Marion Maréchal-Le Pen, la droite populaire et le retour de la contre-révolution

Texte publié le 18 janvier sur RAGEMAG

Oyez oyez braves gens ! En ce 16 janvier 2013, Marion Maréchal-Le Pen, plus jeune députée de l’Histoire de notre Vème République, nous a proposé une grande proposition de loi. Alors que tout le monde croyait les deux députés du FN –pardon, il faut dire « Rassemblement Bleu Marine » – bien isolés, notre chère Marion a réussi à trouver du soutien auprès de plusieurs députés UMP, dont Lionnel Luca, chef de file de la Droite Populaire. Bref, nous avions de quoi nous attendre au pire… Et bien c’est encore pire que ça.

Nous connaissions la demoiselle étudiante en droit, nous la découvrons apprentie historienne. Car, oui, c’est bien à notre histoire que la jeune Le Pen et ses nouveaux amis de la Droite Populaire ont décidé de s’attaquer. Au premier abord, nous sommes contents de voir le RBM capable de proposer autre chose que des lois fumeuses sur la préférence nationale, qui au passage ont déjà montré leurs limites durant les années 1930. Puis, apparaît le titre : « reconnaissance du génocide vendéen de 1793-1794 » et nous ne savons trop quoi faire entre rire ou pleurer. Et pour finir, nous lisons le texte en lui-même et là, nous sommes consternés. Le nouveau cheval de bataille de l’extrême-droite est donc de pourfendre la Révolution française, en surfant sur un très mauvais reportage diffusé l’an dernier sur France 3 ? Nous pourrions tomber dans la facilité et balancer simplement un « laissons l’Histoire aux historiens », mais comme chez Ragemag nous n’avons rien contre les choses compliquées, nous avons décidé d’attaquer le texte de front.

Une loi mémorielle stupide et idéologique

Il est d’abord fâcheux de constater que le FN, qui parle constamment de « sujets importants » pour la France, ne trouve rien de mieux à faire pour cette dernière que d’attaquer son Histoire dans ce qu’elle a de plus belle. Ensuite, il est amusant de remarquer que le FN et l’UMP sont traditionnellement les premiers à s’insurger dès qu’il s’agit de tomber dans le mémoriel, l’excuse ou la repentance. Il suffit d’un petit discours de rien du tout de notre Président, en Algérie, pour que tatie Le Pen nous parle déjà d’abaissement de la France et que la Droite Pop’ monte au créneau. Et là, les voilà qui décident de faire une loi mémorielle. Alors pourquoi le FN, et quelques histrions de l’aile droite de l’UMP, ont décidé de faire ce qu’ils sont en général si enclins à dénoncer ? Tout ceci est simplement idéologique. Depuis toujours, la droite réactionnaire hisse le peuple vendéen en héros qui s’est battu pour la Monarchie et contre la République. Nous ne remettons pas en cause le courage de ces ennemis de la révolution. Il faut reconnaître qu’ils ont eu l’honneur de mourrir pour leur idées, même si elles sont opposées aux nôtres.  Mais, est-ce que quelque chose justifierait l’adoption de cette loi ?

Une guerre civile, mais pas un génocide

D’après l’article 211-1 du Code Pénal, un génocide est « défini comme le fait, en exécution d’un plan concerté tendant à la destruction totale ou partielle d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux, ou d’un groupe déterminé à partir de tout critère arbitraire». Que s’est-il réellement passé en Vendée durant la Révolution française ? Octobre 1791, les Girondins, alors majoritaires à l’Assemblée, décident de déclarer la guerre à la Prusse et à l’Autriche. Si officiellement, il s’agit de défendre la Nation menacée, officieusement, il s’agit de sauver l’Assignat au bord de la faillite. Et c’est pour cela que dès le départ, Robespierre s’oppose à cette guerre… En vain. La Monarchie définitivement abolie, la République naissante est embourbée dans les guerres et décide ce que l’on appelle « la levée des masses. » Des hommes entre 18 et 25 ans sont enrôlés par tirage au sort dans tous les départements afin de repousser l’ennemi hors des frontières. Les Vendéens prennent cette action républicaine pour une ingérence. S’ensuit une guerre civile opposant la République et les « contre-révolutionnaires ». Couplée aux guerres extérieures, elle débouche sur la (re)mise en place du Tribunal révolutionnaire par Danton le 10 mars 1793, qui mène au Gouvernement de la Terreur. Ne soyons pas manichéens : on décompte 200 000 morts – chiffre contesté par ailleurs – du côté insurrectionnel en 3 ans. La répression est terrible. Mais, il s’agît bien d’une guerre civile et non d’un génocide, car il n’y a jamais eu aucun projet d’extermination du peuple de Vendée.  D’où vient donc cette affreuse rumeur ? Elle est d’abord le fait de Gracchus Babeuf et de son pamphlet Du système de dépopulation ou La vie et les crimes de Carrier (cité dans le projet de loi de Marion) contre Carrier, leader des massacres vendéens (notamment des noyades de Nantes), et Robespierre. A l’époque, Babeuf est engagé contre l’Incorruptible qu’il voit comme un tyran. Il faut noter que par la suite, le picard changea d’avis, déclarant : « Je confesse aujourd’hui de bonne foi que je m’en veux d’avoir autrefois vu en noir, et le gouvernement révolutionnaire et Robespierre et Saint-Just. Je crois que ces hommes valaient mieux à eux seuls que tous les révolutionnaires ensemble. » Il n’existe sinon aucune autre source pouvant attester d’un quelconque génocide. Le fameux Le génocide franco-français : la Vendée Vengée de Reynald Secher s’appuie principalement sur les écrits de Babeuf et des hypothèses sans fondements. Pour résumer, il y a une guerre civile, mais aucun génocide. Affirmer ceci et vouloir voter cette loi est une attaque contre la Révolution et, donc, la République, mais surtout contre l’Histoire elle-même.

 « Je confesse aujourd’hui de bonne foi que je m’en veux d’avoir autrefois vu en noir, et le gouvernement révolutionnaire et Robespierre et Saint-Just. Je crois que ces hommes valaient mieux à eux seuls que tous les révolutionnaires ensembles. » Babeuf

« La Révolution est un bloc », Clémenceau

Lors d’un discours à la Chambre des députés le 29 janvier 1891 Georges Clémenceau défend la Révolution, les révolutionnaires et notamment Robespierre et ses partisans. Victorien Sardou décide de censurer une pièce intitulée Thermidor dans le seul but de défendre Danton et d’attaquer la Convention robespierriste. Dans un discours exceptionnel comme peu d’autres savent les faire, Le Tigre explique que nous ne pouvons pas dissocier les bons des mauvais révolutionnaires : la Révolution est un tout qui a permis l’émergence des valeurs républicaines. La Première Révolution anglaise ne s’est pas non plus déroulée dans la joie et la bonne humeur, mais elle a aussi fait verser des litres de sang et de sanglots. Est-ce que les Anglais en sont encore à discuter des hypothétiques crimes d’Oliver Cromwell ? Donc non, il ne faut rien jeter dans la Révolution, mais tout absorber. Car, cette dernière est le parfait reflet de la France belle et rebelle que nous aimons. Elle fut loin d’atteindre la perfection, mais comme l’a dit  Saint-Just : « Les révolutions marchent de faiblesse en audace et de crime en vertu. » Ainsi, elles font partie intégrante de notre histoire, donc nous les assumons.

« Les révolutions marchent de faiblesse en audace et de crime en vertu ». Saint-Just

Par-delà la méprise historique, c’est bien une certaine vision de l’Histoire que l’extrême-droite et la droite réactionnaire ont décidé d’essayer de nous imposer. Malgré les efforts de Marine Le Pen pour se parer d’un vernis républicain, nous comprenons ainsi que le FN est loin de s’être débarrassé de son anti-républicanisme et de ses valeurs contre-révolutionnaires. Mais le plus grave est de voir une partie de la droite dite « républicaine » tomber dans ce genre de dérives réactionnaires. Alors que la France prend l’eau de toute part, que François Hollande se sert du sociétal comme écran de fumée pour cacher son impuissance dans le domaine social, l’extrême-droite se perd en fumeuses conjectures historiques. Pire, le parti se prétendant le défenseur de la Nation s’attaque justement au fondement moderne de cette Nation, à savoir la Révolution Française.

Boîte noire :

 

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Les Inrocks : Michéa pour les nuls

Texte publié le 2 janvier 2013 

Depuis plus de trente ans, la gauche semble être en état de mort cérébrale. Quand la gauche libérale gouvernementale a sciemment décidé d’abandonner la lutte des classes au profit d’une instrumentalisation du communautarisme (lutte des races), la gauche antilibérale a du mal à réactualiser sa pensée. Depuis son accession au pouvoir, le Parti Socialiste prouve plus que jamais l’exactitude de ce constat. Une fois cet état de fait posé, il convient d’y trouver une solution. C’est ce qu’a tenté de faire Jean-Marie Durand des Inrocks, dans un article qui aurait pu être intéressant s’il n’était pas rempli d’amalgames, d’inexactitudes et autres inepties.

Partant du bon constat, l’article oppose sommairement deux gauches. D’un côté, la gauche bien-pensante, et de l’autre côté, la Gauche populaire. La seconde serait née des travaux de Laurent Bouvet, Christophe Guilluy ou Jean-Claude Michéa. Et là, l’article dérape : son auteur ne connaît visiblement ni la Gauche Populaire, ni Jean-Claude Michéa.

Où l’amateurisme le dispute au manichéisme

Au départ, la Gauche populaire, ce sont plusieurs chercheurs en sciences-sociales et essayistes, réunis à l’Observatoire de la Social-Démocratie, une structure de la fondation Jean Jaurès. Mais, c’est surtout une prise de conscience à la suite d’un rapport de Terra Nova intitulé « Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? », qui invitait le PS à recentrer son électorat sur les minorités (banlieues, femmes, homosexuels). La Gauche pop’ est donc née de la volonté de ne pas abandonner l’électorat populaire.

La pensée de Jean-Claude Michéa, quant à elle, s’articule autour du refus du compromis entre les socialistes et les progressistes (« la gauche ») durant l’Affaire Dreyfus. Le philosophe défend donc une ligne antilibérale authentique. Les deux courants peuvent se recouper, il est vrai. Quand la Gauche populaire fait de la lutte anti-communautariste son cheval de bataille, cette lutte-là se retrouve aussi dans le « michéisme » comme conséquence de l’antilibéralisme. Les différences sont pourtant réelles, à la portée d’un coup de fil, pour tout journaliste consciencieux… Michéa, antilibéral, est anti-productiviste remet en cause le « dogme de la croissance », quand la Gauche pop’, elle, n’a rien développé sur ce plan, tant sont diverses les opinions qui s’y expriment à ce sujet. Dans tous les cas, la Gauche populaire étant originellement un mouvement situé dans l’orbite du PS, elle est bien loin donc de l’anarchisme anticapitaliste du philosophe montpelliérain. Certes, Laurent Bouvet, comme Jean-Claude Michéa, a sans aucun doute plus d’affection pour l’œuvre de George Orwell que pour les notes de Terra Nova. Pour autant, le second n’est aucunement affilié au collectif co-fondé par le premier. Outre cette erreur grossière, l’auteur développe une vision simpliste qui questionne le lecteur : fumisterie ou enfumage ?

La Gauche pop, parlons-en

Les travaux de Laurent Bouvet n’ont que peu de rapport avec la caricature gribouillée dans l’article. Le politologue tente de comprendre comment l’électorat populaire périurbain s’est détourné durablement des socialistes pour se tourner vers le Front National. Il se penche donc sur les raisons qui ont poussé les couches populaires à considérer la mondialisation, la construction européenne et l’immigration comme des menaces. C’est là qu’apparaît la notion « d’insécurité culturelle ». Contrairement aux dires de l’auteur – qui, vraiment, gagnerait à se renseigner avant d’écrire tout et n’importe quoi – l’insécurité culturelle n’est pas une notion vague. L’insécurité culturelle est la façon dont un certain électorat populaire perçoit la dégradation de sa situation sociale et de son mode de vie. En découle une défiance vis-à-vis des élites dans un premier temps, puis à l’égard des « autres ». Le but que s’est fixé la Gauche pop’ est de lutter contre ce sentiment et de ramener vers lui un électorat qui n’aurait jamais dû partir vers le FN. La Gauche populaire n’est donc pas une espèce de gauche xénophobe et FNisante (!).

Pourtant, la plus grossière erreur commise par le journaliste consiste sans doute à conserver une grille de lecture commune à Patrick Buisson et à feu Olivier Ferrand : jouer peuple contre peuple, identité terroir contre identité immigrée.

Unir tout l’électorat populaire

Certes, depuis 1983 le Parti Socialiste a peu à peu abandonné le peuple au profit de catégories sociétales. Dans ce climat de terreur intellectuelle, toute personne critiquant le communautarisme de gauche se voit renvoyer à l’extrême droite. Terra Nova d’un côté, Jean-François Copé ou Marine Le Pen de l’autre, au milieu, autour, devant, derrière : rien.

Le socialisme (« la gauche ») doit effectivement se reconstituer une majorité populaire. Pour se faire, il va devoir réunir ces composantes essentielles. Une vraie politique socialiste conduirait donc à faire se souvenir au peuple, par delà les origines, le sexe et autres particularités, qu’il ne fait qu’un, que sa détresse est partagée, pour sortir du piège tendu par la droite de la droite qui instrumentalise l’insécurité culturelle. Unir l’ouvrier périurbain ou rural et le banlieusard en leur faisant comprendre qu’ils sont les exclus d’un même système. Le socialisme doit dissiper la brume des luttes horizontales pour faire ressurgir les luttes verticales, seules véritables émancipatrices.

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, des transformations immenses ont brouillées la conception marxiste de la lutte politique, faisant voler en éclat dans les représentations collectives, le face à face (grandement fantasmé) prolétariat/bourgeoisie. Aujourd’hui, le peuple est fragmenté comme jamais et la tâche de la gauche sera de réunir à nouveau. Une fois cette tâche réussie, les socialistes pourront entamée la seule guerre qui mérite d’être menée selon Robespierre : celle du Peuple contre les tyrans.

Boîte noire

Miss France trop blanche ou le CRAN trop bête ?

Texte publié initialement le 23 décembre 2012 sur RAGEMAG 

Samedi 8 décembre, 20h50. Des millions de téléspectateurs ont les yeux rivés sur TF1. Qui sera élue Miss France 2013 ? La question les obsède. Mais ils ne se doutent pas qu’une association communautaire a décidé d’utiliser l’évènement à des fins malsaines. Il s’agit du CRAN qui, certainement à cours de combats sérieux à mener, a décidé de taxer Miss France de Miss blanche. Les accusations fusent contre le concours : communautaire, discriminant, raciste. Il devrait même être rebaptisé « Miss White France ». Les accusations sont-elles fondées, ou a-t-on juste droit à un délire communautaire de plus ?

Pour ceux qui ne connaissent pas, le CRAN est le Conseil Représentatif des Associations Noires. Sorte d’équivalent noir du CRIF, cette association entend combattre les discriminations. C’est dans cet objectif que Louis-George Tin, son actuel président, et Fred Royer, créateur de prix inutiles, dont Miss Black France, ont courageusement écrit dans les colonnes de Slate France la tribune puante dont sont extraits les passages suivants :

« Dans le monde désuet, voire parallèle, de Miss France, les Noirs ne peuvent apparemment venir que des départements tellement exotiques d’Outre-Mer (restant ainsi tenus bien à l’écart des frontières de notre hexagone) : Miss Martinique, Miss Guyane, Miss Réunion, Miss Mayotte… Quant aux Français originaires du Maghreb, ils étaient « représentés » par une seule candidate, vite éliminée. Peut-être était-elle trop musulmane ? […] Un pareil manque de représentativité de la population française contemporaine lors d’un tel événement est grave, évidemment. Il s’agit d’une véritable négation de l’existence des Français d’origine africaine, qui disparaissent le temps d’une soirée de notre territoire. L’image renvoyée à l’ensemble des spectateurs en est totalement distordue. Quant aux populations concernées, elles doivent ressentir une étrange impression d’invisibilité… Lors de sa première édition, en avril 2012, d’aucuns avaient osé taxer l’élection Miss Black France de « communautariste ». Mais bien sûr, lorsque le communautarisme est le fait de la communauté dominante, ce n’est plus du communautarisme, c’est naturel : Miss White France peut ainsi se dérouler sans que personne n’y trouve à redire. »

Est-ce ainsi que nos preux chevaliers ont décidé de défendre la cause des noirs de France et de Navarre ? Il semblerait…

Tordons le cou à quelques contre-vérités

On a d’abord envie de sourire, en songeant que, depuis 2000, quatre Miss France furent noires ou métisses : Sonia RollandCorinne ComanChloé Mortaud et Cindy Fabre. Quatre lauréates sur 13 éditions, soit presque 33% de victoires – rappelons au passage que le CRAN estime que 12% des français sont noirs ou arabes. Parmi les quatre gagnantes, seule Corinne Corman était issue d’un département d’Outre-Mer (Guadeloupe), les trois autres habitant des départements métropolitains (Bourgogne, Normandie et Midi-Pyrénées).

On se remémore alors le concours Miss Black France. Lors de son lancement, en avril dernier, Frédéric Royer, son créateur, avait été jusqu’à déclarer qu’il était ouvert aux blanches et aux autres communautés. Vous imaginez, une blanche qui se ferait élire « Miss Black France » !… Et pourquoi pas un homme auréolé du titre de « Miss France » ? Non content de favoriser le communautarisme racial, Royer nous prenait pour des cons. D’autant que le type est du genre à monter au créneau quand quelqu’un déclare publiquement qu’il y a trop de noirs en équipe de France de football.

Puis on plaisante, en avançant que certaines minorités sont injustement exclues des concours de beauté : les handicapées, les obèses ou les naines par exemple. Doit-on s’attendre à une plainte du Conseil Représentatif des Associations Naines ? De personnes de petite taille pardon…

Et les moches… N’ont-elles pas le droit de porter une couronne elles aussi ? Déjà que la nature ne les a pas gâtées, si en plus elles sont discriminées….

Le CRAN ou le Front Noir ?

Enfin, on constate l’irresponsabilité de l’initiative des deux gus. Le CRAN tente, depuis sa création, de nous imposer sa vision communautariste de la société. Il ethnicise tous les sujets, même Miss France… Il est peu dire que Messieurs Tin et Royer tombent dans le piège antiraciste de base. Au lieu de lutter pour que tous les français soient acceptés comme égaux, sans distinction d’origine ou de religion, ils segmentent le peuple en « races » et réclament que celles-ci soient traitées de manière égale. Ils divisent au lieu de rassembler. Le CRAN n’a pas encore le poids du CRIF et c’est tant mieux, sinon notre République indivisible aurait encore plus de soucis à se faire.

En réalité, les identitaires de droite et de gauche sont les deux faces d’une seule et même pièce. De là à penser que le CRAN nourrit le FN et que le FN se nourrit de lui… Une chose est sûre : Tin joue le jeu de Marine Le Pen, mais aussi celui du système, en évitant de parler des sujets qui fâchent, comme l’accès à l’emploi ou au logement – pour les minorités notamment. Tout le monde se fout de la couleur de peau de « Miss France 2012 ». En juin dernier, Patrick Lozès, ex-président de l’association, nous disait : « Il n’y a pas besoin de créer le CRAB (Conseil Représentatif des Associations Blanches), il existe déjà et c’est le FN. » Ce dernier estimait que Marine Le Pen était la première communautaire de France. Moi, je déclare publiquement que Louis-George Tin n’est pas loin de l’être aujourd’hui. Sale époque : la lutte des races a pris le pas sur la lutte des classes.

«  Dans notre perspective il s’agit d’une lutte de classes entre une classe ouvrière prolétarienne massive et la petite classe dominante, minoritaire. Les gens de la classe ouvrière de toutes les couleurs doivent s’unir contre la classe dominante oppressante et exploitante. Alors laissez-moi être à nouveau emphatique – nous croyons que notre lutte est une lutte de classes et non une lutte de races » Bobby Seale (co-fondateur du Black Panther Party)

Boite noire

  • On en parle aussi 
  • Et la polémique se fait jour ici également.

Sëar Lui-Même – Big Punchliner [Chronique]

Texte publié le 20 décembre 2012 sur Sound Cultur’ALL

SearSëar Lui-Même fait partie de ces MC’s qu’on attendaient en cette fin d’année. Doté d’une très bonne technique, le rappeur de L’Or Noir a su se faire particulièrement remarqué ces derniers mois. Pourtant, l’artiste n’est pas un nouveau dans le game. Après plusieurs freestyles sur diverses mixtapes, sa première  grande apparition se fait avec son groupe 1 Bario5 S’pry (qu’il formait avec Loréa) sur le morceau Exercice de Style extrait de Détournement de Son de Fabe, en 1998. Rebelote toujours avec Befa sur le ceau-mor C’est pas Parce que(produit par le regretté DJ Mehdi) sur La Rage de Dire. S’en suit un passage en duo avec F-dy Phenomen sur la compilation Première Classe vol.2, en 2001. Puis, vient le premier maxi solo Sëar Lui-Même/Y’a rien sans rien. Mais le succès n’est pas encore au rendez-vous. Cependant à force de freestyles, d’apparitions ou de scènes, Sëar commence à se faire un nom dans le milieu du rap. Voilà pourquoi, on attendait impatiemment cet opus.

Le disque commence avec le premier extrait éponyme, le bien nommé Big Punchliner. La recette est simple et efficace : un égotrip de 2 minutes et 41 secondes, flow rapide et punchines en pagailles. L’album démarre sous les meilleurs augures. On enchaîne avec Pour mes gars d’Paris qui met aussi en avant les talents de punchliner du MC. Puis, on a droit à un titre engagé : Droit d’Asile. Premiers invité de l’album : Neka, Furax (Inglourious Bastardz), Wojtek et Wira (les Zakariens) sur le très sombreEclipse Lunaire. L’artiste s’essaie ensuite au story telling avec Leçon de Piano où il nous narre l’itinéraire d’un virtuose du piano intello et timide… Je vous laisse découvrir. Mention spéciale pour le refrain chantonné par des enfants. On arrive après à deux featurings d’Amnesty. D’abord sur Attentat, un nouveau story telling dont on devine aisément le thème. Puis sur Présidents réquisitoire à l’encontre de notre Sarkonational et Christoph Blocher ex-Président du Conseil Fédéral suisse. Un titre peut-être un peu manichéen sur certains côté, mais pas moins intéressant pour autant montrant clairement les dérives de nos gouvernants. On a encore droit à une prestation d’Amnesty, mais, cette fois avec Koma (Scred Connexion) en bonus sur la Paix. Puis notre grand punchliner nous sort une suite à son titre éponyme :Big Punchliner 2. Le skeud se conclue avec brio par l’intermédiaire du titre Ecoutes (en Bonus Track) avec des couplets tous aussi bons les uns que les autres de Nekfeu, ADS, Gaiden et Kaot’F.

Excellent flow, punchlines de malade, une excellente écriture, une vraie capacité à aborder différents thèmes, de très bons invités, une ambiance boom-bap entrainante (parfaitement orchestrée par Flev),… Bref, Sëar Lui-Même fait plus que le boulot, plus notre plus grand plaisir.

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Tu sais que tu es fan de Booba quand…

Article publié le 29 novembre 2012 sur Sound Cultur’ALL

booba-futur-album-coverBooba est certainement le boss du rap français. Scruté à chaque sortie, l’Ourson défraie les passions que ça soit en positif ou en négatif. Adulé par certains, maudit par les autres, B2O fait partie des artistes qui ne laissent personne indifférent. Capable du meilleur comme du pire (voire d’encore pire), le MC reste un personnage à part. Dans cette guerre entre les groupies et les haters, toi t’as fait ton choix : t’es un adepte de la B2ologie. Le système tu l’enc*** (sans huile), tu veux du biff, de grosses govas, des biatch, du bling-bling et pouvoir un jour te pavaner avec Rick Ross et Diddy à Miami. Le genre de mecs qui ne manquent jamais à l’appel quand c’est le jour de la paye. Alors, depuis que Futur a été annoncé tu ne tiens plus en place, t’enchaînes les abdos (ouais un corps de rêve ça s’entretient), tu te refais toute la disco depuis Cash Flow et tu as déjà pré-commandé le disque. Bref, si pour toi Booba est ce que Johny Halliday est aux beaufs ou ce que la cocaïne est à Maradona, ce qui suit est pour toi. Si ce n’est pas le cas, rien ne t’empêche de lire quand même.

Tu sais que t’es fan de Booba quand….

  1. T’es un de ces gosses à problèmes qui n’attendent rien du système et t’as grandi dans l’une  des villes les plus riches de France.
  2. Tu t’es mangé une caisse au bac de français… Tu ne comprends pas, t’avais pourtant un excellent prof particulier et t’avais lu Louis-Ferdinand Céline, ou c’est tout comme.
  3. Ça fait 8 ans que tu n’as pas gagné un match de foot avec tes potes… Dur de ne jouer qu’avec des numéro 10 dans sa team.
  4. Les mails, tu ne connais pas, t’es un gars à l’ancienne : t’envoies que des lettres à tes potes.
  5. Faut dire ce qui est, tu n’as jamais eu autant de sympathie pour Diam’s que depuis qu’elle porte le voile. D’ailleurs, on devrait autoriser le niqab  juste pour elle.
  6. T’as fait grec ancien au lycée, mais tu n’as retenu que 3 lettres : Bêta, Omega et Alpha.
  7.  Les textos tu ne connais pas, tu n’envoies que des diamants à ta go.
  8. Pour ressembler à ton idole, tu prends des protéines et soulèves v’là les altères… En vain…
  9. Quentin Tarantino c’est qui ? Ah oui, le type qui a fait un film sur une chanson de ton idole.
  10. Il y a 10 ans, tu boycottais Skyrock, puis c’est devenu ta radio préférée et maintenant tu concentres toute ta haine sur Fred… Toi une girouette ? Non, pas possible !
  11. A chaque fois que ta meuf te dit qu’elle galère pour trouver du taf, tu expliques à cette pétasse qu’elle a qu’à être blonde.
  12. Le bahut ? Tu kiffais pas, t’y allais pas et puis c’est tout !
  13. Dragon Ball Z, Saint SeiyaKen le Survivant… C’est pour les bolosses. Le seul manga digne de ce nom a un ourson pour héros et se déroule sur les flancs du Mont Tallac.
  14. Que Dieu bénisse l’autotune, ce logiciel qui te permet de te prendre pour le nouveau R. KellyMême s’il n’y a que toi qui y crois.
  15. Tu sais que tous les mecs qui ont clashé l’ourson ne sont que des groupies refoulées.
  16. T’as une importante collection de teils de Jack chez toi. Faut dire qu’on peut faire tellement de choses avec.
  17. Tu payes par mois l’équivalent de deux SMIC en excès de vitesse.
  18. T’as une dent contre les flics, les procureurs, les juges et… les chauffeurs de taxi.
  19. Faut un minimum de swag pour être ton kho : les aigles ne volent pas avec les pigeons
  20. De toute façon, au lycée t’as foutu la merde et tu t’es barré. En fait, tu t’es fait virer après avoir voulu marquer ton territoire.
  21. A chaque procès, tu big up ton avocatLes vrais savent !
  22. Avant tu kiffais Rohff… Mais, ça c’était avant.
  23. En soirée tu changes 5 fois de sapes et tu finis toujours abdos à l’air.
  24. Pour toi Médine n’est qu’une pâle copie d’Ali.
  25. Tu considères Nessbeal comme ancien grand espoir du rap français… Hein ? Il a sorti 4 albums solos ?
  26. T’es le seul de ta bande de potes à avoir la chance d’entendre des sons ton rappeur préféré quand tu vas en boite… Alors, ils en disent quoi les fans de Rohff, Sinik, Kery James ou Soprano ?
  27. La chanson la plus vieille que t’écoutes c’est Le Crime Paie : NTM, IAM, Solaar tout ça c’est de l’antiquité !
  28. A t’écouter, ton quartier est plus dangereux que Bagdad et t’as vécu l’apartheid… T’as grandi où ? Ben à Meudon, pourquoi ?
  29. Tu ne calcules pas les autres rappeurs français… Cependant, t’es le seul à savoir qui sont KyzerF.E. et tous les autres wacks qui ont osé test le Météore, sans même qu’il ne les calcule.
  30. T’arrives jamais à pécho. Bizarre, pourtant, t’utilises les mêmes techniques de drague que B2O.
  31. A chaque rumeur annonçant la mort de Booba, t’as d’abord un pincement au cœur… Puis, tu te réjouis en te disant que B2O deviendrait le 2Pac ou le Biggie français… En vain.
  32. T’as jamais trop su qui étaient Willy Denzey ou Sully Sefil.
  33. Pour éviter les bastons, tu feintes à chaque fois d’avoir de nouveaux habits.
  34. T’as jamais pu blairer Mala, mais t’es obligé de t’infliger un de ses couplets à chaque album.
  35. T’utilises le mot « négro » à toutes les sauces et n’importe comment… Pour toi, c’est comme un synonyme du verbe « zlataner ».
  36. Ton film préféré Star Wars est.
  37. En classe, tu ne copiais jamais… Pourtant, t’étais loin d’être le premier de ta classe.
  38. Tu penses que Booba a créé le « French Dirty South »… Hein ? SoFresh Squad ? Rma2n et Diomay ? Jamais entendu parler…
  39. Pour toi Rocé n’est qu’une pâle copie d’Oxmo.
  40. A une époque t’écoutais Sinik, mais tu ne l’avoueras jamais.
  41. Entre les albums, les mixtapes, Bercy, Ünkut,… être fan de Booba a un prix, des fois tu te dis que t’aurais mieux fait d’être fan de Nessbeal, c’est mieux pour le compte en banque.
  42. C’est dommage qu’Ali ait lâché le rap, il faisait un bon faire-valoir à Booba… Hein ? Il a sorti 2 albums solos ?
  43. Tes potes n’ont jamais compris de quelle religion t’étais : juif, musulman, chrétien, athée… On a même avancé bouddhiste. Par contre, on a bien compris que l’argent était ton maitre.
  44. L’amour, le sens de la vie, notre place dans l’Univers… Toutes ces questions métaphysiques n’ont qu’une seule réponse : faut se faire du biff !
  45. Pour toi, dur d’accoster une meuf dans la rue : t’es trop en avance pour lui demander l’heure.

Mai Lan : « Grâce à la musique, j’ai l’impression d’être vraiment comblée aujourd’hui »

Interview publiée le 23 novembre 2012 sur Sound Cultur’ALL

Mai Lan 1Je vous en ai déjà parlé sur Sound Cultur’ALL (notamment lors de la sélection des mois de septembre et octobre), mais Mai Lan est assurément l’une des révélations de la chanson française de cette rentrée. Après un buzz lancé il y a 6 ans sur la B.O. de Sheitan réalisé par son frère Kim Chapiron, la demoiselle a sorti son premier opus le 10 septembre dernier. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le succès, au moins critique, est au rendez-vous. Tous saluent cet « O.V.N.I. musical », pour reprendre les mots de mes confrères (oui, même moi, il m’arrive de suivre la tendance), sachant marier les genres et emprunter à tous les styles. Bref,  Mai Lan, c’est l’éclectisme défendu par Sound Cultur’ALL et c’est pour cela que votre Impertinent préféré a décidé de la rencontrer pour vous. Le rendez-vous est pris avec l’artiste à la Cigale, en coulisse, en marge du festival les Inrocks 2012 pour une entrevue qui sera brève, mais intéressante.

Sound Cultur’ALL : Présente-toi brièvement s’il te plaît :

Mai Lan : Bonjour, je suis Mai Lan, auteur, co-compositrice et interprète.

SC : T’as un style musical très éclectique. Tu peux nous dire quels artistes t’ont inspirée ou t’inspirent encore ?

ML : En fait, la liste est très très longue. Mais, je vais vous en dire quelques-uns que j’ai reconnus. Mais, je pense ne pas les avoir tous reconnus pour le moment. Donc, je dirais Ella Fitzgerald, Shadé, Lauryn Hill, Steven Vega, Kate Bush… Et pleins d’autres, vraiment pleins d’autres choses.

Mai Lan2

SC : On t’a découvert au départ avec Gentiment, Je T’immole. A l’époque, on pensait que c’était simplement un délire. Pensais-tu déjà te lancer réellement dans la musique à l’époque ?

ML : Oui et non. J’en avais déjà très envie, mais, je ne me dirigeais pas vers cette voie. J’étais occupée avec la mode, mais, j’en avais très envie. J’étais déjà intéressée par ça, donc dès que l’opportunité s’est présentée, je me suis lancée dedans.

SC : Et pourquoi avoir mis autant de temps pour revenir après ce morceau ?

ML : Depuis ce morceau-là, j’ai commencé à réfléchir à faire un vrai projet musical, vu que je commençais à avoir un vrai public. Pas mal de gens m’attendaient, je recevais même des mails de personnes qui me demandaient quand je sortirais mon premier projet. Donc, j’ai commencé à chercher à droite à gauche comment j’allais m’exprimer. J’ai pris mon temps, car, je ne voulais pas me planter, ni présenter un projet qui ne me représentait pas et je ne voulais pas m’enfermer dans un style. Ca a mis du temps, mais, j’ai compris que je pouvais faire tous les styles que je voulais du moment que j’étais vraie et que j’étais moi-même.

SC : Depuis la rentrée, t’es la révélation médiatique du moment : on parle pas mal de toi, on t’a entendu avec Oxmo Puccino et t’as même fait une pub SFR. Comment tu gères tout ça ?

ML : Je suis très heureuse de tout ce qui se passe. C’est vrai qu’il y a beaucoup de retours positifs au niveau des médias et pour moi, c’est un honneur pour de lire tout ça. Pour ce qui est d’Oxmo c’est un triple honneur, parce que c’est le roi et c’est assez dingue d’être sur son album en invitée. C’est quelque chose qui m’a beaucoup touché et qui me comble d’honneur et de bonheur.

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Hugo (TSR Crew) – Fenêtre sur Rue [Chronique]

Texte publié le 14 novembre 2012 sur Sound Cultur’ALL

« Mon rap c’est comme le Sprite, ça rafraîchit et c’est déjà pas mal. »

HugoCette phrase issue du premier album d’Hugo (ou Hugo Boss) du TSR Crew résume parfaitement le personnage. Arrivé dans le rap game en 2007, avec son groupe, le TSR Crew avec un premier album (intitulé A quoi ça rime) plutôt réussi, le jeune artiste se détache déjà du lot. En 2008, c’est en solo qu’il débarque avec  Flaque de Sample, qui confirme son talent. Depuis, le rappeur s’est fait un nom dans l’underground à défaut de s’en être fait un du grand public. La formule est simple : des instrus samplées et une avalanche de punchlines. Peu de thèmes, pourtant la jeunesse semble se retrouver dans ses textes. Cependant, le MC s’est fait plutôt rare ces dernières années et semble tourner en rond. Mais, après des années calmes, le jeune du 18ème arrondissement de Paris nous revient avec un second album. Il est temps donc temps de poser une oreille attentive sur ce projet.

Point de départ annonce déjà magistralement la couleur : on semble retrouver Hugo là où on l’avait quitté,  entre samples et punchlines marquantes. Ugotrip semble nous confirmer cette impression, même si on peut déjà remarquer une amélioration dans la plume. On enchaîne avec Alors Dites Pas, un hymne pour notre jeunesse de cités qui galère entre précarité et injustices (notamment sociales, mais pas que), avec un refrain qu’on ne peut que difficilement contester : « Alors dites pas que les gens sont les mêmes c’est pas vrais. Tous égaux à la naissance, c’est bien joli, mais après ». Les trois morceaux suivants : Coma Artificiel, Fenêtre Sur Rue et La Ligne Verte décrivent tous les trois de manières différentes et similaires la réalité des quartiers populaires parisiens.  Eldorado nous décrit la froide désillusion subie par les immigrés et leurs fils en France, ainsi que la décadence du pays. On a ensuite droit à un petit interlude, puis, on passe à Dojo qui nous rappelle les origines asiatiques du jeune homme. Le 18, n’est qu’un Piège à Loup, comme l’indique le morceau suivant : un son patate que ça soit au niveau du texte, de la prod ou encore du flow. On arrive aux seuls featuring du projet : Vin7 (du TSR Crew), Anraye et Rager sur Intact. Un ceau-mor en famille tant au niveau des artistes que des textes. Puis, on change de thème et Hugo nous fait l’apologie du vandalisme artistique a.k.a. le tag avecDégradation. Une piste qui nous ramène aux belles heures du hip hop, en tant que mouvement contre-culturel et non simplement musical. Old Boy paraît être le titre de la maturité ou du désenchantement  vis-à-vis de la société. Le disque se conclue parfaitement comme il a commencé, avec Point Final… Ou pas totalement, vu qu’on a droit à un morceau caché avec Vin7, que je vous laisse découvrir.

Un album sombre narrant avec un réalisme effrayant la réalité des ghettos français. Une pluie de punchlines toutes aussi surprenantes les unes des autres s’abat sur nous du début à la fin. Hugo n’est plus seul à la prod sur ce skeud vu qu’il est magnifiquement accompagné par Char (Le Gouffre), Al Tarbaet I.N.C.H.. Pour moi, cette chronique relève d’un intérêt particulier. En effet, Flaque de Sample est le premier album de rap que j’ai chroniqué dans ma vie, il y a 4 ans de cela. A l’époque, j’avais conclu en disant qu’Hugo était un talent brut, qui devait être peaufiné pour entrer dans la cours des grands. Le MC devait selon moi tourner moins en rond niveau thème, changer ses schémas de punchlines (trop répétitifs) et varier plus de flows. Ces trois points ont été grandement améliorés (même si le flow reste très linéaire), je peux donc le dire : Hugo est entré dans la cours des grands MC’s. Espérons qu’il aura un jour la reconnaissance qu’il mérite.

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