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Loréa : « Je garde bon espoir pour la relève du rap »

Article publié dans Sound Cultur’ALL le 24 juillet 2013

loreaPas assez connue du grand public, Loréa n’est pas pour autant une débutante dans le rap game. C’est dans les années 1990 qu’elle effectue ses grands débuts dans le groupe 1 Bario 5 S’pryaux côtés de Sëar Lui-Même, avec notamment une performance  remarquable et remarquée surDétournement de son de Fabe. Puis au début des années 2000, la rappeuse se retire pour réapparaître en 2008 avec un nouvel EP. Cette année, c’est son premier album qui devrait voir le jour, un excellent prétexte pour la rencontrer.

Sound Cultur’ALL : Salut Loréa, d’abord présente toi !

Loréa : Je suis une rappeuse de 35 ans qui rappe depuis qu’elle en a 15. Le temps passe vite, me voilà avec déjà 20 ans d’expérience depuis mes débuts avec le groupe 1 Bario 5 S’pry.

SC : Le rap, t’as commencé comment ? Quels artistes t’ont inspirée ?

L : Depuis toute petite je suis fan de musique, j’écoutais, entre autres, beaucoup de funk dans les années 80. Puis tout a basculé quand j’ai vu le filmBreak Street 84, vers l’âge de 6 ans et que j’ai un rencontré un animateur durant une colo qui m’a fait découvrir les premiers albums de Jungle Brothers et De La Soul. Là, j’étais emballée ! Il y a eu ensuite les émissions de Sidney, H.I.P.H.O.P., à la télé que je ne ratais jamais.

SC : Au départ, on t’a découverte avec 1 Bario 5 S’pry qui commençait à avoir du buzz dans les années 1990 : comment l’aventure s’est terminée ?

L : C’était une aventure formidable avec 1 Bario, aussi bien humainement qu’artistiquement. On était en plein âge d’or du rap français, et faire partie de ses acteurs était, avec le recul, une véritable aubaine. Le groupe faisait de plus en plus parler de lui mais, vers les années 99-2000, un mal-être commençait à se faire sentir entre nous. J’ai pensé qu’il était temps que l’on se sépare, et j’ai préféré quitter le groupe.

SC : T’avais ensuite disparu du rap, qu’est-ce qui t’a motivée à reprendre ?

L : Il était clair que je n’avais plus envie de faire du rap et j’ai d’ailleurs refusé beaucoup de projets que l’on continuait à me proposer. Jusqu’au jour où j’ai rencontré un MC qui travaillait sur une compilation et qui voulait à tout prix que j’en fasse partie, et finalement il a réussi à me convaincre ! Il faut dire qu’il s’agissait de faire un duo reggae/hip hop, ce qui me séduisait beaucoup. J’ai d’ailleurs fait une collaboration avec l’artiste reggae Yaniss Odua sur ce projet. Après avoir fait ce titre pour cette compil, je n’ai plus voulu m’arrêter ! « Chasse le naturel, il revient au galop ! »

SC : T’as un projet de prévu avec Logilo : ça en est où ?

L : J’ai rencontré Logilo à l’époque d’1 Bario. C’est sur sa mixtape, Logilo Vol. 3, que nous avions fait paraître notre tout premier titre, La vie à 2 vitesses, en 1996. Puis Logilo a participé à l’aventure 1 Bario en collaborant régulièrement avec nous. Aussi lorsque j’ai décidé de reprendre le rap en solo, il m’est paru naturel de le recontacter pour qu’il me « coache » artistiquement. En effet, il m’a aidée dans mes démarches pour sortir mon maxi, j’veux des hits, qu’il a d’ailleurs mixé et masterisé.

Depuis que je travaille sur mon album, je fais régulièrement des allers-retours à Toulouse, au studio de Logilo, pour enregistrer et travailler sur les titres. Bien que sur ce projet je ne rappe pas sur ses prods (mais c’est prévu pour la suite), je lui ai confié la réalisation de mon album ainsi que le mixage et le mastering.

SC : Des invités prévus ?

L : Sur l’album qui s’intitulera Joue avec les lettres, on retrouvera Kohndo, Dany Dan, Tairo, Enz, ainsi que Koma, 2spee Gonzales et Babali (d’Ursa Major), AKI, Dadddy Keus (un MC de Bordeaux), etSofiane (du Remède) sur un freestyle.

SC : Ce n’est pas stressant de revenir après une aussi longue disparition ?

L : Ce qui est surtout stressant c’est le temps qui passe… vite ! Je prends beaucoup de temps à peaufiner mes morceaux, travailler mon projet, et les aléas de la vie font que cela fait déjà 5 ans que je suis sur ce projet d’album. C’est long et usant et maintenant qu’il est prêt, j’ai hâte de le sortir ! Il y a aussi le contexte artistique et économique de la musique qui a évolué depuis mes débuts dans la musique mais j’ai pu me rendre compte avec la sortie du maxi j’veux des hits, en 2008, que le public me soutenait toujours et il m’encourage à sortir cet album.

SC : Quelle vision tu portes sur l’évolution du rap depuis les années 2000 ?

L : Artistiquement je suis restée un peu bloquée sur les années 90. J’ai moins d’engouement pour ce qui sort depuis. Je ne m’intéresse pas au rap commercial et variété que l’on entend sur les ondes, et je n’ai pas été touchée par la mouvance crunk et dirty. Je suis une ancienne quoi ! (rires). Malgré tout je trouve qu’il y a de très bons rappeurs avec des textes appliqués et des rimes techniques qui me font plaisirs quand je les écoute, je garde bon espoir pour la relève du rap … J’anime aussi depuis plusieurs années un atelier d’écriture rap, à La Maison du HipHop à Paris où il y a des jeunes très talentueux !

SC : Et le rap féminin ?

L : Des rappeuses il y en a, mais elles sont encore trop peu nombreuses à réussir à se faire connaitre. Quelques nouvelles arrivent à se démarquer comme Ladéa ou Pand’Or, mais comparé au nombre d’hommes dans le milieu, ça n’est pas suffisant. Et encore faut-il qu’elles parviennent à durer dans le temps comme l’a réussi Casey.

SC : Un mot pour finir ?

L : Après le clip L.O.R.E.A. que j’ai sorti en mai, je balancerai un prochain clip en septembre dont le thème sera bien d’actualité pour toutes les personnes qui galèrent au taf et sont touchées par la crise !

Et je remercie toutes les personnes qui me suivent et me soutiennent dans mon art, je compte sur vous pour écouter l’album qui sortira en octobre et venir me voir en concert !

 

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Sëar Lui-Même – Big Punchliner [Chronique]

Texte publié le 20 décembre 2012 sur Sound Cultur’ALL

SearSëar Lui-Même fait partie de ces MC’s qu’on attendaient en cette fin d’année. Doté d’une très bonne technique, le rappeur de L’Or Noir a su se faire particulièrement remarqué ces derniers mois. Pourtant, l’artiste n’est pas un nouveau dans le game. Après plusieurs freestyles sur diverses mixtapes, sa première  grande apparition se fait avec son groupe 1 Bario5 S’pry (qu’il formait avec Loréa) sur le morceau Exercice de Style extrait de Détournement de Son de Fabe, en 1998. Rebelote toujours avec Befa sur le ceau-mor C’est pas Parce que(produit par le regretté DJ Mehdi) sur La Rage de Dire. S’en suit un passage en duo avec F-dy Phenomen sur la compilation Première Classe vol.2, en 2001. Puis, vient le premier maxi solo Sëar Lui-Même/Y’a rien sans rien. Mais le succès n’est pas encore au rendez-vous. Cependant à force de freestyles, d’apparitions ou de scènes, Sëar commence à se faire un nom dans le milieu du rap. Voilà pourquoi, on attendait impatiemment cet opus.

Le disque commence avec le premier extrait éponyme, le bien nommé Big Punchliner. La recette est simple et efficace : un égotrip de 2 minutes et 41 secondes, flow rapide et punchines en pagailles. L’album démarre sous les meilleurs augures. On enchaîne avec Pour mes gars d’Paris qui met aussi en avant les talents de punchliner du MC. Puis, on a droit à un titre engagé : Droit d’Asile. Premiers invité de l’album : Neka, Furax (Inglourious Bastardz), Wojtek et Wira (les Zakariens) sur le très sombreEclipse Lunaire. L’artiste s’essaie ensuite au story telling avec Leçon de Piano où il nous narre l’itinéraire d’un virtuose du piano intello et timide… Je vous laisse découvrir. Mention spéciale pour le refrain chantonné par des enfants. On arrive après à deux featurings d’Amnesty. D’abord sur Attentat, un nouveau story telling dont on devine aisément le thème. Puis sur Présidents réquisitoire à l’encontre de notre Sarkonational et Christoph Blocher ex-Président du Conseil Fédéral suisse. Un titre peut-être un peu manichéen sur certains côté, mais pas moins intéressant pour autant montrant clairement les dérives de nos gouvernants. On a encore droit à une prestation d’Amnesty, mais, cette fois avec Koma (Scred Connexion) en bonus sur la Paix. Puis notre grand punchliner nous sort une suite à son titre éponyme :Big Punchliner 2. Le skeud se conclue avec brio par l’intermédiaire du titre Ecoutes (en Bonus Track) avec des couplets tous aussi bons les uns que les autres de Nekfeu, ADS, Gaiden et Kaot’F.

Excellent flow, punchlines de malade, une excellente écriture, une vraie capacité à aborder différents thèmes, de très bons invités, une ambiance boom-bap entrainante (parfaitement orchestrée par Flev),… Bref, Sëar Lui-Même fait plus que le boulot, plus notre plus grand plaisir.

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