Archives du mot-clé Georges Bernanos

Georges Bernanos face à la fragilité de la foi

Article publié initialement le 20 février 2018 sur Aleteia

Il y a 130 ans, le 20 février 1888, Georges Bernanos naissait à Paris, au sein d’une famille monarchiste. Considéré par André Malraux comme « le plus grand romancier de son temps », il est assurément un des écrivains catholiques les plus marquants du XXe siècle et un auteur important pour comprendre les dangers qui guettent les chrétiens aujourd’hui.

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« Dans l’amitié de Léon Bloy », de Georges Bernanos

Dans cet article extrait de « Français, si vous saviez… », recueil d’articles écrits entre 1945 et 1948, Georges Bernanos rend hommage à l’écrivain Léon Bloy, en analysant le rapport qu’il entretien aux pauvres, lui-même hérités de sa vision du christianisme.

« Je me demande si Léon Bloy n’est pas le dernier prophète du peuple des Pauvres »

Quelle est la part prophétique du message de Léon Bloy, celui qui s’appelait lui-même le Mendiant Ingrat ? J’imagine que la réponse nous est fournie par ce nom même. Léon Bloy a été le prophète des Pauvres, des vrais Pauvres, des derniers survivants de l’ancienne Chrétienté des Pauvres. Il a souvent comparé le peuple des Pauvres au peuple juif. Le peuple juif a eu ses prophètes, et du dernier d’entre eux jusqu’à la venue du Messie, c’est-à-dire jusqu’à ce que ce peuple fût définitivement rejeté, on compte plus de cinq cents ans, cinq cents ans de silence. Je me demande si Léon Bloy n’est pas le dernier prophète du peuple des Pauvres, je me demande si ce Peuple, à son tour, ne sera pas finalement rejeté. On trouve dans l’Évangile une parole bien singulière et faite pour gêner les professeurs d’optimisme : « Lorsque je reviendrai, trouverai-je encore des amis chez vous ? » Mais, précisément, les vrais amis du Christ sont les pauvres. Trouvera-t-il encore des pauvres, de vrais pauvres ?
À une telle question, le premier venu des imbéciles répondra : «J’espère bien que non!» avec cette grimace qu’on voit au visage de l’imbécile chaque fois qu’il vient de gober une fausse évidence, comme un canard gobe une limace. Oh ! sans doute, la vérité que j’énonce ne me vaudra jamais un siège à la Chambre, ou même un fauteuil à l’Académie depuis que les « inquiétudes » de M. Mauriac ont pris un caractère franchement social. N’importe! Il y a un mystère dans la Pauvreté, je ne suis pas assez lâche pour faire semblant de croire qu’elle n’est qu’un problème général d’économie politique à résoudre.

Pauvreté et misère

« La désintégration de la Pauvreté ne vous donnera pas moins de surprises que l’autre. »

Est-il même besoin de revenir sur la distinction faite, après tant d’autres, par Péguy, entre les pauvres et les misérables? Le misérable dégradé, déshumanisé par la misère ne peut plus porter témoignage que de l’effroyable injustice qui lui est faite, mais le Pauvre est le témoin de Jésus-Christ. J’ose écrire qu’une Société sans pauvres est chrétiennement inconcevable et si personne n’a plus le courage de l’écrire après moi, j’estime que je n’aurai pas vécu en vain. Vous voulez une Société sans pauvres ? Vous n’aurez qu’une société inhumaine, ou plutôt vous l’avez déjà. L’innocente pauvreté que vous aurez cru détruire reparaîtra sous d’autres formes effrayantes, sous lesquelles vous ne la reconnaîtrez pas. Si un proche avenir me donne bientôt tragiquement raison, que m’importe votre scandale ? Il y a une force cachée dans la pauvreté, comparable à celle que nos savants viennent de libérer dans une matière dont leurs prédécesseurs ne voulaient connaître que l’inertie. La désintégration de la Pauvreté ne vous donnera pas moins de surprises que l’autre.

Le monde moderne : un complot contre l’enfance et contre la pauvreté

« Car le robot, pour le monde moderne, c’est l’homme sauvé. »

Le monde moderne a deux ennemis, l’enfance et la pauvreté. Dans une civilisation technique dont la seule règle est l’efficacité, qu’est-ce que l’enfance, sinon une période inefficace de la vie, et qu’il s’agit de raccourcir le plus possible, ou même de supprimer. Supprimer l’enfance, quelle énorme récupération de travail et d’énergie ! L’enfance ne sert pas à grand-chose et la pauvreté ne sert à rien. Il y a une superstition de la Pauvreté qui paraît d’abord ne tenir qu’une place bien modeste dans l’ensemble du catholicisme, et lorsqu’on y regarde de plus près, on s’aperçoit qu’elle en est comme la charnière. Le premier devoir du monde moderne est de détruire cette superstition et on ne saurait la détruire qu’en supprimant les pauvres, en faisant du pauvre un citoyen comme les autres, que rien ne distinguera des autres, qui ne donne pas ce scandale intolérable de pouvoir vivre sans confort, de paraître ainsi mépriser le confort, ce confort dont l’idée tient dans la société actuelle la place que tenait dans l’autre l’idée de salut, le confort au nom duquel l’État prétend disposer de nos biens, de nos travaux, de nos vies, de nos consciences et faire de nous, au bout du compte, des robots. Car le robot, pour le monde moderne, c’est l’homme sauvé.

Ce que la musique de Kendrick Lamar nous dit de la foi

ANSPressSocietyNews CC BY-ND 2.0

Article publié initialement le 19 novembre 2017 sur Aleteia

L’une des cérémonies musicales les plus importantes outre-Atlantique, les American Music Awards, se déroule ce dimanche 19 novembre. Avec trois nominations (artiste de l’année, meilleur album rap/hip hop et meilleur artiste hip hop), Kendrick Lamar a de grandes chances de briller. L’occasion d’analyser les textes de ce rappeur qui a la foi.

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Jean-Claude Guillebaud : « La foi est un cheminement et un approfondissement critique »

En une : ULF ANDERSEN I Aurimages

Interview publiée initialement le 27 septembre 2017 sur Aleteia

Dans son dernier essai, « La foi qui reste » (éditions L’iconoclaste), Jean-Claude Guillebaud met en garde les chrétiens face aux dangers qui les guettent, tout en rendant un vibrant hommage au message évangélique. Rencontre.

Journaliste, essayiste et éditeur, Jean-Claude Guillebaud a publié en 2007 Comment je suis redevenu chrétien. Dix ans après, le chroniqueur de La Vie fait le bilan dans La foi qui reste (éditions L’iconoclaste). Avec le père de l’Église Augustin d’Hippone, l’écrivain Georges Bernanos et le sociologue et théologien protestant Jacques Ellul, dont il fut l’élève, l’écrivain réfléchit à ce que signifie être chrétien aujourd’hui. Défenseur du pape François, Jean-Claude Guillebaud perçoit deux dangers pour le christianisme aujourd’hui : la défiance grandissante à l’égard du religieux et la « médiocrité des chrétiens », tentés par le repli identitaire. L’essayiste plaide pour l’engagement citoyen des chrétiens, l’ouverture et pour la transmission aux jeunes génération.

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« Sous le soleil de Satan » ou l’affrontement du bien et du mal sur grand écran

Article publié initialement sur Aleteia le 2 septembre 2017

Une :  © Film By Gérard Depardieu & produced by Erato Films, Flach Films, Action Films and Les Films A2.

Affiche du film « Sous le soleil de Satan ».

Le film de Maurice Pialat, sorti en salles il y a 30 ans jour pour jour, pose la question de la lutte du bien contre le mal.

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La Commune de Paris, dernière révolution romantique

Article publié initialement le 14 mars 2016 sur Le Comptoir

Des luddites à la révolte des canuts, le XIXe siècle est le théâtre d’insurrections fréquentes des classes populaires contre la société industrielle naissante et ses conséquences, à savoir le déracinement du prolétariat, la dissolution des solidarités traditionnelles et la mise en place de nouveaux rapports d’exploitation. La Commune de Paris de 1871 est à la fois la dernière de ces révoltes mais aussi, la plus réussie.

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La décroissance rend-elle obsolète le clivage gauche-droite ?

Article publié initialement le 16 septembre 2015 sur le site de la revue Limite

Alors que le clivage gauche-droite semble avoir de moins en moins de sens, aucune autre opposition ne semble prendre le relais. Pourtant, à gauche comme à droite des décroissants se retrouvent sur une idée simple : notre société doit retrouver le sens de l’autolimitation.

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Avec Simone Weil et George Orwell, pour un socialisme vraiment populaire

Article initialement publié le 22 juin 2015 sur Le Comptoir

L’écrivain britannique George Orwell et la philosophe française Simone Weil connaissent tous deux depuis quelques années un regain d’intérêt. Alors que la gauche, notamment la gauche radicale — c’est-à-dire celle qui se donne pour objectif de trouver une alternative au capitalisme —, est en crise idéologique et perd peu à peu les classes populaires, on pense qu’elle aurait tout intérêt à se pencher sur ces deux penseurs révolutionnaires.

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Zemmour, le rebellocrate réac

Texte publié initialement le 18 octobre sur Le Comptoir

Alors qu’Éric Zemmour vient de sortir son nouveau best-seller, Le suicide français, et a provoqué dans la foulée une indignation générale après son passage sur le plateau dOn n’est pas couché, il est temps de revenir une fois pour toutes sur ce personnage faussement subversif.

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Argent [Citations]

« Pour la première fois dans l’histoire du monde les puissances spirituelles ont été toutes ensemble refoulées non point par les puissances matérielles mais par une seule puissance matérielle qui est la puissance de l’argent. […] De là est venue cette immense prostitution du monde moderne. Elle ne vient pas de la luxure. Elle n’en est pas digne. Elle vient de l’argent. Elle vient de cette universelle interchangeabilité. » Charles Péguy (Note conjointe sur M. Descartes et la philosophie cartésienne)

« L’argent, ah ! Maudite engeance, fléau des humains ! » Sophocle (Antigone)

« Si l’argent, comme dit Augier, « vient au monde avec des taches de sang naturelles sur une joue », le capital quant à lui vient au monde dégoulinant de sang et de saleté par tous ses pores, de la tête aux pieds. » Karl Marx (Le Capital)

« Le seul amour de l’argent n’a jamais fait que des maniaques et des obsédés. » Georges Bernanos (Les grands cimetières sous la lune)

« Argent, machisme et algèbre : les trois monstres de la civilisation actuelles. » Simone Weil

« Nous voulons substituer, dans notre pays, la morale à l’égoïsme, la probité à l’honneur, les principes aux usages, les devoirs aux bienséances, l’empire de la raison à la tyrannie de la mode, le mépris du vice au mépris du malheur, la fierté à l’insolence, la grandeur d’âme à la vanité, l’amour de la gloire à l’amour de l’argent, les bonnes gens à la bonne compagnie, le mérite à l’intrigue, le génie au bel esprit, la vérité à l’éclat, le charme du bonheur aux ennuis de la volupté, la grandeur de l’homme à la petitesse des grands, un peuple magnanime, puissant, heureux, à un peuple aimable, frivole et misérable, c’est-à-dire, toutes les vertus et tous les miracles de la République, à tous les vices et à tous les ridicules de la monarchie. »  Maximilien Robespierre (discours)

« Si vous voulez connaître la vraie nature d’un homme, observez comment il se comporte lorsqu’il perd de l’argent » Simone Weil

« Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent. » Jésus (Evangile selon Matthieu)

« N’estime l’argent ni plus ni moins qu’il ne vaut : c’est un bon serviteur et un mauvais maître. » Alexandre Dumas fils (Préface de La Dame aux Camélias)

«  L’argent ne représente qu’une nouvelle forme d’esclavage impersonnel à la place de l’ancien esclavage personnel. » Léon Tolstoï (L’Argent et le travail)

« Ceux qui nous ont prêté de l’argent, ce sont eux qui nous ont colonisés. » Thomas Sankara (Discours)

« L’argent qu’on possède est l’instrument de la liberté, celui qu’on pourchasse est celui de la servitude. » Jean-Jacques Rousseau (Les Confessions)