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Loan – Interview

Interview publiée le 17 avril sur Sound Cultur’ALL

LOAN_PHOTO_06Active depuis près de 15 ans, Loan fait parti des poids lourds de l’underground électro français, comme l’atteste sa nomination aux Electronic Music Awards en 2009. Passionnée par la musique, notre DJette est un vrai VTT capable de s’aventurer sur n’importe quel terrain. C’est à l’occasion de la sortie de son nouvel EP, intitulé Drop Circles, que l’équipe de Sound Cultur’ALL a décidé d’aller à sa rencontre. Un entretien sans langue de bois, où l’artiste nous parle d’elle, de son parcours, de ses projets et de sa vision sur l’électro actuel.

Sound Cultur’ALL : Salut Loan, présente-toi en quelques phrases !

Loan : Je suis une productrice de musique électronique, qui aime naviguer dans plusieurs sphères, si possibles étranges, riches en groove et en fusion. Il y a un peu plus d’une quinzaine d’années, j’ai commencé avec de la techno version musclée, pour me plonger ensuite dans du garage, du 2step et du breakbeat. Aujourd’hui on définit ma musique comme étant du dubstep. Ok, pourquoi pas…

SC : Justement, en survolant un peu ta discographie, j’ai l’impression que tu peux autant aller puiser dans le dubstep que dans le breakbeat ou la bass music… Tu définirais comment ta musique ?

L : Le terme « bass music » englobe pas mal de choses. Et finalement, tous ces styles sont pareils. C’est juste de la musique. Pour définir la mienne, je dirais qu’on retrouve souvent un côté onirique, à la fois mental et tribal. Que ce soit dansant, planant, grinçant, peu importe, j’essaye de partager un ressenti, une émotion du moment. J’aime peindre un tableau lorsque je compose, raconter une histoire, amener l’auditeur avec moi dans un voyage. Je souhaite avant tout partager ce qui m’inspire, ce qui me fait rêver, quitte à prendre le risque de semer le trouble sur le dancefloor…

« J’aime peindre un tableau lorsque je compose, raconter une histoire, amener l’auditeur avec moi dans un voyage. »

SC : D’ailleurs, la vague dubstep qui se propage actuellement en France, tu en penses quoi ? On est un peu en retard sur Londres non ?

Loan : Dès lors que ça vient de l’étranger, ça met toujours un certain temps à se propager. Ceci dit, du dubstep, j’en écoute en France et j’en fais depuis un peu plus de 6 ans. Si on parle de « vague » comme étant une déferlante devenue populaire, alors oui, ce qui se propage à l’heure actuelle est une variante ultra mainstream du dubstep original, qui regroupait pas mal de styles et variantes. Personnellement, il y a beaucoup de choses dans le dubstep actuel que je ne peux plus écouter. Overdose, impression d’entendre toujours le même morceau… Je trouve ça trop «bling bling» à mon goût, il y a comme une démonstration de technicité, de production du son, en délaissant ce qui est fondamental pour moi, le groove, la musicalité, et sa capacité à vous toucher, vous transpercer. Ceci dit, cela reste de la musique, et je sais la respecter et même l’apprécier. Il y a beaucoup de prod. dites « dubstep » avec d’autres sensibilités, d’autres influences, des disques qui sortent toutes les semaines avec des tueries… Je pense aux labels Deep Medi, Hessle Audio… Mais ce n’est pas cette scène « alternative » qui marche en France.

Ce que je recherche avant tout, c’est de la fraîcheur, de l’originalité dans de la bonne musique. A force de vouloir mettre des étiquettes, tout est devenu ultra « sectarisé ». Quand j’entends deux personnes qui discutent, l’une disant qu’elle aime la techno minimale, et l’autre surtout pas, mais plutôt de la techno deep house, ça me donne envie de vomir tellement c’est consternant ce manque d’ouverture. Tu changes de 10 BPM ton set, et tout un pan du public décroche. Tous les styles viennent de la même mère, l’acid house, que ce soit de la jungle, de la techno, du hardcore, du dubstep ou autre.

SC : D’ailleurs, il y a une vraie culture électro en France par rapport à Londres ou Berlin ? Et être à Marseille ce n’est pas un handicap dans le monde de l’électro ? Tout n’est pas un peu centralisé dans la capitale ?

L : Oui tout est centralisé à Paris, c’est sûr. Mais bon, il s’y passe quoi au final ? A Londres, Berlin, New York, il y a une culture de l’électro, une vraie énergie, un dynamisme, ça reste positif. Des projets qui naissent, des nouveaux artistes, des labels qui vont de l’avant ! A Paris, je ressens presque plus rien de tout ça. Ça grimace, un fond de motivation, une poignée de nouvelles propositions artistiques… A un moment, je ne m’y retrouvais plus… j’ai décidé de partir.

Etre à Marseille, c’est loin d’être un handicap, bien au contraire, il y fait bon vivre, le soleil, la mer, ambiance village vacances… Pour mon travail et ma famille, c’est une bonne étape. Pourvu que j’ai un accès internet, et je suis connectée au monde entier !

SC : Des artistes qui t’ont influencé ?

L : Impossible de faire cette liste bien trop longue ! Ma première gifle, c’était Public Ennemy quand j’étais petite. La dernière en date, c’est Shlohmo. Entre ces deux, une multitude de noms…

SC : Tu rêverais de collaborer avec qui ?

L : Musicalement ? Des batteurs tels que Chris Dave et Tony Allen, des producteurs tels que Biosphèreou Amon Tobin, des chanteurs comme Paul St Hilaire, Salif Keita. C’est tellement doux de rêver…

SC : Tu t’es produite dans énormément d’endroits prestigieux (Rex, café de la danse, club Maria Joseph, …) : il y a des endroits où tu rêverais de mixer ?

L : Honnêtement, non. Au niveau des clubs, je n’ai pas de nom particulier qui me vient en tête… Il y a certains festivals où je rêverais de jouer, comme le SONAR à Barcelone qui pour moi, reste l’une des références en la matière ! Mais peu importe l’endroit, s’il y a un bon sound sytem et un bon public, je suis au top.

« Dans mon petit microcosme de musiciens, je vois tant de grands artistes, des labels de référence cesser de créer et de produire car il n’y a plus d’issue possible. »

 

SC : Pour en revenir à ton parcours, tu t’es lancée très tôt en fondant ton label (Sub-Radar Record), pourquoi finir par rejoindre une structure (IOT Record & DTC Records) ?

L : On a démarré Sub-radar records, j’ai commencé à apprendre à me servir de machines et à sortir des tracks sur mon label et d’autres. Au fur et à mesure, la gestion du label me prenait quasiment tout mon temps. Au bout de quelques années, j’en ai eu assez de ne jamais être contente de mes morceaux. J’ai donc décidé d’arrêter le label pour me consacrer à la musique, me donner le temps d’apprendre, progresser, et voyager.

Quelques années plus tard, je rencontre le label I.O.T. , puis le label DTC. Grâce à eux, j’arrive à mener des projets, je suis soutenue dans mes créations, et puis, c’est vachement plus « cool » d’être artiste que producteur.

SC : Donc, ton actualité c’est ton EP (Drop Circles) parle nous en un peu plus.

L : Drop Circles est un EP de 6 titres, avec des tracks à influence dub, dubstep, glitch… C’est surtout un EP qui accompagne une création artistique, centrée autour de la vidéo et de la danse hip hop. L’idée était d’adapter de la musique à un univers avec un danseur, et de mettre tout ceci en images.

SC : Comment s’est réalisée la connexion avec Yaman ? Pas très dur de concilier vos deux univers ?

L : Il y a un peu plus d’un an, en zappant d’une chaîne à l’autre, je tombe sur une émission avec un show de Yaman. C’est le déclic. En le voyant, j’ai eu tout de suite envie de faire un projet avec lui. Je lui propose donc de faire un track pour voir si ça collerait avec ce qu’il aimerait. On a discuté de musique, de l’univers qu’il aimait. Vu que le mien était très similaire, c’était facile de comprendre… J’en ai fini un, puis je me suis dit que je pourrais en faire un autre, et le troisième pareil, jusqu’à ce que finalement, je me décide à faire cet EP couplé à une vidéo.

SC : Vous avez travaillé comment sur ce projet ? Pour le son, t’as eu carte blanche ou tu devais répondre à des exigences de sa part ?

L : Comme je viens de dire, on a parlé de musique, d’ambiances, de références. Il n’y avait aucune exigence de sa part. J’ai juste essayé de coller au mieux à ce qu’il pourrait aimer, en l’amenant dans mon univers musical. Vu que j’avais le projet de faire la vidéo, j’ai recherché une thématique autour de laquelle centrer tout notre travail. J’ai pensé à l’élément Eau, en voyant Yaman danser, c’était ce que cela m’évoquait… et aussi par rapport aux idées musicales que je voulais développer, et il se trouve – petite anecdote – que Yaman appelle son style de danse « water style ». Tout a pris sa place et a pris forme presque sans que j’ai besoin d’intervenir… Étrange comme des fois, on est aspiré par un élan créatif qui nous mène vers une évidence, une réalité. Tout le défi est alors d’arriver à retranscrire ceci au monde extérieur et de le partager.

SC : Et au niveau de la réalisation du clip ça s’est passée comment ?

L : L’équation de départ à résoudre, c’était : comment avec un minimum de moyens, je fais un maximum d’efficacité ? Coup de chance : Jérémy Frey. Réalisateur, vidéaste au grand talent, ultra pro et créatif, ce mec est en plus… mon cousin ! Sachant de quoi il était capable, mon imagination n’avait plus de barrières… On a échangé des idées, plein d’idées, parlé, il a écrit le scénario, on l’a peaufiné, il avait tout en tête, chaque image, chaque angle… Tourner avec lui, c’était tout simplement du bonheur, l’équipe d’assistants au top, Yaman, que dire… Bref, une merveilleuse expérience que j’espère renouveler très bientôt ! Je fourmille d’idées, rêve de nouvelles collaborations, d’histoires à raconter… Il y a encore tant à faire, tant de danseur(se)s avec qui je voudrais bosser. La danse à ce niveau là me fait vraiment rêver… Je peux passer des heures à mater en boucle des vidéos…

 

SC : Cet EP, ça annonce un album ?

L : L’objectif de cet EP était de proposer un univers musical inspiré d’un projet global multi-disciplinaire. L’idée n’était vraiment pas de faire un album. Un album, c’est un processus beaucoup plus long, une recherche différente. Mon 1er album, Grigri Breakers, j’ai mis 5 ans à faire des aller-retours dessus jusqu’à avoir la bonne version ! Garder une cohérence dans 17 titres d’un album, tout en explorant plusieurs styles, c’est pas un exercice qui peut se faire vite – pas pour moi en tout cas. Ce format de 6 titres me convenait tout à fait pour ce type de projet. Ça m’a permis de rester concentrée sur l’essentiel et de faire un choix très précis quant à la sélection des tracks. Aujourd’hui, c’est fini. Je suis satisfaite, super contente du travail accompli. On va donc se mettre à la suite le plus vite possible !

SC : Un mot pour finir ?

L : Loin de moi l’idée de vouloir faire un discours rabat-joie, mais il faut le crier haut et fort : soutenez les projets qui vous plaisent ! En participant financièrement, on contribue au développement et à la richesse de l’art, à son indépendance et à l’intégrité des structures indépendantes et des artistes. Ce n’est pas de la charité, c’est une nécessité si on veut continuer à nourrir son esprit et son imaginaire. Dans mon petit microcosme de musiciens, je vois tant de grands artistes, des labels de référence cesser de créer et de produire car il n’y a plus d’issue possible. C’est tout un pan de ma culture et de mon patrimoine qui s’efface. Et j’en ai profondément la rage.

www.loanliveset.com

www.dropcircles.org

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Renaissance du rap technique ou mort d’une contre-culture ?

Texte publié le 26 mars 2012 sur Sound Cultur’ALL 

Mac-MillerDepuis un an/un an et demi, on a l’impression d’assister à un « retour aux sources » dans le hip hop. Un retour à la seconde moitié des années 1990, à une époque où la technique semblait primer plus que tout dans le hip hop. Cette technicité était parfaitement illustrée par des collectifs tels que Time Bomb ou La Cliqua ou encore par les Sages Poètes de la Rue. C’est l’époque des lyricistes comme Fabe ou Oxmo Puccino. L’époque des passionnés, du rap boom bap, des freestyles de légende (notamment sur Génération), bref l’âge d’or du hip hop (au moins pour les puristes et les nostalgiques). La richesse des rimes et des punchlines, la variété des flows et la culture du sampling…Voilà ce qui caractérisait cette époque « bénie ». Le rap était toujours une contreculture à cette époque, comme à ses débuts, qui s’érige contre la société et ses maux, tout en étant un art faisant vibrer toute une partie de la population.

Puis, le rap a évolué, a mué, a perdu son insouciance et son innocence… Il s’est transformé, ce que beaucoup ont eu du mal à accepter. Fini l’époque de la technique, place au « rap caillera » : moins de flow, rimes biens moins travaillées et beats se ressemblant tous…On est au début des années 2000 et le but n’est plus de montrer sa maitrise technique, mais de représenter son hood. Puis la vague Dirty South s’est échappée du sud des Etats-Unis et atteint notre bel Hexagone. Notre Hexagone habitué aux vibes East Coast, au point de s’être approprié le genre. Ce même Hexagone qui même quand la West Coast dominait le rap US a toujours su résister à ce courant, s’est laissé emporté par le raz-de-marée Dirty ! Et voilà tous les puristes du Royaume de France et de Navarre révoltés, criant à l’escroquerie, à la perversion de la culture française (oubliant que l’histoire du rap français se résume à un vulgaire pompage du style ricain), refusant d’écouter ce nouveau genre. Le rap s’exporte en club et devient bling-bling, on en oublie nos valeurs de base. Booba, ex-prince du rap technique à l’époque de Time Bomb ou Lunatic a osé tuer le rap technique (quoi qu’il était déjà plus qu’à l’agonie) pour devenir le roi incontesté du rap bling-bling et Dirty. Oh traîtrise ! B20 devint très vite le rappeur le plus détesté des puristes (quoi que Rohff n’est pas si loin après tout). Puis arrive la vague de l’auto-tune et s’ensuit celle du mauvais électro versionGuetta. A ce moment là, on crût le rap fini (d’ailleurs autant en France et aux States, mais bien plus chez nous), rendant prophétique les dires de Nessbeal : « Bientôt l’rap va s’faire niquer par la techno ». Et c’est là que tout bascula : après une lente phase de dégénérescence, le rap des 90’s rennaît, un retour aux sources symbolisé par le groupe parisien 1995. Mais est-il possible de faire renaître une époque déjà révolue ? L’Histoire se répète ? Oui, mais jamais à l’identique !

La technique est devenue Hype

Et voilà qu’en un rien de temps, on se rend compte qu’une nouvelle génération semble prendre le pouvoir. Une génération, qui pourtant n’a pas ou peu connue cette époque, arrive et fait du rap rappelant plus le rap d’il y a 10/15 ans que le rap actuel, entourée de quelques anciens revenants sur le devant de la scène… Tout ça symbolisé par quelques grands évènements, comme l’engouement récent pour les Rap Contenders, les End of the Week, ou les concerts Can I Kick It (organisés par le groupe Triptik). En réalité, beaucoup de rappeurs underground, notamment dans le 18ème arrondissement de Paris n’ont jamais arrêté ce type de rap, mais aujourd’hui, ce rap semble se généraliser. Même le rap de rue qui semblait n’avoir que faire de la technique il y a encore quelques mois s’y met (avec la génération Niro,Sadek, L.E.C.K., SofianeFababy voire Guizmo), avec toute une nouvelle génération qui freestyle un peu partout sur le net ou à la radio. D’ailleurs, je parle principalement de l’Hexagone, cependant le constat est semblable aux States. Les années 2010/2011 ont vu l’émergence de Mac Miller, Tyler The Creator(et la clique d’Odd Futur), d’A$AP Rocky (et la clique d’A$AP Mob), les californiens Black Hippie (et notamment Kendrick Lamar, Jay Rock et Schoolboy Q) ou encore Big K.R.I.T..Des rookies au style atypique, clairement influencés par les 90’s plus que par ce qui se fait depuis les années 2000, allant musicalement du pur Boom Bap (Mac Miller) à un mélange d’influence Boom Bap/dirty (A$AP ou K.R.I.T.)…. C’est tout un mouvement international ! Bref, happy end à la conte de fée pour le rap ? J’en suis pas si sûr…

« J’invente pas des mots qui n’existent pas pour être technique » Diomay

La technique que pour la technique ?

Parallèlement à ce retour à la technique, le rap engagé n’a jamais eu l’air de se porter si mal. Je n’irai pas jusqu’à dire que « faire de la musique pour un éveil communautaire pour moi c’est ça l’rap ». Cependant, doit-on rappeler que l’engagement est légitime dans le rap ? Le rap, composante du hip hop, est une contreculture, c’est-à-dire, un moyen d’expression contestataire en marge de la culture dominante. Né pour porter la voix des sans-voix, l’engagement quoi que pas automatique peut sembler logique. Le problème est qu’être engagé semble être devenu « has been », les rappeurs actuels préférant freestyler et ne rien raconter. Pire, quand on a l’impression que le rap se joue à un concours de « hype » ou de « swagg ». On semble donc passer du truc subversif à un courant bobo, porté par quelques faux-intellectuels bien-pensants. Le public aussi se transforme, ne veut plus entendre de message et s’en contre-fiche d’écouter quelques chose qui a du sens, ce qui peut nous désoler : Le rap est-il dans ces conditions encore réellement une contre-culture ?

« Où est passé le sens ? Y a tout pour la technique » Mokless

On ne peut en réalité pas dire que le rap n’est plus une contreculture. Malgré sa popularité grandissante dans les couches de la population les plus jeunes, il reste une musique qui dérange les médias et les politiques. Il reste encore en réalité des rappeurs à message et à thème et ce même dans les rappeurs techniques (existe-t-il actuellement plus technique et plus engagée que Casey ?). Cependant, la société se transforme, ne croit plus au changement, et le rap avec… Entendre le rap rabâcher le même message depuis 20 ans a surement usé le dit message, surtout quand il sonnait faux et démago dans la bouche de certains rappeurs. Et n’oublions pas que le rap se popularise aussi et le public rap se diversifie. Lle cliché du fan de rap banlieusard/de cité/fils d’immigré ne colle plus du tout à la réalité. C’est surement parce que le public rock s’est diversifié et embourgeoisé, que cette musique s’est trop popularisée au point de perdre de sa subversion… Prenons garde que cela n’arrive pas au rap, car il perdrait de sa superbe.

« J’croyais qu’les rappeurs voulaient changer ce système qui nous exploite… Ils voulaient juste rentrer en boite. » Le Vrai Ben

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