Archives du mot-clé littérature

George Orwell, professeur d’écriture

« Ce qui me pousse au travail, c’est le sentiment d’une injustice, et l’idée qu’il faut prendre parti. […] J’écris ce livre parce qu’il y a un mensonge à dénoncer, un fait sur lequel je veux attirer l’attention et mon souci premier est de me faire entendre », explique George Orwell dans Pourquoi j’écris (Why I Write, 1946), important essai, notamment disponible dans Dans le ventre de la baleine et autres essais (Editions Ivrea, Editions de l’Encyclopédie des Nuisances, trad. Anne Krief, Michel Pétris, Jaime Semprun). Pour l’Anglais, quatre raisons poussent un écrivain à prendre la plume. Selon lui, elles « existent à divers degrés chez tout écrivain et dont les proportions peuvent varier dans le temps chez un même écrivain, en fonction de son environnement. » Ces raisons sont :

« I. Le pur égoïsme. Désir de paraître intelligent, d’être quelqu’un dont on parle, de laisser une trace après sa mort, de prendre une revanche sur les adultes qui vous ont regardé de haut quand vous étiez enfant, etc. […]
II. L’enthousiasme esthétique. La perception de la beauté d’un monde extérieur, ou, par ailleurs, de celles des mots et de leur agencement. Le plaisir pris aux rencontres des sonorités à la densité d’une bonne prose ou au rythme d’un bon récit. [..]
III. L’inspiration historienne. Désir de voir les choses telles qu’elles sont, de découvrir la vérité des faits et de la consigner à l’usage des générations futures.
IV. La visée politique – le mot politique étant pris dans son acception la plus large. Désir de faire avancer le monde dans une certaine direction, de modifier l’idée que se font les autres du type de société pour laquelle il vaut la peine de se battre. » 

Orwell ajoute aussi que « les écrivains dignes de ce nom […] sont dans leur ensemble plus vaniteux et égocentriques que les journalistes, quoique moins intéressés par l’argent. » Enfin, il entendait faire de l’écriture politique un art. Quelques années plus tard, dans La Politique et la langue anglaise (1946), disponible dans Tels, tels étaient nos plaisirs et autres essais (Editions Ivrea, Editions de l’Encyclopédie des Nuisances), il livre ses six conseils :

« 1. N’utilisez jamais une métaphore, une comparaison ou toute autre figure de style que vous avez coutume de lire.
2. N’utilisez jamais un long mot si un autre, plus court, ferait l’affaire.
3. S’il est possible de couper un mot, n’hésitez jamais à le faire.
4. N’utilisez jamais la voix passive si vous pouvez utiliser le mode actif.
5. N’utilisez jamais une phrase étrangère, un terme scientifique ou spécialisé si vous pouvez leur trouver un mot équivalent dans la langue de tous les jours.
6. Enfreignez les règles ci-dessus plutôt que de commettre d’évidents barbarismes. »

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Comment raconter notre époque monstrueuse ? Sophie Divry et Denis Michelis

Sophie Divry est écrivain, autrice de plusieurs romans. Son dernier, Trois fois la fin du monde vient de sortir chez Notabilia. Denis Michelis est écrivain, auteur de deux romans. Le dernier, Le Bon fils est sorti chez Notabilia en 2016. Ils sont tous les deux co-auteurs avec Aurelien Delseaux d’une tribune publiée dans Le Monde, le 3 novembre dernier, juste avant la semaine où ont été remis les prix Femina, Médicis, Renaudot et Goncourt. Intitulée « Pour dire notre époque monstrueuse, il faut des romans monstrueux » et signée par une quinzaine de jeunes écrivains, elle dénonce une standardisation de la littérature contemporaine. Les écrivains critiquent la placent prises l’auto-fiction et le roman historique. Ils réclament plus de vrais récits, mais aussi un retour du style et un changement dans la remise des prix politiques.

Benoît Duteutre : « Il y a une contradiction fondamentale entre le néolibéralisme et certaines valeurs qu’il prétend défendre »

Interview publiée le 17 décembre 2018 sur Le Média presse

Romancier et essayiste, Benoît Duteurtre est l’auteur de près d’une trentaine d’ouvrages. Il est lauréat de plusieurs prix, dont le Médicis et celui de la nouvelle de l’Académie française. L’écrivain vient de publier cette rentrée En Marche ! Conte philosophique. Nous l’avons rencontré chez lui pour discuter de ce roman.

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Joseph Andras : « Je ne connais pas de cloison étanche qui séparerait littérature “engagée” et “désengagée” »

Entretien initialement publié le 2 novembre 2018 sur Le Média presse

Écrivain talentueux qui se plaît à rester en marge de l’intelligentsia, ainsi que des prix et des honneurs, Joseph Andras a publié cette rentrée son troisième livre, Kanaky (Actes Sud). Nous nous sommes entretenus avec lui sur cet OVNI littéraire, entre le portrait et le carnet de voyage en Nouvelle-Calédonie, à quelques jours du référendum sur l’indépendance de l’archipel situé dans l’Océan Pacifique.

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Anne Hansen : « J’ai voulu parler des gens ordinaires lorsqu’ils avancent au milieu des cadavres »

Entretien initialement publié sur Le Média presse le 22 octobre 2018

Anne Hansen est écrivain. Elle vient de publier aux éditions du Rocher, son premier roman, Massacre, une satire sociale révélant l’absurdité des cadres supérieurs vivant au cœur des métropoles.

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Adeline Baldacchino : « Il faut réhabiliter la capacité à parler du monde en poète »

Entretien publié initialement le 4 avril 2018 sur Le Comptoir avec Galaad Wilgos.

Adeline Baldacchino mène une double vie : magistrate à la Cour des comptes, elle est également poétesse à sensibilité libertaire. Elle est aussi également auteure de plusieurs essais, dont un sur le philosophe Michel Onfray, dont elle est proche (« Michel Onfray ou l’Intuition du monde », Le Passeur, 2016), et un « réquisitoire positif », contre l’Ena, dont elle est diplômée en 2009, intitulé « La Ferme des énarques » (Michalon 2015). Nous avons décidé de la rencontrer pour discuter de littérature et de poésie, alors qu’elle vient de publier son premier roman, « Celui qui disait non » chez Fayard.

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Louis Calaferte, écrivain populaire et anarchiste chrétien

Article publié initialement le 27 octobre 2015 sur Le Comptoir

Écrivain issu du peuple, Louis Calaferte avait la volonté de dévoiler ce monde. Il a laissé derrière lui une œuvre riche, réaliste et splendide. Nous avons décidé de revenir sur la vie de cet anarchiste épris de mystique.

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