte pas si mal que ça. Car 2016 est une année aussi riche musicalement que les précédentes.

Comme en 2015, l’événement rap français de l’année est assurément PNL. Après avoir conquis l’Hexagone avec Le Monde chico, les frères Andrieu ont choisi d’entrer définitivement Dans la légende. Pour ce nouvel opus, Ademo et N.O.S. ont repris la même formule. Il est toujours autant question d’argent, de trafic, de leur famille ou de dessins-animés. La musique est toujours aussi hypnotique, quoique ce nouveau disque se révèle plus posé que le précédent. La recette fait mouche, puisque les frères ont vendu 51 957 albums en une semaine. Trois mois plus tard, PNL est triple disque de platine avec plus de 300 000 disques écoulés. Les clips de « Naha » et « Onizuka » sont également de francs succès sur YouTube. Ademo et N.O.S. se sont cependant peut-être trouvé un concurrent de poids en la personne de Nekfeu. Après une année 2015 marquée par la sortie de son premier album solo, Feu – qui a connu un vrai succès commercial, à défaut d’être une grande réussite artistique – le « petit grec » revient en forme. C’est d’abord avec ses potes du S-Crew (Nekfeu, Mekra, Framal, 2zer Washington), que le MC du XVe se présente, avec le générique français du film Creed : l’héritage de Rocky Balboa, puis avec leur deuxième album intitulé Destins liés. Ce dernier est certifié d’un disque d’or (50 000 ventes). Mais c’est avec son album surprise, Cyborg, annoncé le 2 décembre, que le rappeur actif mouvement social Nuit debout, fait vraiment sensation. Mieux écrit et plus engagé – sans tomber dans le « rap conscient » pour autant – que Feu, le disque est certifié disque de platine en deux semaines avec 106 000 exemplaires vendus (physique, digital et streaming).

2016, c’est aussi le retour de Seth Gueko, qui nous livre avec Barlou son meilleur album depuis longtemps. Souvent trop irrégulier, le rappeur exilé en Thaïlande – qui y connaît « des problèmes d’immigration » –, plus anarchiste que jamais, ne nous déçoit pas cette fois. Autre retour, encore plus attendu, celui de Despo Rutti. Revenu de HP et converti au judaïsme, le MC nous lâche Majster – où apparaissent notamment Seth Gueko, Lino et Kaaris –, un double album stratosphérique. Torturé, sombre et délirant, avec son intro de 17 minutes, ce disque, qualifié par nos confrères de Captcha de « plus grand album de l’année 2016 » mérite plus qu’une oreille attentive. Avec ce nouvel opus, Despo nous prouve qu’il est un génie encore trop incompris. Mais 2016 en France, c’est également les deux très bons albums de l’hyperactif Lucio Bukowski (ODERUNT POETAS avec Oster Lapwas et HOURVARI avec Milka), le premier disque de Damso, nouvelle perle belge du 92i qui confirme tout le bien que l’on pensait de lui, et le retour gagnant de Georgio, qui s’affirme comme l’un des espoirs du hip hop hexagonal.

Outre-Atlantique, après Kendrick Lamar, c’est à son compère Schoolboy Q d’écraser la concurrence. Avec Blank Face LP aux sonorités gangsta, le MC originaire de Los Angeles nous rend une copie plus propre que son bon mais irrégulier Oxymoron sorti deux ans auparavant. Des producteurs aux invités, rien n’est laissé au hasard par Schoolboy Q. On retiendra « THat Part », morceau phare de l’album, où collabore l’autre rappeur américain de l’année 2016 : Kanye West. Les grands médias se focalisent sur les déboires et extravagances de sa femme Kim Kardashian, qu’on en oublierait que Kanye est avant tout un grand artiste. The life of Pablo, où on retrouve notamment Kendrick Lamar, Chance The Rapper, Frank Ocean ou Kid Cudi, nous le rappelle. Parfaitement produit, cet album a en plus bénéficié d’une promo de qualité, avec le retour des G.O.O.D. Fridays : comme en 2010 avec My Beautiful Dark Twisted Fantasy, chaque vendredi un morceau inédit, faisant parti ou pas du disque est dévoilé. Une formule qui réussit toujours. En conclusion, si 2015 aura été l’année des révélations, 2016 a été celle des confirmations. Et on ne s’en plaindra pas.

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