Archives du mot-clé Kery James

Bakary Sakho : « L’être humain a besoin de garder contact avec ses racines »

Entretien publié le 9 octobre 2015 sur Le Comptoir

En pleine crise du livre, certains courageux osent quand même se lancer dans l’édition. En ce début octobre, le dernier né de la profession, Faces Cachées, publie son premier ouvrage intitulé « Je suis ». Loin de réaliser une autobiographie, l’auteur, Bakary Sakho, essaie de parler des cités quelques dix années après les fameuses émeutes de 2005, à travers son identité de noir, musulman, français et son expérience de militant associatif dans les quartiers populaires du 19earrondissement de Paris. C’est sur son lieu de travail – une loge de gardien dans un immeuble près du métro Crimée, ligne 7 – qu’il nous reçoit, afin de discuter de son livre, et plus largement des “quartiers”. Un entretien qui se déroule dans une ambiance conviviale, entrecoupé d’interventions des habitants de l’immeuble, où le tutoiement s’impose de lui-même, dès les premières secondes de l’échange.

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Lucio Bukowski : « Il ne peut y avoir de changement que par le bas »

Interview initialement publiée sur Le Comptoir le 20 avril 2015 et réalisée avec Ludivine Bénard

Membre du collectif lyonnais L’Animalerie, Lucio Bukowski est un rappeur atypique. Loin des clichés – parfois justifiés – sur le rap, le MC préfère parler dans ses textes de littérature, de poésie et de philosophie, plutôt que d’armes, de « biatch » et de « bicrave », sans pour autant tomber dans le rap conscient. Nous avons profité d’un passage sur Paris où il était accompagné de ses compères Anton Serra et Oster Lapwass, avec lesquels il vient de sortir un album commun, pour le rencontrer. « Accoudé au Comptoir, [il] raconte [sa] vie à une Stella Artois » (enfin, un café, en l’occurrence, il était 9 h du mat’).

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L.E.C.K. : « Vu que je sors du lot aujourd’hui, ça veut dire que j’avais les épaules »

Interview publiée le 25 janvier sur Sound Cultur’ALL

LeckL.E.C.K. appartient à la nouvelle génération qui monte dans le rap game. Après plusieurs featurings remarqués avec Sniper ou La Fouine, c’est par la Booska Tape sortie l’an dernier que le grand public le découvre vraiment. A force de freestyles et d’apparitions, le buzz commence à monter et le rappeur originaire de Vitry devient l’une des valeurs montantes du rap street aux côtés de Niro ou Sadek. Après une première session d’écoute dans les locaux  Believe, votre Impertinent préféré l’a rencontré seconde fois pour recueillir ses impressions à la sortie de son premier album.

Sound Cultur’ALL : Présente-toi !

L.E.C.K. : L.E.C.K. qui vient de « leck » dialecte sénégalais qui veut dire « guerrier ». Plus de 10 ans dans le rap et lyriciste avant tout. Mon premier album vient de sortir.

SC : T’es un mec du 9.4. le fait qu’il existe une grosse école là-bas t’as aidé ?

L : Oui et non, parce que ça veut dire qu’il y a peu de place. Mais, vu que je sors du lot aujourd’hui, Dieu merci, ça veut dire que j’avais les épaules.

SC : Quels artistes t’ont inspiré dans ta vie ?

L : Il y en a pleins, français comme cainris et même du reggae jamaïcains. Je pourrais te citer Jazmine Sullivan, Vybz Kartel, 113, Kery, Lino, Le Rat, … Un peu comme tout le monde en fait.

SC : Le rap ça t’a pris comment ?

L : J’étais jeune, mon grand frère kickait dessus et j’ai pris le flambeau vers 13 ans. C’est dans le sang et c’est tout.

SC : Et d’autres artistes qui t’ont donné envie d’écrire ?

L : C’est vraiment mon frère.

SC : Ton premier album est sorti lundi (n.d.l.r. lundi 14 janvier), tu peux nous en dire plus dessus ?
L : C’est mon premier bébé qui vient de naître. On a peu dormi, mais, on est heureux. C’est un rêve qui se réalise pour moi.

SC : Premier album assez varié niveau thèmes et musicalités …

L : Oui, c’est un melting-pot, une grande peinture multicolore. C’est parfois à des extrêmes différents, mais qui à la limite se rejoignent sur la toile.

SC : On t’a surtout connu avec la Booska Tape l’an dernier ? Ca fait quoi de venir de cette génération ?

L : Au début, t’es obligé d’être affilié à quelque chose. Mais, ce n’est pas forcément la chose que j’aime mettre en avant. Aujourd’hui, j’arrive tout seul avec mes couilles, c’est un autre délire, un autre challenge.

C’est mon premier bébé qui vient de naître. On a peu dormi, mais, on est heureux. C’est un rêve qui se réalise pour moi.
SC : Arriver dans l’industrie du disque à l’heure actuelle, ça ne t’effraie pas un peu ?

: Non. C’est la crise, mais ça fait longtemps que ça dure. On est déjà préparé, on ne s’attend pas à grand-chose. Mais, maintenant, Dieu merci, il y a un très bon démarrage. J’espère que ça va continuer, on va se battre pour.

SC : Et t’écoutes quels artistes actuellement ?

L : Moi (rires) ! Je ne vais pas te mentir, je m’écoute déjà parce qu’il faut que j’apprenne mes textes. Et sinon, je suis ce que fais Kery. Sinon toujours ma petite matrice avec Jazmine Sullivan.

SC : J’imagine donc qu’une tournée arrive ?

L : oui, il y a d’abord un concert qui arrive bientôt, le 22 à la Boule Noire. Il est déjà complet. On va enquiller une autre date derrière, parce qu’on est des « show-man ». Il y a beaucoup de dates dont le 25, je serai à Avignon et le 1er à Toulon. Et, il y en aura d’autres.

SC : T’as rencontré comment tes beatmakers ?

L : C’est mon éditrice qui m’a fait écouter beaucoup d’instrus. Dès que l’un me plaisait, j’écrivais dessus.  Je n’ai pas fait comme les cainris, genre faire 100 000 morceaux et pré-choisir. J’ai choisi en amont.

SC : Sur ton premier album, il y a eu peu de featurings, pourquoi ?

L : C’était voulu. Je le voulais personnel. Et, je suis aussi directeur artistique de mon label, j’ai donc choisi de mettre Mansly en avant, c’est un jeune performeur, un vrai talent brut. Awa Imani, je voulais travailler avec elle depuis longtemps et qui est devenue mon amie. On a donc fait un morceau ensemble, tant mieux.

SC : Et comment s’est passée cette connexion avec Mister V ?

L : Je l’ai rencontré par rapport à mon éditrice qui est aussi sa manageuse. On n’a pas besoin d’aller plus loin. Elle m’a proposé une collaboration, j’ai regardé ses podcasts, j’ai vu qu’il buzzait bien et qu’on est de la même génération. On s’est tapé un délire ensemble.

SC : Il y a peut-être une proximité entre les nouveaux rappeurs et les nouveaux web-humoristes ?

L : C’est exactement ça. Moi, je suis très proche d’Abdelkrim et Ahmed Sylla. Ce sont tous les deux mes potos. C’est la famille. Mister V, c’est aussi devenu un poto. On est de la même génération, on pense pareil, donc c’est normal.

SC : Et t’es arrivé comment chez Believe ?

L : Ce sont eux qui sont venus vers moi. Ils étaient intéressés par moi et tant mieux. Ils m’aident à me développer, le duo fonctionne. Le trio même, vu qu’il y a M6 aussi dans l’affaire.

SC : Un dernier mot pour la fin ?

L : Ce n’est que le début !

 

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