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Les libéraux et l’épouvantail rouge-brun

Article publié initialement le 2 octobre 2018

Le rouge-brun est devenu l’épouvantail confortable des libéraux pour défendre leur projet économique et politique. Pourtant, il relève largement du fantasme.

La « véritable frontière qui traverse l’Europe est celle qui sépare les progressistes des nationalistes » explique depuis cet été Macron, qui veut se poser en rempart contre la montée de l’illibéralisme (régimes autoritaires qui reprennent des éléments de la démocratie représentative) aujourd’hui symbolisées sur le Vieux Continent par Viktor Orban (Hongrie), Mateusz Morawiecki (Pologne), voire Mattéo Salvini (Italie). Mais dans la tête du président français, il s’agit aussi de désigner comme dangereuse toute critique de gauche ou de droite contre le système libéral actuel.

Le « nouveau clivage » ?

Dans son livre de campagne, Révolution, Macron avait déjà évoqué un clivage essentiel qui séparerait les progressistes des conservateurs. Les premiers, auxquels il appartient, iraient dans le sens de l’Histoire, c’est-à-dire de l’extension de la marchandisation, quand les seconds s’y opposeraient. Une dichotomie qui permet de rejeter du côté des obscurantistes ou pire du camp du mal tous ses adversaires de droite comme de gauche. En évoquant cette fois un curieux affrontement entre « progressistes » et « nationalistes », le chef d’État va plus loin, puisqu’il assimile la critique des institutions européennes à un projet potentiellement fasciste. D’ailleurs, quelques jours après, les libéraux du Point s’engouffrent dans la brèche avec un article intitulé « Nationalistes et socialistes ». « En Europe, une convergence politique unit de plus en plus les populistes de gauche et de droite », s’inquiète l’hebdomadaire dans son article illustré par une photo de Mélenchon. Le chiffon de la dangereuse alliance des extrêmes, du rouge et du brun, est agité. Évidemment l’actuel président n’a rien inventé. Ces analogies se multiplient depuis quelques années.

Dès le 19 janvier 2011, Plantu ouvrait les hostilités dans L’Express. Dans une caricature intitulée « L’ascension des néopopulismes », le dessinateur vedette du Monde assimilait Le Pen et Mélenchon. Les deux leaders politiques étaient représentés en train de tenir le même discours, à base de « Tous pourris ». En 2016, après le lancement de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon est régulièrement accusé de « nouveau national-populisme » – terme popularisé par le politologue Pierre-André Taguieff pour qualifier le FN. Le Point, qualifie alors le tribun de « social chauvin ». Enfin, Atlantico joue au « jeu des 7 différences », mais « surtout celui des 99 ressemblances » entre le FN et Mélenchon. La récente diabolisation dans les médias mainstream d’Aufstehen, mouvement de gauche radiale allemand, amalgamé à l’AfD, parti d’extrême droite anti-migrant, en est une nouvelle facette.

Ce dernier n’est pas la seule figure du « péril rouge-brun ». Le 27 novembre 2013, Le Point, encore lui, publie un dossier sur « La revanche des “néo-cons” ». Y étaient attaqués les avocats « du repli national, à la fois hostile à l’Europe, à l’Euro, à la mondialisation et au libéralisme. » Le magazine de Frantz-Olivier Giesbert met dans le même sac Patrick Buisson, Jean-Pierre Chevènement, Henri Guaino, Marine Le Pen, Arnaud Montebourg, Natacha Polony, Eric Zemmour, Yves Cochet, Jean-Claude Michéa, Nicolas Dupont-Aignan, Régis Debray et même Benoît Hamon ! Une liste si absurde qu’elle rappelle lorsque Clemenceau fustigeait en 1906 le « complot anarcho-monarchiste » contre la République ou quand Staline dénonçait l’ « hitléro-trotskisme » dans les années 1930. Pourtant, historiquement cette alliance des deux extrêmes est presque inexistante. Certes, il y a eu le Cercle Proudhon(1), certains articles ambigus de L’Idiot international(2) et aujourd’hui le sinistre Alain Soral(3). Mais c’est à peu près tout. Le fantasme de rouge-brunisme met en évidence le caractère d’un système qui refuse toute critique, au nom de ce qu’elle perçoit comme étant le sacro-saint progrès.

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Le progrès, mais de quoi ?

Philosophiquement, le progrès consacre la croyance dans le perfectionnement global et linéaire de l’humanité. L’augmentation du savoir, notamment scientifique, doit entraîner avec elle le progrès technique. L’homme n’aura donc plus à accomplir les tâches les plus fatigantes grâce aux machines. Elle doit alors permettre un accroissement des richesses –rebaptisé « croissance économique » – ainsi qu’une amélioration morale et sociale. De fil en aiguille, les sociétés s’approchent du meilleur des mondes possibles, à la fois prospère et composé d’individus moralement supérieurs.

Né au XVIe siècle, le concept de « progrès » devient central dans la pensée des Lumières au XVIIIe siècle. En France, il ne connaît sa meilleure théorisation que durant la Révolution française, grâce à Nicolas de Condorcet. Le philosophe rédige Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain entre 1793 et 1794. Il y constate que « la nature n’a marqué aucun terme au perfectionnement des facultés humaines ». Alors qu’il tente de consigner tout le savoir de son époque, il décrit un avenir où la raison, les connaissances, les découvertes scientifiques et techniques et l’éducation sont prépondérantes. S’il estime qu’ « il n’y a pas de liberté pour l’ignorant », il prédit qu’ « il arrivera […] ce moment où le soleil n’éclairera plus, sur la Terre, que des hommes libres, et ne reconnaissant d’autre maître que leur raison ».

Mais pour comprendre son lien intrinsèque avec le libéralisme, il faut traverser la Manche et aller du côté des Lumières écossaises. C’est là-bas que le père du libéralisme économique, Adam Smith, élabore sa propre version du Progrès, complément parfait de la vision française. Inspiré par son compatriote David Hume, il voit dans le caractère potentiellement illimité du désir le moteur du progrès technique, mais aussi de l’enrichissement des nations. L’apparition de nouveaux désirs doivent en effet favoriser l’émergence de nouveaux marchés.

À partir des années 1980, l’expansion du capitalisme aux quatre coins du globe et le déclin du modèle soviétique, permet d’imposer cette vision du progrès qui se réduirait au libéralisme. Au début des années 1990, le philosophe Francis Fukuyama théorisait « la fin de l’histoire ». Empruntant le concept à Hegel, l’intellectuel croyait voir poindre un monde pacifié par la démocratie libérale, celle-ci ayant pour vocation de s’imposer aux quatre coins du globe. Le sens de l’Histoire ne doit plus être remis en question et chaque nouveauté s’apparente à un progrès(4). Finalement derrière l’adage populaire selon lequel « on n’arrête pas le progrès » se cache l’idée plus perverse selon laquelle on n’arrête pas le capitalisme. Guy Debord souligne avec beaucoup de justesse dans Panégyrique (1989) : « Quand être “absolument moderne” est devenu une loi spéciale proclamée par le tyran, ce que l’honnête esclave craint plus que tout, c’est que l’on puisse le soupçonner d’être passéiste. »

Lire aussi : Appel à fondation, le manifeste du mouvement « Aufstehen »

La fabrique du rouge-brun

Malheureusement pour les libéraux, des voix à sa droite(5), mais surtout à sa gauche continuent de contester son « meilleur des mondes », dont ils occultent volontairement ses conséquences réelles. Comme le remarquait Guy Debord dans ses Commentaires sur la société du spectacle (1988), la démocratie libérale préfère « être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats ». Sa rhétorique est simple : le mal absolu sera toujours un autre – le situationniste évoquait le terrorisme, mais ce constat peut parfaitement s’appliquer au « totalitarisme » rouge ou brun. Jamais cette même démocratie libérale n’acceptera une quelconque remise en question du projet économique et politique qu’elle défend, malgré ses multiples effets dévastateurs. Elle organise alors la diabolisation de ses adversaires.

Les révélations des crimes commis par le pouvoir soviétique permirent aux « nouveaux philosophes », dominés par Bernard-Henri Lévy et André Glucksmann, d’imposer l’idée que toute remise en question radicale du capitalisme mènerait aux goulags. Le communisme s’effondrant, c’est vers l’extrême droite en plein essor que se concentrèrent par la suite les attaques. Dès 1984, Bernard-Henri Lévy estimait que « le seul débat de notre temps doit être celui du fascisme et de l’antifascisme » – ce dernier ne se concevant dès lors plus qu’à l’intérieur d’une démocratie libérale entièrement éprise de capitalisme. Dans les années 1980, les travaux de l’historien François Furet sur la Révolution française diffusent l’idée que la « passion pour l’égalité » est la cause de la violence politique. Le disciple de ce dernier, Pierre Rosanvallon met en place dans les années 1980, la fondation Saint-Simon. Regroupant des libéraux de tous bords, elle tente de former ce que l’essayiste Alain Minc nomma le « Cercle de la raison », soit une union de toutes les forces du centre – de gauche comme de droite – contre tous les partis « totalitaires ». C’est à ce moment qu’entre en jeu ce concept de rouge-brun, dans les années 1990. Cette alliance fantasmée entre l’extrême droite nationaliste et l’extrême gauche communiste, permet d’associer facilement les deux camps dans une critique unilatérale.

Évidemment, les libéraux sont aidés dans cette tâche par la reprise par l’extrême droite d’un certain langage anticapitaliste, laissant croire à une parenté avec la gauche radicale(6). Mais, il est toujours utile de rappeler, comme le fait Dany-Robert Dufour (L’individu qui vient… après le libéralisme, 2011) que l’espace politique ne se divise pas entre néolibéraux et néoréactionnaires, mais entre néolibéraux, néoréactionnaires et néorésistants, refusant le progrès des premiers, mais ne nourrissant aucune nostalgie du passé comme les deuxièmes.

Notes :

(1) Le Cercle Proudhon a réuni de manière éphémère une poignée de militants anarcho-syndicaliste, dont Édouard Berth, et de Camelots du roi, dont Henri Lagrange et Georges Valois, en marge de l’Action française. Certains, comme l’historien Zeev Sternhemm, voient dans cette alliance nationaliste révolutionnaire les prémices du fascisme.
(2) Le plus célèbre est celui de Jean-Paul Cruse, ancien membre de la Gauche prolétarienne et délégué du SNJ-CGT, intitulé « Vers un front national » (mai 1993). Il propose une union entre « Pasqua, Chevènement, les communistes et les ultra-nationalistes », un nouveau front pour « un violent sursaut de nationalisme, industriel et culturel ».
(3) Si Égalité et Réconciliation a pour slogan « gauche du travail et droite des valeurs », il faut souligner qu’à l’instar de Jacques Doriot avant lui, Alain Soral est en réalité passé du rouge au brun.
(4) Une absurdité que dénonçait George Orwell dans les années 1940 lorsqu’il écrivait : « Quand on me présente quelque chose comme un progrès, je me demande avant tout s’il nous rend plus humains ou moins humains. »
(5) Dans « Libéraux contre populistes, un clivage trompeur », Serge Halimi et Pierre Rimbert montrent qu’en réalité les droites nationalistes poursuivent le même projet économique que les libéraux.
(6) Chose qui n’est au fond pas si nouvelle. Jean Jaurès disait par exemple du boulangisme, qui rappelle sur de multiples points le FN de Marine Le Pen qu’il était un « grand mouvement de socialisme dévoyé ».

Légende : Clash entre Mélenchon et Le Pen lors du grand débat du 4 avril 2017

Crédits : Capture d’écran / YouTube / CNews

Bruno Amable : « Aufstehen défend l’accueil des migrants dans les meilleures conditions possibles »

Entretien initialement publié sur Le Média presse le 6 septembre 2018

Économiste reconnu pour ses travaux critiques sur le libéralisme, Bruno Amable a publié en 2017 « L’illusion du bloc bourgeois », avec Stefano Palombarini (Raisons d’agir), qui revient sur les recompositions politiques en Europe. Installé en Allemagne, il revient avec nous sur les polémiques autour de Sahra Wagenknecht et son mouvement, Aufstehen.

La polémique enfle depuis quelques jours des deux côtés du Rhin. Le 4 septembre dernier, Sahra Wagenknecht, membre importante de Die Linke, lance son mouvement, Aufstehen. Dans l’Hexagone beaucoup dénoncent ou saluent une gauche anti-migrants. Pour nombre d’observateurs, son but est de concurrencer l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti d’extrême droite en pleine ascension outre-Rhin. Pourtant, à bien y regarder, la réalité pourrait être toute autre. Bruno Amable décrypte pour nous tout cela.

Le Média : Ce mardi 4 septembre, Sahra Wagenknecht a lancé son mouvement, Aufstehen. Beaucoup ont parlé d’un mouvement « anti-immigration ». Qu’en est-il réellement ?

Bruno Amable : C’est au choix une incompréhension ou une intoxication. Le mouvement a été très clair sur sa position vis-à-vis de l’immigration. Il défend l’accueil dans les meilleures conditions possibles. En revanche, et c’est très lié au contexte allemand, Aufstehen refuse l’ouverture inconditionnelle des frontières, le « No Border ». Il s’agit d’une position qui est portée par une partie de la gauche et des Verts en Allemagne. Derrière, il peut y avoir des raisons idéologiques strictes. Pour eux, personne ne doit être illégal, les individus peuvent s’installer où ils veulent. Il y a souvent de l’anti-étatisme chez eux. Sinon, les raisons sont tactiques. Cette position est défendue par des gens qui savent que c’est inapplicable, dans cette situation concrète de gouvernement. Cela leur permet de s’afficher comme plus à gauche que les autres, sans que cela leur coûte quoi que ce soit. En revanche, cela a une influence sur une partie de l’électorat effrayée par ce type de position, dans un contexte où, en 2015-2016, donc en relativement peu de temps, l’Allemagne a accueilli plus d’un million de migrants, suite aux événements internationaux. Cela a évidemment posé des problèmes d’accueil. Il faut noter que l’accueil des migrants en Allemagne se déroule dans des conditions nettement meilleures qu’en France, où seuls quelques dizaines de milliers de migrants sont arrivés. Il faut remettre les choses en contexte. Ce n’est pas une position anti-migrants, c’est juste contre le « No Border » d’une partie de la gauche et contre la politique de Merkel.

Celle-ci s’est déroulée en trois temps. La chancelière a d’abord appliquée une politique de fermeture. Peu de temps avant d’ouvrir ses frontières dans les conditions que j’ai évoquées, elle était pour expulser les migrants, même présents depuis longtemps en Allemagne. Il y a eu un épisode très célèbre à la télévision allemande, où elle a dit à une jeune fille présente depuis des années, mais qui avait un mandat d’expulsion, qu’elle ne pouvait rien faire pour elle. Deux raisons l’ont poussé à changer de politique. Une partie du patronat allemand avait besoin de main d’œuvre et a poussé dans ce sens. Ensuite, la question migratoire créait des tensions en Europe, qui risquaient de gêner l’Allemagne. Peu de temps après l’ouverture des frontières, et des problèmes que cela a posé, elle s’est à nouveau montrée ferme. Elle a poussé à un accord entre Erdogan et l’UE, pour garder les migrants hors des frontières européennes.

Lire aussi : « Migrants : La gauche ne peut pas se contenter d’un discours humanitaire ! »

Les médias expliquent que l’ambition de Sahra Wagenknecht est de concurrencer l’AfD. Le spectre de la coalition M5S-Ligue du Nord, ou encore d’une réunion des populismes de gauche et de droite, agitent de nombreux esprits. Aufstehen pourrait-il finir allié avec l’AfD ?

Non pas du tout ! Mais il constate que l’AfD a gagné énormément de voix en peu de temps, au point que selon les derniers sondages, il pourrait être le deuxième parti, après la CDU et devant le SPD. Selon eux, il existe des gens qui votent pour l’AfD et ne devraient pas, parce que c’est un parti d’extrême droite traditionnel. La politique sociale affichée, c’est de la poudre aux yeux. En réalité, ils sont très libéraux sur le plan économique. Le cœur de l’AfD est le même que celui de n’importe quel parti d’extrême droite : il s’agit plutôt de gens relativement aisés et ultra-conservateurs. En revanche, elle prospère chez les populations délaissées, qui se sentent abandonnés par la gauche, comme le FN en France. Le SPD a quand même été le parti qui a lancé les grandes réformes néolibérales en Allemagne. L’idée est d’essayer de retirer des griffes de l’AfD des gens désemparés, qui, au lieu de se soucier des migrants en premier lieu, devraient se préoccuper des questions sociales, de l’investissement public ou de la faiblesse des salaires, etc. Ils veulent s’adresser à des électeurs perdus, mais ne désirent pas concurrencer l’AfD.

L’immigration économique est de plus en plus critiquée à gauche, pas seulement en Allemagne. Le concept marxiste d' »armée de réserve des travailleurs » ressurgit. Qu’en pensez-vous ?

Il faut contextualiser tout cela. L’impact des migrants sur la situation des salariés autochtones dépend de beaucoup de choses. Cela dépend des institutions du marché du travail. Est-ce qu’il y a des salaires minimums ? Est-ce qu’il y a des conventions collectives protectrices ? Il y a aussi la question de l’accès aux services publics, aux écoles, aux garderies, etc. Cela dépend beaucoup des investissements publics. Or, en Allemagne, ces dernières décennies, celui-ci a été faible. Dans le même temps, il y a eu une pression à la baisse sur les salaires. Évidemment, l’arrivée des migrants ne devrait, a priori, pas avoir un impact positif. Quand l’investissement public est insuffisant, il est clair qu’une population supplémentaire ne va pas améliorer la situation pour ceux qui ont déjà du mal à trouver une place dans les structures d’accueil normales. C’est la même chose pour les salaires, et c’est le calcul d’une partie du patronat et des conservateurs. Ils utilisent le prétexte de l’insertion professionnelle des migrants pour dire que le salaire minimum doit être levé. Ce n’a pas marché, mais ils ont tenté à la faveur de l’arrivée massive des migrants de faire sauter des protections sur le marché du travail.

Justement, comme vous l’avez souligné, en 2015, l’Allemagne accueillait 1,1 million de migrants. Quelles ont été les conséquences sur l’opinion publique ?

Elles ont été très diverses. La première réaction n’a pas été une réaction de rejet. Il y a certes eu un peu d’inquiétude, notamment sur les structures d’accueil. Merkel a surtout laissé les administrations locales se débrouiller. Du coup, les Landers et les communes où sont arrivés les premiers migrants ont été mises en grandes difficultés. Pour le reste de la population, nous avons aussi eu des démonstrations de solidarité, d’associations, églises, etc. Il n’y a pas eu, au départ, des pogroms d’extrême droite. En revanche, ce qui a beaucoup joué dans l’opinion, c’est Cologne et les incidents du 1er janvier 2016. Ils ont lentement, mais sûrement, instillé l’idée que les migrants ne sont pas forcément les bienvenus. Ajoutons une campagne active de l’AfD, classique de l’extrême droite. Nous en avons eu une triste illustration lors des violences à Chemnitz ces derniers jours.

Légendes : Sahra Wagenknecht, 10 mai 2017

Crédits : Flickr