Archives du mot-clé capitalisme

Philippe Vion-Dury : « Le vrai visage de la Silicon Valley, c’est celui du capitalisme prédateur »

Entretien publié le 28 octobre 2016 sur Le Comptoir

Phillipe Vion-Dury est journaliste, spécialiste des questions de société, des nouveaux modèles économiques et des technologies. Il vient de sortir aux éditions Fyp son premier essai intitulé « La nouvelle servitude volontaire ». Il y analyse la nouvelle société numérique qui est en train d’être érigée par les startups de la Silicon Valley, en Californie.

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Kevin Victoire : « En finir avec le capitalisme et remettre l’humain et ses besoins effectifs au cœur de la société »

Entretien accordé au magazine en ligne Aleteia

Aleteia : D’où vient le besoin d’accumuler si caractéristique de notre société ?
Kevin Victoire : Le « besoin d’accumuler » a été très longtemps condamné par toutes les sociétés. Dans la Grèce antique, l’hybris – c’est-à-dire la démesure – constituait un crime. C’est l’opposition à cet hybris, par la tempérance ou la « juste mesure » d’Aristote, qui fonde l’éthique grecque. L’accumulation de richesse, qu’Aristote nomme la « chrématistique », est alors condamnée moralement. Le mythe du roi Midas, qui acquiert auprès du dieu Dionysos la faculté de transformer tout ce qu’il touche en or, au point de devenir incapable de manger et de boire, illustre très bien ce propos.

L’accumulation sans fin des richesses est également dénoncée dans la tradition judéo-chrétienne. « Malheur à ceux qui ajoutent maison à maison, et qui joignent champ à champ, Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’espace, Et qu’ils habitent seuls au milieu du pays ! » explique le prophète Isaïe (5, 8). C’est évidemment encore plus clair dans le Nouveau testament où l’accumulation excessive de biens matériels est toujours opposée à l’élévation spirituelle : « Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon » (Matthieu 6, 4) ; « Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme ? » (Marc 8, 36), etc.

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Karine Mauvilly : « L’école devient un objet économique »

Entretien publié le 5 octobre 2016 sur Le Comptoir

Il semble aujourd’hui impossible de refuser le numérique, perçu par le plus grand nombre comme un “progrès”inéluctable. Pourtant, Philippe Bihouix, ingénieur centralien, et Karine Mauvilly, historienne et juriste de formation, osent s’attaquer au tout-numérique à l’école, lieu où se prépare l’avenir de notre société, dans un essai décapant, intitulé « Le désastre de l’école numérique : Plaidoyer pour une école sans écrans » (Seuil). Tous deux parents et passés par l’enseignement, les auteurs expliquent pourquoi, loin de résoudre les problèmes aujourd’hui rencontrés par l’école – notamment la reproduction des inégalités –, le numérique pourrait représenter un danger sociétal. Nous avons ainsi décidé de rencontrer Karine Mauvilly pour avoir plus de précisions sur ce livre que nous vous recommandons.

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« Merci Patron ! », l’ovni cinématographique qui fait la nique aux riches

Article publié initialement le 10 février 2016 sur Le Comptoir avec Ludivine Bénard et Sylvain Métafiot

« Fâchés avec tout le monde, ou presque », qu’ils disaient. Ils doivent être bien embêtés, les journalistes de Fakir, maintenant qu’ils sont acclamés partout où ils vont. Le canard fondé par François Ruffin en 1999 délaisse cette fois-ci le papier pour nous en mettre plein les yeux. Avec le film “Merci Patron !”, l’heure de la réconciliation nationale, du moins entre les fameux 99 %, a sonné. Il ne peut en être qu’ainsi quand vous ridiculisez, pendant une heure trente, l’homme le plus riche de France. Avec, en fond sonore, cette chanson entêtante des Charlots, l’équipe vous emmène à Poix-du-Nord, dans le vrai ch’nord de la Picardie profonde, du côté des délaissés de la “mondialisation heureuse”, ceux dont le malheur a permis l’immense fortune de Bernard Arnault. Misère sociale, humour, renversements, secrets et mises en scène : rien ne nous est épargné dans ce voyage chez les deuxièmes classes de la vie.

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Attentats du 13 novembre : bienvenue dans la réalité

Article publié initialement le 18 novembre 2015 sur Le Comptoir

Blessée en son cœur, la France ne sait pas comment réagir aux attaques dont elle a été victime ce vendredi 13 novembre. Alors que la paix semblait régner depuis la fin de la décolonisation, sous la double bénédiction de l’Union européenne et du libre-marché, la réalité reprend ses droits. Ici comme ailleurs, la mort peut frapper. N’importe qui et n’importe où. Et pour lutter contre la barbarie qui vient, la France doit aussi prendre en compte ses propres erreurs. Car c’est notamment sur le terreau de ses échecs successifs, en matière de politique nationale ou internationale, que s’est développé le monstre qu’elle doit aujourd’hui combattre.

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Pasolini, pourfendeur du “fascisme de consommation”

Article publié le 4 novembre 2015 sur Le Comptoir

Alors que l’œuvre artistique, notamment cinématographique, de Pier Paolo Pasolini a traversé les âges, sa pensée politique reste, quarante ans après son assassinat, bien plus méconnue. Pourtant, la critique originale qu’il formule de la société de consommation gagnerait à être revisitée, notamment à gauche.

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Marcel Gauchet : « Le non-conformisme est globalement passé du côté conservateur »

Entretien publié initialement le 14 octobre 2015 sur Le Comptoir

Philosophe et historien, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), le rédacteur en chef de la revue “Le Débat est un intellectuel complexe. Penseur de gauche, héritier du libéral Raymond Aron, critique du marxisme, ainsi que de Pierre Bourdieu et de Michel Foucault – idoles de la gauche contemporaine –, Marcel Gauchet ne peut pas faire l’unanimité. Radicalement anticapitalistes, au Comptoir, nous ne nous retrouvons pas dans le réformisme du philosophe. Pourtant, nous considérons que le père de l’expression « fracture sociale » fait partie des intellectuels qui aident à mieux comprendre notre époque, notamment grâce à l’analyse de la modernité développée dans “Le Désenchantement du monde. Une histoire politique de la religion” (Gallimard, 1985). Nous avons mis de côté nos divergences pour discuter avec lui de sujets aussi vastes que la démocratie représentative, la modernité, les droits de l’Homme, ou encore le libéralisme.

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