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ATK : « Pour nous, rapper c’était comme jouer au basket »

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Axis et Cyanure par Jeanne Frank

Le milieu des années 90 a été une période féconde pour le rap français. C’est en effet durant cette époque qu’il a acquis ses lettres de noblesse. Durant ces années un peu folles, se forme un groupe très atypique : ATK. Acronyme de « Avoue que Tu Kiffes », ce collectif est au départ une bande de potes traînant dans l’est parisien (12ème, 18ème et 19ème arrondissements) qui se forme à l’occasion d’un concert en 1995. Quelques années après, en 1998, le groupe restructuré (« de 21 on passe à 7 », même s’il semblerait que le collectif ait compté plus de membres que cela) sort l’un des plus grands classiques du rap français : Heptagone. 16 ans et plusieurs albums après (ensemble ou dans leurs coins), ATK reste un groupe légendaire dans le cœur de beaucoup de fans de hip hop français. Alors que le collectif se reforme le temps d’un festival,  Axis et Cyanure, deux membres emblématiques nous accordent une interview.

Sound Cultur’ALL : Présentez-vous pour ceux qui ne vous connaissent pas !

Cyanure
Cyanure par Jeanne Frank

Cyanure : Moi, c’est Cyanure. Je vais ressortir ma bio twitter : dans le hip hop depuis 1989, Section Lyricale depuis 1992, Klub des 7 depuis les années 2000, ATK depuis 1995 et forever.

Axis : Moi, c’est Axis d’ATK, c’est beaucoup plus simple (rires).

Cyanure : T’as aussi travaillé avec beaucoup de rappeurs en tant que producteur.
Axis : Oui, c’est vrai.

SC : Vous êtes très bientôt sur scène au Festival Terre hip hop à Bobigny [ndlr : l’entretien a été réalisé le jeudi 6 mars 2014]. Est-ce que ce retour sur scène pourrait annoncer une prochaine sortie du groupe ?

C : On est dans une période où on a tous plus de temps pour nous, donc on occupe notre temps comme on l’a toujours fait.

A : Mais il n’y aura plus jamais retour d’ATK. La première raison est l’absence de Fredy [ndrl : Fredy K, décédé le 6 novembre 2007 suite à un accident de moto]. Ensuite, plusieurs membres du groupe habitent relativement loin maintenant, ça devient vraiment compliqué. Cependant, il y aura toujours des connections entre nous. Après, là, il y a DJ Chrone qui sort un projet où on peut retrouver tous les membres d’ATK avec Futur Proche et Tupan … Et on se retrouve sur des projets ponctuels

C : Il y aura des morceaux à droite à gauche qui sortiront quand on arrivera à se coordonner. Maintenant, un albumATK ça me paraît aujourd’hui impossible.

A : On a aussi tous avancés chacun de notre côté, même si on prend toujours du plaisir à se rencontrer et à confronter nos univers différents.

SC : Les trois Oxygènes et Silence radio étaient à l’initiative de Fredy. Est-ce que  son décès a annoncé la mort d’ATK ?

A : Je pense que Fredy a pu faire vivre ATK à sa manière. Maintenant, nous faisons tous vivre aussi ATK à notre manière. Mais c’était le membre le plus actif et celui qui concrétisait les projets. On a tout fait plein d’albums mais on n’a pas forcément su les sortir. Fredy savait le faire, il allait au bout des choses. On est triste que tout ça soit fini, car on aimait voir vivre ATK. Mais ce n’était pas la seule manière dont le groupe vivait. Par exemple, quand je voyais Cyan’ monter sur scène avec le Klub des 7, je le voyais à la fois comme un membre du Klub des 7 mais aussi comme quelqu’un d’ATK.

C : C’est aussi lui qui réservait les studios. C’était réellement le ciment du groupe. Il nous tirait aussi, car ce n’était pas toujours évident de donner rendez-vous à 4-5 personnes : il en a sué. Personne n’aurait eu ce courage de nous motiver comme il l’a fait. ATK, c’est toujours resté, sans être péjoratif, un groupe amateur. On était là pour le divertissement. Nous réunir en répétition était compliqué.

A : Pour nous, rapper c’était comme jouer au basket : le jour où tu n’as pas envie d’y aller parce que t’as mal au pied où la flemme, tu n’y vas pas. Fredy avait tout le temps affaire à ça. En plus c’était à une époque où on commençait à bosser, donc où on était moins disponibles. Mais est-ce que ATK ce n’est pas ça aussi ?

C : Certains nous disent : « Ouais mais ATK vous avez raté votre carrière ». On a fait comme on avait envie de le faire à l’époque. Je n’ai pas forcément envie de me retrouver à la place d’autres gens qui ont fait trop de concessions pour réussir. On n’a jamais abordé ça comme un truc commercial. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes artistes démarrent en pensant commercial.

Axis
Axis par Jeanne Frank

SC : Justement, quel regard portez-vous sur le rap actuel ? On assiste à l’émergence de groupes qui n’ont rien de « street » mais qui kiffent kicker comme vous à l’époque. Et puis, il y a une scène alternative – dont vous avez fait partie des pionniers – qui se porte bien.

C : Ça fait un peu vieux con mais il faut passer des classes. Nous, avant d’avoir pu aller en studio et sortir un album, on a passé des classes. On répétait dans la rue, on faisait nos flyers nous-même, on a fait un concert, on a sorti des mixtapes. On a eu une petite évolution avant de sortir un premier album. Aujourd’hui, il y a le net qui pullule d’artistes.  Sur le web, un type que tu ne connais pas va te sortir un premier freestyle, va faire 200 000 vues, ce qui inverse la tendance. Le mec va déjà sortir des morceaux et ensuite faire des concerts, alors que pour nous c’était dans l’autre sens. On a peut-être influencés toute la nouvelle scène alternative mais des mecs comme La Caution ou TTC ont été plus influents. Cependant, ça fait plaisir, ça a démocratisé le rap. Quand on voit des mecs comme 1995 qui sont des blancs avec des coupes de cheveux aléatoires, moi je trouve ça cool. Quelques part, la barrière vestimentaire du rap et ses codes ont pu tomber et tout le monde peut rapper. Moi, je suis plus de ceux qui prône que tout le monde peut rapper, plutôt que de ceux qui disent que le rap n’est que social. C’est faux, le rap qu’on écoutait en 1989, c’était aussi un rap festif et ce n’était pas qu’un rap que social.

A : Moi ce que je remarque c’est que c’est beaucoup plus diversifié qu’avant. Avant tous les rappeurs suivaient la tendance. Aujourd’hui, toutes les tendances s’expriment. Après, il y a la dimension commerciale qui est arrivée, alors que c’était moins présent avant. Mais c’est normal : dès qu’un milieu se démocratise, les gens cherchent à faire du profit avec.  C’était logique et couru d’avance mais c’est ce que j’aime moins. Après, pour revenir aux propos de Cyanure sur les MC’s qui émergent très vite, c’est plus lié à la société qu’au rap en particulier. La télévision c’est pareil : les gens émergent et disparaissent le lendemain. Ce qui est intéressant de voir c’est que seuls les gens doués restent. C’est un autre moyen de sélection. Avant seuls les bons émergeaient. Maintenant, tout le monde émerge et les gens doués restent. Il faut juste attendre que ça se nettoie et ne pas se jeter sur les artistes parce qu’ils font beaucoup de buzz. Il faut prendre le temps d’écouter. Le public doit effectuer un plus grand travail de sélection qu’avant, parce que le rap est devenu de la variété actuellement. Il faut le traiter comme tel : tu vas trouver de tout.

SC : Vous ne pensez pas avoir été trop en avance sur votre temps justement ?

C : Un mec me faisait remarquer en écoutant Nos rêvent partent en fumée ou 20 ans qu’on était très matures dans l’écriture par rapport à notre âge. On avait une certaine avance dans ce registre par rapport à d’autres rappeurs. Mais on a souvent entendu des gens nous dire : « Je vais te dire quelque chose mais ne le prends pas mal, j’aime pas le rap mais vous je vous aime bien ! » En fait, on avait le côté rap – car c’est notre culture – tout en étant capable de s’ouvrir aux gens,  grâce aux samples notamment. Il faut savoir qu’Axis a été l’un des premiers à avoir samplé de la musique classique. Il samplait en fait tout et n’importe quoi, alors qu’avant, les mecs se contentaient de sampler des trucs de rap ou du James Brown.

A : En fait, je me suis moins inspiré de sons qui existaient déjà dans le rap. En France, les gens n’aimaient pas les sonorités classiques. Voilà comment ATK est devenu le symbole du piano-violon qui est devenu par la suite tellement courant que ça a saoulé tout le monde. J’achetais constamment des disques et je samplais tout ce qui me plaisait. Les CDs de musique classique n’étaient pas très chers à l’époque dans les stands sur les marchés. J’en prenais plein et je m’écoutais ça. Sur 10 CDs, je trouvais un sample. Je prenais des heures et des heures pour m’écouter tout ça. Le bon côté, c’est qu’aujourd’hui, j’ai une grande culture musicale dans tous les domaines. J’ai même été chercher des trucs dans la polka : tout ce qui était écoutable, je l’écoutais (rires) !

SC : Mais vous êtes aussi arrivés à la bonne époque : à un moment où les  anciens devenaient matures et où une nouvelle génération ne pensait qu’à kicker de manière technique…

A : On est tombés au moment où il avait de très bons rappeurs et où le public en redemandait. C’est le propre de beaucoup de gens qui émergent. 1995 arrive au moment où les gens ont à nouveau envie de réécouter du rap technique et de retrouver les sources. C’est juste une question de timing.

SC : A l’époque où l’aventure a commencé et que vous étiez une vingtaine, vous imaginiez vraiment sortir des albums et avoir du succès ?

A : Pour nous c’était vraiment l’équivalent d’aller jouer au basket. On appréciait le basket mais c’était assez fatiguant. Donc on avait le choix entre jouer au basket et faire du rap. Ça nous permettait aussi de nous occuper autrement. C’était une activité amusante et vu qu’on n’était pas dans une démarche marchande, on s’est dit : « C’est drôle et si on invitait du monde ». On a ainsi récupérer tous les gens qui voulaient rapper dans le quartier et on s’est retrouvé à 21 !

C : Même 25 en fait…

A : Même plus ! Parce qu’on était 25 officiels. Mais il y avait les potes des potes des potes, etc. En concert, on se retrouvait à une trentaine à rapper. On avait vraiment aspiré tout le quartier. Et après, forcément ça ne peut pas marcher parce qu’il y avait trop de démarches différentes à l’intérieur.
C : Et en plus, quand on commence avec ATK en 95, c’est très différent d’aujourd’hui. Actuellement, un jeune qui démarre va commencer par sortir sa mixtape en téléchargement sur Itunes assez facilement. A l’époque, sortir un album c’est une toute autre démarche. Tu te disais qu’il fallait que t’accède à un studio à prix abordable, que tu aies de l’argent pour presser tes disques, etc. On ne s’était jamais dit quand on était une vingtaine – ce qui a duré moins d’un an finalement – qu’on allait sortir tous ensemble un disque. Mais on attirait les gens. Dès qu’on allait en concert, il y avait toujours un mec qui voulait nous produire. Moi, j’étais le plus vieux, j’avais 19 ans. Fredy était le plus jeune, il avait 13 ans. T’imagine 25 mecs entre 13 et 19 ans qui rappent tous pas trop mal, c’est hyper-impressionnant : on attirait les regards.

SC : Justement, est-ce que diviser par 3 le groupe n’a pas été nécessaire pour avancer, quitte à se séparer de bons éléments comme Pit (Baccardi) ?

A : On n’a pas calculé. Rien n’était planifié. On ne peut même pas expliquer comment ça s’est passé. Mais c’est sûr que 21 ans ça devenait compliqué. Donc on se voyait par petits bouts. Un jour on n’a fini par décider de continuer le truc autrement, ce qui a soudé les membres qui restaient. Ça a été nécessaire, comme tu le dis, d’une certaine manière. Il a quand même fallu expliquer aux autres qu’on n’avait pas besoin d’eux, car c’était ça la réalité.

C : Sur les plus de 20 personnes, il n’y avait pas de vrais leaders. Il y avait une vingtaine de membres qui étaient chacun au même niveau et pensaient chacun de leur côté. Axis faisait les instrus donc avait une position stratégique. Il y avait Loko et Matt qui en faisaient également. Mais, c’était principalement Axis qui les faisait, donc il était le seul qui pouvait vraiment sortir du lot. C’était donc très difficile à gérer, d’où l’envie de certains d’aller voir ailleurs. Nous, nous ne nous sommes pas sentis lésés mais peut-être que d’autres oui.

A : Mais c’est une bonne chose que ça se soit fait, sinon ça n’aurait été nulle part. Il fallait surtout lancer la machine. Après ça s’est fait naturellement. Je suis très content de ce qui s’est passé. Je suis encore aujourd’hui en contact avec tous les membres. Donc, je ne peux pas te dire que ça s’est mal passé pour certains. Beaucoup seront présents sur scène à Bobigny.

SC : Je me rappelle d’une interview d’Eva Ries, la responsable marketing du premier album du Wu-Tang Clan, qui déclarait en parlant du crew : « C’est en même temps le plus grand groupe de rap du monde et le plus amateur ». Toutes proportions gardées, on ne pourrait pas dire qu’ATK est au fond un groupe qui a marqué le rap français tout en restant amateur ?

A : C’est un peu ça mais se comparer au Wu-Tang c’est difficile. La comparaison est possible sur un aspect théorique mais je ne pense pas qu’on ait marqué le rap français autant qu’eux ont marqué le rap en général.

C : Même nous ils nous ont marqué.

A : C’est vrai que les gens sont souvent étonnés, ils pensent qu’on roule dans des grosses voitures et qu’on vit bien du rap, alors que pas du tout.

C : Même parmi les proches, ils pensaient qu’on avait de l’argent, alors que non.

« Mon kiff c’est de faire de la musique, la partie commerciale me gonfle royalement. » Axis

SC : Sinon pour en revenir plus à l’actualité : Axis, ton retour en solo était évoqué. Il y a eu notamment un clip intitulé ATK qui était sorti, c’est toujours d’actu ?

A : Les gens me parlent constamment de retour. J’essaie de leur expliquer que c’est juste que j’ai actuellement plus de temps donc que je rappe un peu plus. Donc, je me fais plaisir mais sans objectif particulier. Si demain je n’ai plus le temps, j’arrêterai tout. Pour l’instant, je fais mes sons et je me fais plaisir. Les gens qui nous apprécient nous suivent et moi ça me va : je n’ai pas besoin de plus.

SC : Et aucune envie de sortie précise ?

A : Pas particulièrement. Je me demandais si ça valait le coup de sortir un album. Mais je n’en sais finalement rien. Je me projette très rarement. Pour le moment, j’accumule des morceaux. Si à la fin ils me plaisent, pourquoi pas sortir quelque chose, mais ce n’est pas un objectif. C’est vrai que j’ai quand même envie de faire un truc. Mais je n’ai aucune idée du format : est-ce que ça va être gratuit ou payant, du MP3 ou du physique ? Mon kiff c’est de faire de la musique, la partie commerciale me gonfle royalement. Je n’ai pas pour projet d’être une star ou quoi que ce soit, donc à partir de là, je ne me prends pas la tête.

SC : Et Cyanure, tu nous ponds un jour un solo, histoire d’arrêter d’être un éternel rookie ?

C : Ouais (rires). Mais moi, je m’attache vraiment aux trucs physiques. J’ai vraiment envie d’avoir un jour chez moi le disque de Fredy, celui de Freko, celui d’Axis, etc. Et je veux vraiment mettre mon album parmi tous ceux-là, parce que pour moi c’est avant tout une histoire d’amitié plus que de rap. C’est d’abord personnel. Je n’ai pas forcément envie d’aller au-delà des frontières. Mais comme Axis, c’est aussi une histoire de temps.

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Cyanure et Axis par Jeanne Frank

 

SC : Et peut-on envisager un retour du Klub des 7 un jour ?

C : Jamais ! Tout simplement parce que le Klub des 7 c’était avec Fredy.

SC : Vous avez quand même sorti un album à 6 !

C : Ouais mais on a commencé les enregistrements avec Fredy. On avait déjà 3 morceaux avec Fredy. On a finalement décidé de finir l’album et d’enchaîner avec un tournée qui s’est bien déroulée sur la première partie et un peu moins sur la seconde. Et puis aujourd’hui, personne n’a envie de travailler avec Fuzati. C’est vraiment un projet à 7. On pouvait le commencer à 7 et le terminer à 6 mais on ne pouvait pas commencer à 6. Par contre, on se voit toujours avec James Delleck, Le Jouage et Gerard (Baste). On peut aussi se croiser avec Detect. On s’appelle quand on a des concerts pour monter sur scène.

SC : Un mot pour finir ?

C : L’année prochaine, en 2015, ça sera les 20 ans d’ATK et c’est passé hyper-vite ! On ne se rend pas compte, on a l’impression d’être encore d’être dans le gymnase. Le rap nous a permis de vivre des moments inoubliables et de rencontrer pleins de gens. Qu’est-ce que je pourrais ajouter ? Les gens faites des trucs, ayez des activités et sortez !

A : Rien à ajouter de plus !

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Comment le All-Star game a fait de Michael Jordan une légende ?

Ce week-end, du 14 au 16 février se déroule outre-Atlantique le traditionnel NBA All-Star game. Ce match de gala, qui oppose chaque année les plus grandes stars de la NBA (sous le format Conférence Est contre Conférence Ouest), est l’une des attractions majeures de la saison – au moins pour les fans – depuis une cinquantaine d’années. Véritable vitrine du basket américain, le All-Star game a permis de mettre en évidence de nombreux joueurs de légende. Évidemment, le plus prestigieux d’entre eux ne déroge pas à la règle : nous pouvons même affirmer qu’il a aidé Michael Jordan à entrer par la grande porte au Panthéon des basketteurs.

Le All-Star game avec son concours de dunk, son concours de shoots à 3 points et surtout son match final forme le principal événement de la saison de NBA avant les playoffs. Au milieu d’une saison régulière qui en général n’intéresse que les vrais passionnés, cet événement réunit chaque année des millions de téléspectateurs. Ce week-end, toute l’attention devrait se concentrer sur le duel au sommet auquel risquent de se livrer la star incontestée de la Conférence Est, Lebron James, et le joueur en forme du moment de la Conférence Ouest, Kevin Durant. Du côté hexagonal, nous suivrons particulièrement les performances de nos deux frenchies Tony Parker et Joakim Noah. Mais ce All-Star game peut aussi être l’occasion de se replonger sur la plus grande star de l’histoire basket mondial. En effet, durant sa première carrière, de 1985 à 1998, l’ancien meneur de Chicago Bulls a su marquer les All-Star game et y a écrit sa légende.

Acte I : 1985, le rookie of the year

Été 1984, Jordan âgé de 21 ans est draftéi par les Bulls en 4ème position. Equipe mineure de la Conférence Est, Chicago sera profondément bouleversée par cette arrivée. Tout juste auréolé du titre de champion olympiqueii, l’arrière devient vite l’attraction de la saison. Le numéro 23 s’illustre  avec notamment 28,2 points par match en moyenne durant la saison régulière et réussit à qualifier son équipe pour ses premiers playoffsiii depuis longtemps – où elle se fait sortir rapidement dès le premier tour par les Milwaukee Bucks. Une performance qui lui permet d’être sélectionné pour le All-Star game du 10 février 1985 à Indianapolis.

Très populaire chez les fans, Michael est dans le 5 majeur aux côtés de son idole de jeunesse Julius Erving, mais aussi de Moses Malone, de Larry Bird et surtout du leader des Détroit Pistons, Isiah Thomas. Malheureusement, les événements ne tournent pas à l’avantage de Jordan. La jeune star montante de la Ligue a déjà la grosse tête. Le joueur flambe tant dans l’allure vestimentaire que dans le style de jeu. Il est également le nouveau chouchou des médias. Tout cela n’est pas au goût des vétérans, au premier rang desquels Isiah Thomas. Le « bad boy » organise un boycott contre le jeune arrière. Mis de côté par ses partenaires, Jordan ne shoote que neuf fois et inscrit 7 points en 22 minutes de jeu. Nous pouvons ajouter à ce tableau une défaite contre une Conférence Ouest trop forte, emmenée par Magic Johnson, Kareem Abdul-Jabbar et Ralph Sampson (élu MVPiv du match). Michael est quand même élu rookiev devant Hakeem Olujuwan.

Isiah Thomas : « Tu reconnais bien là le style du bad boy de Détroit »
Isiah Thomas : « Tu reconnais bien là le style du bad boy de Détroit »

Mais Jordan se venge rapidement. Dès le 12 février – soit deux jours après le fameux match – les Bulls rencontrent les Pistons de Thomas. Le jeune rookie effectue son meilleur match de la saison et peut-être l’un des plus marquants de sa carrière. Ce soir-là, il se mue en scoreur fou, avec 49 points. Il prend aussi 15 rebonds et effectue 4 interceptions. Meilleur joueur du match, il éclipse le meneur de Détroit, pendant que les Bulls reportent une belle victoire face à une équipe réputée meilleures (et demi-finaliste des playoffs de la Conférence Est). Mais la blessure reste. Le All-Star game de 1985 l’affecte profondément. Il se sépare de ses bijoux et décide de se recentrer exclusivement sur le basket-ball. Sa rancœur contre le bad boy ne disparaîtra jamais, au point que Jordan menace de ne pas participer aux Jeux Olympiques de 1992 s’il fait partie de la sélection. Au final, Thomas sera écartée de la Dream Team. Mais le plus important est que cette expérience modifie en profondeur Jordan qui voudra prouver qu’il est bel et bien le meilleur. La saison 1984-1985 s’avère encourageante et frustrante pour Jordan. Il est logiquement élu rookie de l’année et finit meilleur marqueur de la saison régulière avec 2313 points – il faut remonter à la saison 1969-1970 et à Kareem Abdul-Jabbar pour retrouver une performance aussi élevée d’un rookie. Pourtant, Jordan n’est pas le meilleur et Chicago est encore une équipe modeste du championnat. Mais il ne fait aucun doute pour personne que « A star is borned » comme l’exprime la couverture du Sports Illustred.

Acte II : 1988, premiers MVP

Pas de All-Star game en 1986 pour le sophomorevi, la faute à une blessure à l’os du pied qui lui fait passer une saison cauchemardesque. En 1986-1987, l’arrière des Bulls reprend sa progression. Il est le meilleur marqueur de la Ligue, enchaîne les exploits individuels et connaît à nouveau le All-Star game. Il remporte le concours de dunk et inscrit 11 points au cours d’une nouvelle défaite de la Conférence Est. Mais cela ne suffit évidemment pas. Michael Jordan est bon mais n’est pas encore considéré comme le meilleur. La saison 1987-1988 est celle de la consécration. Jordan est sur une autre planète. Il continue de scorer comme un fou. Il progresse aussi énormément dans le secteur défensif. Le numéro 23 de Chicago déclare même en début de saison : « J’aime jouer en défense, c’est un challenge. Je sais que beaucoup de gens ne me croient pas mais j’aimerais mieux être sélectionné pour la All-Defensive Team que la All-Pro Team. Un joueur qui joue aux 2 bouts du terrain, c’est comme ça que je veux qu’on se souvienne de moi ». Mais il doit encore confirmer afin d’être enfin considérer comme le meilleur… Le All-Star game qui se déroule chez lui, au Chicago Stadium, le 7 février 1988 est l’occasion parfaite.

Le show commence le samedi au concours Slam Dunk Contest. Jordan doit défendre son titre remportée l’année précédente. Parmi les 6 autres concurrents se trouve l’un des meilleurs dunkeurs de l’histoire de la NBA : Dominique Wilkins. Déjà vainqueur en 1985, le joueur des Hawks d’Atlanta est bien décidé à remporter le titre. Lors du premier tour, il finit d’ailleurs en tête devant le Bulls. En demi-finale, c’est Jordan qui prend l’avantage, de deux petits points seulement. Puis arrive la finale. Wilkins effectue deux dunks parfaits. Jordan est en retard de 3 points au moment du dernier dunk. Le joueur d’Atlanta se lance et réalise son dunk le moins bon de la série. Le numéro 23 est encore en course mais il va devoir se surpasser s’il veut l’emporter. C’est ainsi qu’il réalise ce qui reste encore à ce jour le dunk le plus spectaculaire de l’histoire du concours : Air Jordan s’élance puis s’envole de la ligne de lancer de franc jusqu’au panier. Le temps semble se suspendre pendant que le joueur est dans les airs : un dunk stratosphérique pour un concours d’un niveau exceptionnel. Le Bulls devient le premier joueur de l’histoire à reporter deux titres consécutifs. Si aujourd’hui encore certains disent que Wilkins méritait cette victoire plus que Jordan, une chose est sûre : à domicile, le joueur de Chicago est dans sa meilleure forme pour le All-Star game. Il veut entrer dans la légende et il va y arriver.

Air Jordan s'envole
Air Jordan s’envole

Jordan est naturellement dans le 5 majeur, aux côtés de Larry Bird (vainqueur du concours à 3 points), Moses Malone, Isiah Thomas et son rival de la veille, à savoir Do Wilkins. De l’autre côté, il y a la sélection de l’Ouest menée par Magic Johnson face à laquelle Michael a déjà butée deux fois. Seulement présent 29 minutes, Jordan réalise une performance mémorable. Littéralement inarrêtable, MJ réussit un 74% au tir pour 40 points inscrits – deuxième meilleure performance à ce jour après les 42 points de Wilt Chamberlain en 1962. Mais l’arrière des Bulls est aussi intraitable en défense – dans un exercice où les joueurs brillent généralement surtout en attaque et font preuve d’un manque de motivation flagrant en défense – en prenant 8 rebonds, en effectuant 4 contres et 4 interceptions. Nous pouvons ajouter 3 passes décisives à ce beau tableau. C’est lui seul qui porte à la victoire une Conférence Est qui commence à prendre le large dès le deuxième quart-temps. Un vrai show de Jordan qui ne se termine qu’à la fin de la rencontre : l’arrière inscrit 16 points dans les 6 dernières minutes ! Une rencontre qui reste gravée dans les mémoires où Kareem Abdul-Jabbar pour sa 17ème (et avant-dernière) participation devient le meilleur marqueur de l’histoire des All-Star game. Le passage de témoin entre la star des Lakers et celle des Bulls est total ce soir-là.

Le MVP du All-Star game passe le reste de sa saison sur un nuage. Épaulé par Scottie Pippen arrivé en début de saison, il conduit les Bulls en demi-finale de la Conférence Est, où ils sont balayés par les Pistons d’Isiah Thomas. Mais peu importe… La star incontestée de la NBA c’est lui. Il est élu MVP pour la première fois, ainsi que meilleur défenseur. Pour entrer dans l’histoire de la NBA, il faut en général  porter au moins une fois la bague du titre de champion. Mais Jordan n’en a pas besoin, il a déjà prouvé qu’il était le meilleur et tout le monde sait que le titre avec les Bulls n’est plus qu’une question de temps. Les Los Angeles Lakers de Magic Johnson, Kareem Abdul-Jabbar et James Worthy sont une nouvelle fois sacrés champions… Une dernière fois.

Acte III : 1998, la légende est écrite

Après deux titres pour les Pistons d’Isiah, l’heure des Bulls a enfin sonné. De 1991 à 1997, Chicago remporte 5 fois le titre. De son côté, Jordan est élue trois fois MVP. Il est le leader de la Dream Team qui survole les J.O. de Barcelone en 1992. Dix ans ont passé depuis le week-end de légende et Jordan est devenu la première star planétaire du basket. Durant son année d’absencevii, la NBA paraît fade. Air Jordan ne le sait pas en début de saison mais l’année 1998 est à la fois sa dernière saison avec les Bulls, son dernier titre de champion de NBA et l’apothéose de sa carrière. Bien que devenu star incontestée et incontestable de la ligue, Jordan n’a plus survolé le All-Star game comme il l’avait fait en 1988. Certes, en 1997, il inscrit à jamais son nom l’histoire en devenant le premier joueur à effecteur un triple-doubleviii en All-Star game (depuis Lebron James en 2011 et Dwyane Wade en 2012 ont réalisé le même exploit), avec 14 points, 11 rebonds et 11 passes décisives. Mais il est éclipsé par Glen Rice qui égale le record de points en un quart-temps et en une mi-temps décerné auparavant par Wilt Chamberlain.

Le All-Star game 1998 est aussi légendaire que celui de 1988 mais dans un tout autre style. Pas de concours de dunk cette année-là. MJ doit se contenter du match qui se déroule le 8 février, dans un Madison Square Garden de New York survolté, comme à son habitude. Aux côtés de Grant Hill, Shawn Kemp, Penny Hardaway et Dikembe Mutombo, le Bulls défie une excellente Conférence Ouest où se côtoient Karl Malone, Kobe Bryant, Gary Payton, Shaquille O’Neal, Kevin Garnett ou encore Tim Duncan. Pourtant, l’Est prend rapidement le large en menant de 8 points dès la fin du premier quart-temps et l’emporte facilement. Mais plus que le match, l’attention du public se concentre sur le duel qu’il se livre avec Kobe Bryant. Le jeune sophomore de 19 ans, est la nouvelle attraction de la Ligue. Vainqueur du concours de dunk l’année précédente, KB est présenté avec Allen Iverson – non sélectionné pour le All-Star – comme le futur Jordan. Quelques semaines auparavant, le Lakers a tenu tête à Air Jordan en inscrivant 33 points (contre 36 pour MJ) face au Bulls, dans match fou se déroulant en l’absence de Shaq et de Schottie Pippen. Michael doit montrer à cette génération montante (également incarnée dans un tout autre registre par Tim Duncan, rookie cette année-là) qu’il est encore le seul boss de la NBA. La tâche s’annonce portant compliquée, car la rumeur le dit malade et pas en pleine possession de ses moyens physiques. Cependant, la confrontation tourne quand même à l’avantage de l’arrière des Bulls, même si avec ses 18 points en 22 minutes Kobe est loin d’être ridicule. Jordan, de son côté, marque 23 points en 32 minutes et réalise un 55,6% au shoot. Certes, nous avons déjà connu l’arrière meilleur scoreur. Mais avec 6 rebonds et 8 passes décisives, il survole individuellement la rencontre et est le principal élément d’une excellente sélection de l’Est. En plus de son troisième titre de MVP, cette nuit-là, il entre sur le podium des meilleurs marqueurs du match de gala derrière Kareem Abdul-Jabbar et Oscar Robertson.

MJ MVP
Michael Jordan, MVP 1998

Le reste de saison est une promenade de santé pour Jordan et son équipe. Les Bulls remportent face aux Jazz de l’Utah de Karl Malone leur second triplé durant les années 1990 (1991-1992-1993 et 1996-1997-1998). Jordan remporte son dixième et dernier titre de meilleur marqueur du championnat. Cette finale rencontre la plus forte audience, pour une série de finale, de l’histoire de la NBA. Le numéro 23 des Bulls est au sommet. Ce qu’il ignore, c’est que c’est la fin (ou presque). Le lock-outix, les départs de ses coéquipiers Rodman et Pippen, ainsi que du coach Phil Jackson ont raison de Jordan, qui annonce la fin de sa carrière le 13 janvier 1999. L’ère des Bulls de Jordan laisse place à celle des Lakers de Bryant (qui ont récupéré coach Jackson) et des Spurs de Duncan. Bryant, Iverson « The Answer » (car censé être la réponse à la question « Qui sera le successeur de Jordan ? »), puis à la fin des années 2000, Lebron James « The Chosen One » (« L’élu ») enchaînent les records. Pourtant aucun n’approche Jordan en termes de popularité. Le retour de l’ex-Bulls sur les parquets entre 2002 et 2003 pour sauver les Wizards de Washington aurait été anecdotique s’il ne lui avait pas permis de dépasser Abdul-Jabbar au palmarès des scoreur du All-Star (Bryant lui étant depuis passé devant depuis).

Plus qu’un spectacle, le All-Star game est toute une histoire. Evénement majeur de la saison de NBA, certaines éditions resteront à jamais dans les mémoires. Une chose est d’ailleurs certaine : les prestations de Jordan au All-Star seront à jamais mémorables. De ses dunks à ses performances de folies en match, Air Jordan y a forgé sa légende, qui a évidemment su dépasser ce cadre. Aujourd’hui c’est à Lebron James, à Kevin Durant, à Paul George, à Carmelo Anthony, à Dwayne Wade ou à Chris Paul de nous faire rêver, et nous ne doutons pas de leur capacité à le faire. Le roi est mort mais les princes ont fière allure !

i La Draft est un événement annuel présent dans tous les sports collectifs nord-américains où les équipes sélectionnent chacune leur tour – les positions dépendent en partie du hasard et en partie du classement de l’année précédente, par soucis d’équité, les équipes mal classées ont généralement la priorité – des sportifs issus de l’université, de l’école secondaire ou d’une autre ligue. En basket-ball, la Draft permet l’accès au championnat de NBA. Avec Michael Jordan avec John Stockton, Charles Barkley et Hakeem Olujuwon, la Draft 1984 est considérée comme l’une des meilleures de l’histoire de la ligue de basket.

ii Ce n’est qu’à partir des J.O. de 1992 que les joueurs de NBA sont autorisés à participer au tournoi. Avant la sélection états-unienne est composée de joueurs universitaires

iii Les playoffs sont la seconde phase du championnat de NBA. Les 8 meilleures équipes de la saison régulière à l’Est et à l’Ouest s’affrontent séparément dans des confrontations à élimination directe. A la fin, le vainqueur de chaque conférence s’affrontent dans une série de 7 matchs pour le titre de champion de NBA.

iv Le Most Valuable Player désigne le meilleur joueur d’une compétition.

v Un rookie est un joueur dont c’est la première saison en NBA

vi Un joueur est appelé « sophomore » lors de sa deuxième saison en NBA.

vii Jordan prend en 1993 une retraite anticipée suite à l’assassinat de son père. Il se met une saison au baseball, puis revient au cours de la saison 1994-1995.

viii Un joueur effectue un triple-double quand il enregistre au moins dix unités dans trois des cinq catégories statistiques (points, rebonds, passes décisives, interceptions et contres).

ix Un lock-out est une sorte de grève décidée par les employeurs.

Boîte noire :

Équipe de France de basket : derrière le Graal européen, la misère du basket français

Texte publié le 29 septembre sur RAGEMAG avec Mathieu Paumard

Il y a quelques jours en Slovénie, l’équipe de France de basket décrochait enfin la timbale aux Championnats d’Europe. Une victoire qui sonne comme une récompense après des années de lutte et de déception. Mais qu’on ne s’y trompe pas : ce titre cache une réalité moins reluisante. Celle d’un basket français boudé par les médias et d’un championnat local, la Pro A, en perte totale de vitesse.

La France était, jusqu’à très récemment, la seule grande nation du basket européen à posséder un palmarès totalement vierge. Certes, il y avait eu ces quatre médailles d’argent, obtenues aux Jeux olympiques (1948 et 2000) et aux Championnats d’Europe (1949 et 2011). Mais c’était encore trop peu. Cette fois-ci, nous parlons du plus beau des métaux : l’or. Finis les vulgaires lots de consolation (sept médailles de bronze européennes) ou les cruelles désillusions. Les Bleus peuvent enfin regarder leurs adversaires depuis la plus haute marche du podium. Mais au-delà d’une victoire finale et d’un titre de champion, nous avons affaire à l’aboutissement d’une longue histoire, ainsi qu’à une revanche inimaginable il y a encore une quinzaine d’années.

L’équipe de France naît pourtant sous les meilleurs auspices et appartient au gratin international jusque dans les années 1960. Puis elle connaît une longue traversée du désert, disparaissant peu à peu de la scène mondiale. Tandis que le monde entier écarquille les yeux devant la Dream Team américaine, nos Français ne suscitent aucun engouement. Et pour cause : ils sont absents de toutes les grandes compétitions. Il faudra attendre le Championnat d’Europe 1999 pour que la sélection hexagonale refasse parler d’elle. La France peut alors compter sur une génération talentueuse menée par ses deux leaders, Antoine Rigaudeau etTariq Abdul-Wahad.

Cependant, la quatrième place obtenue lors du tournoi masque d’énormes problèmes internes. Bien avant leurs homologues footballeurs, nos basketteurs s’entredéchirent, sur fond de communautarisme selon certains. Cette situation houleuse débouche finalement sur l’exclusion de Tariq Abdul-Wahad, pourtant plus grande star du basket français et seul joueur de l’époque à évoluer en NBA. Malgré cela, les tricolores emmenés par Rigaudeau parviennent à se hisser en finale des J.O. de Sidney un an plus tard, face à des Américains trop forts pour eux. Cet exploit extraordinaire permet à la France de se repositionner sur l’échiquier mondial.

Une génération dorée

La même année voit débarquer la fameuse génération 82 de Tony Parker. La future ossature de l’équipe de France va rapidement et durablement graviter autour de ces joueurs qui remportent le titre de champions d’Europe juniors, en Croatie. La bande à Parker se compose de Ronny Turiaf,Mickaël Pietrus et Boris Diaw (seul présent avec TP la semaine dernière en Slovénie), tous évoluant en NBA. Nous pouvons y ajouter Florent Pietrus (1981) et Mickaël Gelabale (1983). Le meneur des Spurs est le plus précoce et honore sa première sélection A en 2000. Durant le Championnat d’Europe 2003, ces Bleus new look, qui ont déjà largement investi les Etats-Unis, imposent leur marque en affichant d’emblée leurs ambitions : la victoire finale.

Malheureusement, ils buttent en demi-finale et n’obtiennent ni médaille ni qualification pour les J.O. d’Athènes. S’ensuit une série d’échecs, symbolisée par des défaites amères face au voisin espagnol. Le 18 septembre 2011, l’équipe de France est surclassée par un Juan Carlos Navarro stratosphérique et le duo d’intérieurs formé par les frères Gasol (Marc et Pau) en finale du Championnat d’Europe. Rebelote en quarts de finale des J.O. de Londres, où les Tricolores finissent par exploser physiquement et mentalement dans les cinq dernières minutes.

Cela aurait pu être la fin d’une histoire. Car la France de 2013 paraît bien plus fébrile que ses homologues de 2011 ou de 2012. Elle est d’abord fragilisée par les forfaits de Joakim NoahKevin SéraphinIan MahinmiAli TraoréLudovic Vaty et Ronny Turiaf dans la raquette. Elle est ensuite moins brillante dans le jeu et cède dès son match d’ouverture contre l’Allemagne au premier tour, puis à nouveau face à la Lituanie et la Serbie au deuxième tour. Les Bleus s’en sortent finalement sans encombre.

Mais s’ils veulent atteindre la finale, ils doivent d’abord vaincre la Slovénie, pays organisateur, en quarts. Puis, ils devront croiser la route de l’Espagne, double tenant du titre, qui malgré un tournoi relativement médiocre et l’absence de certains joueurs majeurs (Navarro, Pau Gasol, Serge Ibaka…) fait encore figure de favorite. Mais la France de 2013 a des ressources. C’est un savant mélange entre deux générations exceptionnelles : celle de 82 et celle de 88 (Nicolas BatumAntoine Diot et Alexis Ajinça), qui, comme son aînée, a été championne d’Europe junior en 2006, en Grèce. Un brillant dosage entre joueurs évoluant en NBA et sur le Vieux Continent. Portés par un Tony Parker en grande forme, les Bleus éliminent la Slovénie,sont héroïques défensivement face à l’Espagne après une première mi-temps désastreuse et se transcendent enfin offensivement contre la Lituanie. Tout cela également grâce à un coaching souvent inspiré du sélectionneur Vincent Collet. Une épopée victorieuse comme nous les aimons dans notre Hexagone. Pourtant, un détail gâche un peu la fête : avant la demi-finale, l’Equipe de France bénéficiait d’une couverture télévisuelle médiocre.

Le désamour des médias pour le basket français

Les amoureux de basket, désireux de suivre en détail ce Championnat d’Europe, n’étaient effectivement pas gâtés. Ils devaient surfer entre Canal+ Sport pour les matchs des Bleus, Sport+ pour les autres. Nous sommes bien loin des grandes retransmissions footballistiques. Ou même du rugby où tous les matchs de l’équipe de France, même amicaux, sont diffusés sur des chaînes publiques. Pourtant, avec environ 470 000 licenciés, le basket est le deuxième sport collectif le plus pratiqué dans notre pays, derrière le football (plus de 2 millions), à égalité avec le handball et devant le rugby (environ 350 000). Des licenciés auxquels nous pourrions ajouter les pratiquants de streetball, de plus en plus nombreux en France, comme en témoigne la popularité montante du Quai 54, tournoi international organisé tous les ans à Paris.

Certes, l’évènement a bénéficié d’un meilleur dispositif médiatique que les précédentes grandes compétitions –exceptés les Jeux Olympiques – mais est-ce une raison de se réjouir comme Jean-Pierre Siutat, le président de la FFBB ? Rien n’est moins sûr. Quand on regarde le classement des sports français selon leurs couvertures télévisées, nous nous apercevons que le basket pointe à une honorable cinquième place, derrière le rugby (quatrième) mais loin devant le handball (douzième). En regardant de plus près, le constat est nettement moins flatteur pour le basket hexagonal. Une simple comparaison avec le handball suffit à évaluer l’ampleur du problème. Si pour les équipes de France de ces deux sports, le bilan est équivalent, à savoir une diffusion systématique du groupe Canal+, pour les compétitions de clubs, la donne est bien différente.

En effet, les matchs du Championnat du France de handball (Division 1) ainsi que ceux de la Coupe de France sont eux aussi retransmis sur Canal+ etintéressent même France Télévisions. De leur côté, les fans du championnat de France de basketball (Pro A) doivent se contenter de Sport+. Même constat à l’échelon européen où BeIN Sport diffuse depuis la saison dernière la Ligue des champions(hand), quand l’Euroligue (basket) doit se contenter encore et toujours du petit Sport+. Alors à quoi doit-on ce classement, en apparence honorable ? La réponse est simple : au basket nord-américain, c’est-à-dire un peu à la NCAA (championnat universitaire) mais surtout à l’alléchante NBA. Cette dernière est largement diffusée sur BeIN Sport (6 matchs par semaine en saison régulière), après des années d’exclusivité sur Canal+.

Si la plupart des fans de basket en France savent que la dernière finale NBA a opposé les Spurs de San Antonio de Tony Parker au Heat de Miami de LeBron James (avec la victoire de ces derniers), ils se moquent éperdument de la victoire de Nanterre surStrasbourg en finale de Pro A ou de savoir que leReal Madrid s’est incliné en finale de l’Euroligue face à l’Olympiakos Le Pirée. Et rien de plus normal puisque les grands hebdomadaires ou mensuels français consacrés au basketball font la part belle à la NBA, quand ils ne parlent pas exclusivement d’elleou mettent carrément la clef sous la porte. Dans une plus large mesure, c’est la presse sportive qui s’intéresse très peu au basket hexagonal, quand elle ne rabaisse pas directement les performances de son équipe nationale.

Une situation qui agace passablement certains acteurs comme Laurent Sciarra, médaillé olympique à Sydney, dans une interview pour Le Monde : « Mais si après tous les efforts faits par ces garçons, une compétition comme ils l’ont faite et une finale comme ils l’ont écrasée, si vous, les médias, vous ne retenez que le fait que l’Espagne ait été privée de Pau Gasol, Juan Carlos Navarro et Serge Ibaka, notre sport ne pourra jamais décoller. Vous nous cassez les bonbons avec le football et de temps en temps avec la Coupe Davis, avec ces joueurs qui sont soi-disant si fabuleux… » Même s’il reconnaît volontiers que ce succès de l’équipe de France pourrait changer la donne : « Gagner ce tournoi, c’est bien pour cette génération. C’est bien pour les joueurs et surtout pour notre sport qui avait besoin d’une victoire référence au niveau de l’équipe de France. Là, ça y est. J’espère que ça ne sera pas juste un feu de paille et qu’on va pouvoir s’appuyer dessus et que ça va permettre à une nouvelle génération de passer ce cap. »

Canal+ a en effet acquis les droits de la Pro A jusqu’en 2017 et accepté de diffuser certaines rencontresen clair sur D8 ou D17, voire d’en céder quelques unes à France Télévisions, alléchée par les audiences records de la finale de l’Euro (5,5 millions de téléspectateurs). C’est bien maigre mais c’est toujours ça de gagné…

Et pendant ce temps, la Pro A traverse le désert…

Mais revenons à l’essentiel : le basket français est-il alors vraiment victime d’un vaste complot médiatique, boudé injustement par l’opinion publique qui ne s’intéresse qu’aux paillettes et aux sirènes du grand spectacle de la NBA ? Après tout, c’est vrai, des dunks, des cheerleaders et des double-mètres tatoués, il y en a aussi à foison sur les parquets de Pro A. Sauf que ça n’intéresse personne, et souvent à juste titre. Le graal européen de la bande à Parker cache la misèreordinaire de notre championnat national.

Selon Antoine Rigaudeau, dans une interview accordée à l’Équipe en octobre 2012, le constat est sans appel : « Techniquement, c’est la deuxième voire la troisième division européenne. Tactiquement, c’est pareil. Physiquement, ça pourrait être beaucoup plus fort dans l’impact. » Une réflexion étayée par les performances catastrophiques des clubs français en Euroligue depuis plusieurs années. C’est bien simple, depuis 10 ans, trois équipes seulement ont atteint le top 16, pour un bilan de 4 victoires et 14 défaites à ce stade de la compétition, et bien sûr aucune qualification pour les quarts de finale dans la foulée. Pire encore, depuis 2007, aucun champion de France n’a dépassé les premières poules de qualification et les clubs de l’Hexagone doivent se contenter des accessits dans des épreuves continentales de seconde zone comme l’EuroChallengeLe sacre du CSP Limoges en 1993 semble aujourd’hui un souvenir bien lointain.

Comment expliquer un tel manque de compétitivité sur la scène continentale ? Un des premiers éléments de réponse est le manque de hiérarchie au niveau national. Comme le déclarait Hervé Touré, intérieur français ayant évolué durant 6 saisons dans le championnat italien, lors d’une interview à nos confrères de Rue89 : « La Pro A, c’est l’endroit où tout est possible ! Tout le monde peut battre tout le monde. C’est un peu comme Disneyland. » Champion de France cette année : la JSF Nanterre, en Pro A depuis seulement deux ans, deuxième plus petit budget de la ligue avec 2,6 millions d’euros. À titre de comparaison, c’est un peu comme si Ajaccio ou Reims finissaient en tête de la Ligue 1 de football. Un exploit évidemment majuscule, à saluer. Une belle histoire à raconter. Mais qui montre bien les difficultés actuelles du basket français à retrouver des locomotives, susceptibles de porter le championnat vers le haut. Et surtout aucun sponsor assez fou pour financer des clubs aux résultats si aléatoires (9 champions différents sur les 11 dernières saisons).

« La Pro A n’est pas vendable. […] Aucun club ne domine. À partir de là, c’est difficile pour les investisseurs de choisir un club et de mettre de l’argent. Tout le monde est du même niveau avec plus ou moins le même budget. […] L’idéal serait d’avoir une ou deux équipes vitrines qui dominent, susceptibles d’attirer les meilleurs jeunes Français, formés par les équipes qui auraient un peu moins d’argent. Il y aurait une vraie hiérarchie, comme quand j’étais à Cholet et que notre but était de battreLimoges ou Pau. », explique encore Antoine Rigaudeau.

Conséquence directe, les clubs français dépendent massivement des collectivités locales et du contribuable. En 2010-2011, 40 % en moyenne du budget des équipes de Pro A provenaient des subventions et de l’argent public. Ce chiffre pouvait même atteindre 71 % pour un club comme le Paris-Levallois. Difficile dans ces conditions de se développer ou d’avoir les coudées franches auprès des politiques pour défendre des projets comme la construction de salle multifonctions, afin de pouvoir prendre une certaine indépendance économique.

Si certaines initiatives aboutissent comme à Rouen avec l’ouverture du Kindarena en 2012, d’autres sont au point mort depuis plusieurs années, comme celui de l’ASVEL, si bien que les actionnaires menacent de quitter le navire en cours de route, comme l’a récemment déclaré Tony Parker. Sans oublier que le basket reste en France une affaire de moyennes ou petites agglomérations. Il ne s’agit bien sûr pas de militer comme des forcenés pour la création artificielle de clubs dans les plus grandes villes du territoire, en dépit de toute tradition. Mais force est de constater que les rois du pétrole et des dollars ont peu de chance de placer leurs billes à Cholet, Gravelines ouOrléans. Pour le strass et les paillettes, on repassera.

Dans ces conditions, et avec des budgets limités, impossible de concurrencer les ogres européens venus d’Espagne, de Grèce, de Turquie ou encore de Russie. À moins de changer complètement son fusil d’épaule, d’arrêter de faire venir quantité d’étrangers d’un niveau douteux ou en bout de course et de se recentrer sur la formation. Là encore, Antoine Rigaudeau propose des pistes intéressantes : « J’ai toujours pensé que la Pro A devrait être un championnat de jeunes, à la serbe ou à la croate. Avec des joueurs du cru, qui travaillent pour mériter du temps de jeu. Il faut penser à une politique commune de travail chez les jeunes, très en amont, en benjamins, minimes, cadets. Les préparer au haut niveau, sans obligatoirement rechercher les résultats très vite, où justement tu oublies l’exigence technique, tactique, physique. Pourquoi nous, Français, n’aurions-nous pas le même niveau de compétitivité en Euroligue que le Partizan Belgrade ? »

C’est sûr que deux quarts de finale et une participation au Final Four de l’Euroligue depuis 2008 (agrémentés de 5 titres en Ligue Adriatique et 11 trophées nationaux dans le même temps) pour un club qui mise tout sur la formation des espoirs locaux, cela ferait saliver n’importe quelle équipe française. On peut d’ailleurs noter que le Partizan compte dans ses rangs deux de nos meilleurs jeunes : Joffrey Lauvergne (titré en Slovénie) et Léo Westermann. Un nouveau signe qui montre bien que si nos graines de champion ne peuvent pas acquérir l’expérience du haut niveau grâce à la Pro A, ils partiront ailleurs…

Des institutions plombées par l’immobilisme

Bon d’accord, on a bien compris qu’on n’avait pas d’argent mais quelques idées pour s’en sortir. Il suffit donc à la Ligue Nationale de Basket, qui chapote notamment la Pro A, de piocher dedans pour redresser la barre, non ? Douce utopie. Car ces dernières années, la LNB patine allègrement dans la semoule, entre coups médiatiques ratés et réformes révolutionnaires avortées.

Au lieu de resserrer son élite pour que la Pro A devienne plus compétitive, la Ligue souhaite l’élargir à 18 puis 20 clubs. Une commission avait même vu le jour dès cette année pour étudier des dossiers de candidatures susceptibles d’être intéressantes sur le plan économique (niveau des équipements, population locale, stratégie marketing et de communication). Les clubs menacés de relégation en Pro B avaient même rempli le formulaire, au cas où. Depuis mars, plus de nouvelles et la Pro A reprendra bien à 16 clubs dans moins d’une semaine.

Et pourtant, ce n’est pas la première fois. La Pro A était déjà passé brièvement à 18 clubs entre 2003 et 2007 dans le but de relancer les clubs français dans les compétitions continentales. Avec la réussite déjà évoquée plus haut. « Le basket français a toujours été assez politisé, trop souvent dans sa guerre de clochers. C’est un peu un sport de rochers, chacun pense pour son truc », conclut Antoine Rigaudeau. La Pro A, championne de l’immobilisme.

On passera volontiers sur d’autres idées ubuesques, finalement laissées en plan comme la création de poules régionales avant le début du Championnat (si la NBA a droit à ses conférences, pourquoi pas nous ?!) ou encore d’une Coupe d’Europe bis, réunissant des championnats de troisième zone (France, Angleterre, Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Portugal), histoire que nos clubs puissent gagner quelque chose.

La LNB tente alors des coups d’un soir, comme déplacer certains événements dans des lieux plus prestigieux (le Palais des Congrès) ou exotiques (la Semaine des As rebaptisée Leaders Cup à… Disneyland). Les Américains avaient Space Jam avec Michael Jordan et les Looney Tunes, alors on nous offre généreusement Antibes / Dijon avec Mickey et Donald. Mais la Ligue peine à assurer le service après vente dès que le jeu en vaut la chandelle. Selon Brice Moulin, auteur de Sport, fric et strass – dans les coulisses du sport business, « la finale des JO Sydney n’a entraîné quasiment aucune retombée ». Idem pour la venue des étoiles françaises lors de la grève NBA en 2011, qui a vu la fréquentation des salles augmenter en flèche durant quelques semaines avant de retomber cliniquement dès leur retour aux États-Unis.

Espérons que cette fois-ci, les institutions françaises parviendront à capitaliser sur cette victoire et surtout sur la sympathie générée par cette équipe de France et son leader charismatique. En insistant sur le fait que certains joueurs majeurs du sacre (Antoine Diot et Alexis Ajinça) ainsi que leur coach évoluent en Pro A, à Strasbourg. On croise donc les doigts pour que le basket français finisse par trouver son oasis au milieu du désert.

 

Trois questions à Matteu Maestracci, journaliste àFrance Info, spécialisé dans le basket.

Est-ce que, selon vous, cet Euro va avoir un impact sur le traitement médiatique du basket en France ?

Au quotidien, je ne pense pas. Le basket, on le suit peu dans les médiasmainstream, grand public pendant l’année. Ce qui intéresse vraiment les fans de basket, c’est la NBA, mais les médias ne s’y intéressent pas car les droits sont chers et il y a un problème de décalage horaire. Le reste, ce n’est pas très bandant, à part l’Euroligue qui excite un peu mais ça ne dépasse pas un cercle d’amateurs réduit. Comme la Pro A, c’est un truc de fidèles.

Maintenant, ce qui va se passer quand la France va jouer, c’est qu’il y aura un intérêt car elle est championne d’Europe. Manque de pot, pour le Mondial de 2014, Parker va peut-être être absent car il lui faut parfois des années off, idem pour Batum et Diaw. Les principales stars ne seront pas là, donc l’intérêt médiatique risque de vite retomber. Paradoxalement, il y a beaucoup de licenciés en France, mais peu de public. Quand les chaînes de télé ne passent pas de basket, c’est parce qu’elles savent qu’il n’y aura presque pas de spectateurs. Il y aura plus de crédibilité et de respectabilité après cet Euro mais ça ne va pas modifier le traitement médiatique de la Pro A. L’impact se fera plus sur l’opinion, car les gens aiment cette équipe.

Comment expliquez-vous les difficultés actuelles de la Pro A, qu’elles soient sportives ou médiatiques ?

C’est un championnat un peu ringard, il n’y a pas de star et il y a un problème de hiérarchie car il y a un champion différent chaque année. Nous, à France Info, on ne fait que les compétitions internationales en entier, et la Pro A juste au début pour dire que ça existe et à la fin, pour la finale. La seule exception, c’est quand les stars de NBA sont revenues en 2011 pour le lock-out. Mais sinon, il n’y a pas de hiérarchie lisible, et ce n’est pas un truc médiatique qui s’auto-alimente comme le football. Le seul moment qui a été un peu intéressant, c’est quand Nanterre a été champion, car il y avait une histoire à raconter.

C’est aussi un problème de budget, les clubs français ont un budget d’environ 3 millions d’euros par an, les clubs en Euroligue c’est deux fois plus. À cause de ça, les meilleurs joueurs ne restent pas en France.

Tony Parker aura-t-il sa place au Panthéon du sport français, bien que finalement son talent s’exprime peu en France ?

Oui car ce qu’il fait est exceptionnel, que l’on s’intéresse ou pas à sa carrière. Il a été trois fois champion NBA, et pas en cirant le banc ! En étant un artisan de son équipe. C’est extraordinaire. Tous les étés, il vient sous le maillot français avec une certaine sincérité alors que d’autres jeunes s’en foutent. Sur ce qu’il apporte au sport français, c’est un monstre.

Lucie Bacon

Boîte Noire