Archives du mot-clé Lino

L’année rap 2015

Edito écrit pour le site Reaphit, publié le 30 décembre 2015

Tandis que tous les puristes de France, de Navarre et d’ailleurs, continueront de crier que le rap c’était mieux avant, je leur retorquerai encore et encore que ce n’est pas si mal aujourd’hui. Car en 2015 encore, il y a eu de quoi faire plaisir à tout le monde, mais encore faut-il s’intéresser vraiment aux sorties. Mais surtout 2015 est peut-être aussi une année de renouvellement tant dans l’Hexagone, qu’outre-Atlantique.

2015 en France, c’est d’abord le retour dans le game de Booba, avec deux albums plus que corrects – quoiqu’inégaux – après le décevant Futur sorti en 2012. C’est également Nekfeu, qui prouve qu’il faudra compter sur lui. Grâce à un renouvellement musical, par rapport à 1995, salutaire et un flow toujours affuté, le premier album du jeune parisien a fait mouche et s’est très bien vendu. Ken devra cependant faire un sérieux effort côté lyrics s’il veut vraiment devenir un grand. Autre confirmation, mais dans un style totalement différent : Vald. Après NQNT (Ni Queue Ni Tête) en 2014, le rappeur originaire d’Aulnay-sous-Bois revient avec NQNT 2. Toujours prêt à casser les codes du hip hop et à proposer des textes de plus en plus absurdes, le MC nous propose une formule rafraichissante.

Mais 2015, c’est d’abord l’année PNL. Débarqués de nulle part, les deux frères du 91 ont conquis la France avec deux albums sortis en quelques mois d’intervalle (Que la famille et Le Monde Chico) et un style musical envoûtant. En outre, en 2015, on a aussi pu dire « aux trentenaires qu’ils peuvent rallumer la radio », comme le scande Lino pour son retour, auquel il faudrait ajouter celui de Rocca. Mais si les deux MC’s n’ont rien perdu de leur technique, force est de reconnaître que nous les avons connu en meilleure forme artistique. Niveau underground, on peut noter que Lucio Bukowski, meilleure plume actuelle du rap français, reste toujours aussi hyperproductif, avec deux albums et trois EP dans l’année, sans jamais sacrifier la qualité.

Outre-Atlantique, l’événement majeur est incontestablement la poursuite de l’ascension de Kendrick Lamar. Trois ans après l’excellent Good Kid, M.A.A.D City, K-Dot confirme avec To Pimp a Butterfly et signe les meilleures prestations de Compton de Dr. Dre, également un des albums de l’année. Autre événement de l’année Joey Bada$$ prouve avec son premier album intitulé B4.DA.$$. que l’avenir s’écrira avec lui. Le New-yorkais nous offre le jour de ses 20 ans un très beau cadeau, avec ce skeud qui nous rappelle les 90’s. Il faut également noter qu’Action Bronson (avec Mr. Wonderful) et d’A$AP Rocky (avec At. Long. Last. ASAP) franchissent aussi brillamment le cap du deuxième album.

PNL, Vald, Kendrick Lamar, ou encore Joey Bada$$ : cette année, une nouvelle génération semble avoir pris le pouvoir des deux côtés de l’Atlantique. Mais il faudra que la tendance perdure en 2016 pour en avoir le cœur net.

Lire le dossier complet de l’équipe Reaphit ici

1 Artiste … 10 Morceaux : Lino

 

Texte initialement publié sur ReapHit, le 19 mai 2014

Résumer Lino en 10 morceaux est une tâche herculéenne… malgré une discographie relativement maigre en apparence, le croco de Brazzaville compte des dizaines d’apparitions éparses, toutes de hautes volées. Rappeur respecté de tous, Lino est très souvent invité sur divers projets. Et qu’on se le dise : un mauvais couplet de la moitié d’Ärsenik, ça n’existe pas. Toujours au top tel un joueur constamment dans le rouge à PES, le passe-temps préféré du MC en Lacoste est d’humilier techniquement les courageux qui osent faire appel à ses services. La conséquence est qu’il est rigoureusement impossible de définir Lino avec 10 sons. Toute sélection ne peut donc être que partielle et subjective. Ce qui suit a pour but de présenter la carrière de l’artiste – dont le prochain album solo est annoncé pour bientôt – avec un parti pris personnel assumé.

Lire la suite ici

L.E.C.K. : « Vu que je sors du lot aujourd’hui, ça veut dire que j’avais les épaules »

Interview publiée le 25 janvier sur Sound Cultur’ALL

LeckL.E.C.K. appartient à la nouvelle génération qui monte dans le rap game. Après plusieurs featurings remarqués avec Sniper ou La Fouine, c’est par la Booska Tape sortie l’an dernier que le grand public le découvre vraiment. A force de freestyles et d’apparitions, le buzz commence à monter et le rappeur originaire de Vitry devient l’une des valeurs montantes du rap street aux côtés de Niro ou Sadek. Après une première session d’écoute dans les locaux  Believe, votre Impertinent préféré l’a rencontré seconde fois pour recueillir ses impressions à la sortie de son premier album.

Sound Cultur’ALL : Présente-toi !

L.E.C.K. : L.E.C.K. qui vient de « leck » dialecte sénégalais qui veut dire « guerrier ». Plus de 10 ans dans le rap et lyriciste avant tout. Mon premier album vient de sortir.

SC : T’es un mec du 9.4. le fait qu’il existe une grosse école là-bas t’as aidé ?

L : Oui et non, parce que ça veut dire qu’il y a peu de place. Mais, vu que je sors du lot aujourd’hui, Dieu merci, ça veut dire que j’avais les épaules.

SC : Quels artistes t’ont inspiré dans ta vie ?

L : Il y en a pleins, français comme cainris et même du reggae jamaïcains. Je pourrais te citer Jazmine Sullivan, Vybz Kartel, 113, Kery, Lino, Le Rat, … Un peu comme tout le monde en fait.

SC : Le rap ça t’a pris comment ?

L : J’étais jeune, mon grand frère kickait dessus et j’ai pris le flambeau vers 13 ans. C’est dans le sang et c’est tout.

SC : Et d’autres artistes qui t’ont donné envie d’écrire ?

L : C’est vraiment mon frère.

SC : Ton premier album est sorti lundi (n.d.l.r. lundi 14 janvier), tu peux nous en dire plus dessus ?
L : C’est mon premier bébé qui vient de naître. On a peu dormi, mais, on est heureux. C’est un rêve qui se réalise pour moi.

SC : Premier album assez varié niveau thèmes et musicalités …

L : Oui, c’est un melting-pot, une grande peinture multicolore. C’est parfois à des extrêmes différents, mais qui à la limite se rejoignent sur la toile.

SC : On t’a surtout connu avec la Booska Tape l’an dernier ? Ca fait quoi de venir de cette génération ?

L : Au début, t’es obligé d’être affilié à quelque chose. Mais, ce n’est pas forcément la chose que j’aime mettre en avant. Aujourd’hui, j’arrive tout seul avec mes couilles, c’est un autre délire, un autre challenge.

C’est mon premier bébé qui vient de naître. On a peu dormi, mais, on est heureux. C’est un rêve qui se réalise pour moi.
SC : Arriver dans l’industrie du disque à l’heure actuelle, ça ne t’effraie pas un peu ?

: Non. C’est la crise, mais ça fait longtemps que ça dure. On est déjà préparé, on ne s’attend pas à grand-chose. Mais, maintenant, Dieu merci, il y a un très bon démarrage. J’espère que ça va continuer, on va se battre pour.

SC : Et t’écoutes quels artistes actuellement ?

L : Moi (rires) ! Je ne vais pas te mentir, je m’écoute déjà parce qu’il faut que j’apprenne mes textes. Et sinon, je suis ce que fais Kery. Sinon toujours ma petite matrice avec Jazmine Sullivan.

SC : J’imagine donc qu’une tournée arrive ?

L : oui, il y a d’abord un concert qui arrive bientôt, le 22 à la Boule Noire. Il est déjà complet. On va enquiller une autre date derrière, parce qu’on est des « show-man ». Il y a beaucoup de dates dont le 25, je serai à Avignon et le 1er à Toulon. Et, il y en aura d’autres.

SC : T’as rencontré comment tes beatmakers ?

L : C’est mon éditrice qui m’a fait écouter beaucoup d’instrus. Dès que l’un me plaisait, j’écrivais dessus.  Je n’ai pas fait comme les cainris, genre faire 100 000 morceaux et pré-choisir. J’ai choisi en amont.

SC : Sur ton premier album, il y a eu peu de featurings, pourquoi ?

L : C’était voulu. Je le voulais personnel. Et, je suis aussi directeur artistique de mon label, j’ai donc choisi de mettre Mansly en avant, c’est un jeune performeur, un vrai talent brut. Awa Imani, je voulais travailler avec elle depuis longtemps et qui est devenue mon amie. On a donc fait un morceau ensemble, tant mieux.

SC : Et comment s’est passée cette connexion avec Mister V ?

L : Je l’ai rencontré par rapport à mon éditrice qui est aussi sa manageuse. On n’a pas besoin d’aller plus loin. Elle m’a proposé une collaboration, j’ai regardé ses podcasts, j’ai vu qu’il buzzait bien et qu’on est de la même génération. On s’est tapé un délire ensemble.

SC : Il y a peut-être une proximité entre les nouveaux rappeurs et les nouveaux web-humoristes ?

L : C’est exactement ça. Moi, je suis très proche d’Abdelkrim et Ahmed Sylla. Ce sont tous les deux mes potos. C’est la famille. Mister V, c’est aussi devenu un poto. On est de la même génération, on pense pareil, donc c’est normal.

SC : Et t’es arrivé comment chez Believe ?

L : Ce sont eux qui sont venus vers moi. Ils étaient intéressés par moi et tant mieux. Ils m’aident à me développer, le duo fonctionne. Le trio même, vu qu’il y a M6 aussi dans l’affaire.

SC : Un dernier mot pour la fin ?

L : Ce n’est que le début !

 

Lire la suite ici