Archives du mot-clé Manuel Valls

Farida Amrani et Ulysse Rabaté : Deux insoumis en lutte

Article publié initialement le 22 novembre 2018 sur Le Média presse

Ce dimanche 18 novembre, Farida Amrani est arrivée deuxième au premier tour de l’élection législative d’Évry, précipitée par le départ de Manuel Valls à Barcelone. Un second tour difficile l’attend face à Francis Chouat, ancien bras droit de l’ex-Premier ministre, ce 25 novembre.

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L’hiver social du Printemps républicain

Article publié initialement le 21 mars 2016 sur Le Comptoir

Après la publication, il y a une dizaine de jours, d’un manifeste rédigé par le politologue Laurent Bouvet, qui a eu un retentissement médiatique à la hauteur des signataires – Élisabeth Badinter, Fleur Pellerin, Anne Sinclair, Stéphane de Groodt ou encore Gilles Clavreul –, le Printemps républicain s’est officiellement lancé hier après-midi, à la Bellevilloise. Nous en profitons pour leur adresser une lettre ouverte expliquant nos désaccords.

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Jean-Claude Michéa au Comptoir

Socialiste libertaire, communautarien et décroissant, qui n’hésite pas à tacler la gauche ou la religion du progrès, Jean-Claude Michéa n’est pas de ceux qui se laissent facilement enfermer dans une case. Une originalité qui lui a valu de nombreuses attaques de son propre camp – Frédéric Lordon, Philippe Corcuff, Serge Halimi, Luc Boltanski, Isabelle Garo et Jean-Loup Amselle, pour ne citer que les plus connus. Pourtant, depuis plus de vingt ans, le Montpelliérain s’échine à mener une critique radicale et originale du libéralisme et à réhabiliter les classes populaires et leurs pratiques – comme le football –, ignorées et méprisées par les politiques de droite comme de gauche. Nous devons en partie au philosophe la popularisation récente de l’écrivain George Orwell, ainsi que l’introduction en France de la pensée du sociologue et historien américain Christopher Lasch. Notre admiration pour ce « penseur vraiment critique », comme le qualifient les éditions L’Échappée, n’est un secret pour personne. Voilà pourquoi nous avons souhaité lui soumettre quelques questions. Vu la densité de ses réponses, nous avons décidé de les publier en deux fois.

 

Encart 1 : Michéa, Orwell et la common decency

Parmi les nombreux intellectuels régulièrement cités par Michéa – Debord, Castoriadis, Pasolini, Lasch, Marx, Proudhon, Rosa Luxemburg, etc. –, Orwell un occupe une place toute particulière. Michéa lui a consacré deux livres (Orwell, anarchiste tory, Climats, 1995 ; Orwell éducateur, Climats,‎ 2003). Farouchement socialiste, démocrate, antitotalitaire, critique de l’intelligentsia progressiste et amoureux des “gens ordinaires”, l’Anglais ne pouvait que séduire le Montpelliérain. C’est d’ailleurs en référence à Orwell que Michéa se décrit parfois de manière provocatrice comme “anarchiste conservateur” (ou “anarchiste tory”).

Il ne faut cependant pas se tromper sur cette expression, qui représente d’abord une boutade d’Orwell. À la suite du belge Simon Leys, Michéa note qu’elle ne représente pas une position philosophique, mais « constituerait la meilleure définition du “tempérament politique” de George Orwell » (Le Complexe d’Orphée, Climats, 2011). Pour lui, l’anarchisme tory naît de l’articulation du « sentiment légitime qu’il existe, dans les sociétés plurimillénaire des sociétés humaines, un certain nombre d’acquis essentiels à préserver », avec « un sens aigu de l’autonomie individuelle (ou collective) et avec une méfiance a priori envers toutes les relations de pouvoir (à commencer, si possible, par celles que l’on serait tenté d’exercer soi-même) ».

L’autre notion essentielle qu’il emprunte au Britannique est celle de common decency. Selon lui, c’est sur ce concept – souvent attaqué, notamment par Lordon, pour son manque de rigueur –, que doit s’appuyer tout socialiste, afin de sortir de l’alternative entre contrôle de la société par l’État ou par le Marché. Dans Impasse Adam Smith (Climats, 2002), il écrit qu’« il s’agit, d’un sentiment intuitif (Orwell dit parfois “émotionnel) des « choses qui ne doivent pas se faire », non seulement si l’on veut rester digne de sa propre humanité – on songe ici aux portraits de militants anarchistes dans Hommage à la Catalogne – mais, plus simplement, et peut-être surtout, si l’on cherche à maintenir les conditions d’une existence quotidienne véritablement commune. » Il faut également relever que le philosophe Bruce Bégout a consacré un excellent livre au sujet (De la décence ordinaire. Court essai sur une idée fondamentale de la pensée politique de George Orwell, Allia, 2008).

 

Encart 2 : Michéa, le libéralisme et la gauche

La thèse de Michéa sur le libéralisme est la plus originale et celle qui lui vaut le plus de critiques. Dans La double pensée (Climats, 2008), il écrit : « La philosophie libérale s’est toujours présentée d’une pensée double, ou, si l’on préfère, d’un tableau à double entrée : d’une part un libéralisme politique et culturel (celui, par exemple, d’un Benjamin Constant, ou d’un John Stuart Mill) et, de l’autre, un libéralisme économique (celui, par exemple, d’un Adam Smith ou d’un Frédéric Bastiat). C’est deux libéralismes constituent, en réalité, les deux versions parallèles et (ce qui est le plus important) complémentaires d’une même logique intellectuel et historique. » Ce passage mérite sûrement un petit éclaircissement.

Le libéralisme politique se fonde sur l’idée que chacun devrait pouvoir vivre ”comme il l’entend” sous la seule réserve qu’il ne “nuise pas à autrui”. De ce point de vue, il est déjà inséparable du libéralisme culturel, puisque dans chacun doit être entièrement libre de choisir le mode d’existence qui lui convient. Cette logique conduit donc inévitablement à la « désagrégation de l’humanité en monades, dont chacune a un principe de vie particulier et une fin particulière » et « l’atomisation du monde » selon les mots d’Engels, qui par définition sont incompatibles avec les exigences d’une vie réellement collective. Les défenseurs de ce libéralismes se retrouvent donc confrontés à l’obligation philosophique de chercher ailleurs que dans la sphère du droit abstrait un principe d’entente minimale qui, seul, pourra éviter aux individus, que le libéralisme culturel ne conduise mécaniquement à isoler les uns des autres et débouche au retour, sous une forme inédite, de la vieille “guerre de tous contre tous” par la judiciarisation des rapports humains. Il n’existe alors qu’une seule solution : adopter le langage commercial (« Dès qu’il s’agit d’argent, tout le monde est de la même religion » dixit Voltaire). Au final, l’échange marchand (le « doux commerce » de Montesquieu) finit par apparaître, comme le seul fondement anthropologique possible d’une société qui, au départ, se proposait seulement de protéger les libertés individuelles et la paix civile.

Le libéralisme représente alors « l’idéologie moderne par excellence » (L’Empire du moindre, Climats, 2007) et est inséparable du progressisme, c’est-à-dire de l’illusion d’un progrès linéaire et infini faisant table rase passé. Ce n’est cependant qu’après Mai-68 que les deux faces du libéralisme ont pu à nouveau se rencontrer. C’est ce que le philosophe communiste Michel Clouscard a nommé le « libéralisme libertaire » – il faut cependant noter que ce libertarisme petit bourgeois n’a aucun rapport avec le libertarisme socialiste d’un Proudhon, d’un Bakounine ou d’un Kropotkine – ou que Boltanski, pourtant ennemi déclaré de Michéa, a nommé le « nouvel esprit du capitalisme ».

Michéa considère « que les idéaux bourgeois libéraux ont triomphé du socialisme en le phagocytant » et déplore que ce dernier « ait accepté les thèses du libéralisme politique ». Le nœud de l’histoire se joue selon lui durant l’Affaire Dreyfus, moment où les socialistes ont été contraints de s’allier avec la gauche républicaine et libérale pour empêcher la droite (camp de la réaction, du monarchisme et du bonapartisme) d’accéder au pouvoir. Petit à petit, gauche et socialisme se sont confondus. Si un certain équilibre a longtemps perduré, il note dans Les Mystères de la gauche (Climats,‎ 2013) que la gauche depuis trente ans « ne signifie plus que la seule aptitude à devancer fièrement tous les mouvements qui travaillent la société capitaliste moderne, qu’ils soient ou non conformes à l’intérêt du peuple, ou même au simple bon sens ».

 

La gauche n’arrive plus à penser la violence sociale

Article publié sur Slate le 9 octobre 2015

La gauche au pouvoir, qui a choisi le parti de la chemise déchirée du DRH d’Air France au détriment des 2.900 travailleurs menacés de licenciements, semble désormais victime d’une incapacité nouvelle: celle de penser la violence politique dans notre société sociale-démocratisée.

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Départementales : le retour de l’épouvantail FN

Article initialement publié le 26 mars 2015 sur Le Comptoir

Comme prévu, le Front national a confirmé, au premier tour des élections départementales qui se sont déroulées le week end dernier, sa percée électorale, en obtenant plus de 24 % des suffrages exprimés. Comme nous pouvions également le prévoir, consternation, indignation et refus de la réalité se sont succédé, et le Premier ministre Manuel Valls s’est empressé d’appeler au « vote républicain » pour le second tour afin de masquer la déroute électorale de son parti, qu’il refuse d’admettre. C’est l’occasion de revenir sur la question du Front national qui, loin d’être une menace pour le système politique, est d’abord un épouvantail bien commode et ainsi l’idiot utile de ce système. 
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L’Europe proche de la spirale déflationniste

Article publié initialement dans le 13 août 2014 dans l’Humanité

Les chiffres de la croissance du deuxième trimestre en France et dans l’ensemble de la zone euro, qui seront connus demain, confirmeront certainement la faiblesse de l’activité économique européenne et ne devraient pas éloigner les inquiétudes sur un possible risque déflationniste.

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Kropotkine et le communalisme

Le gouvernement « socialiste » (ou plutôt social-libéral, voire « sociétal-libéral ») a décidément tout faux. Pas encore remis de la double raclée des Municipales et des Européennes, Manuel Valls et François Hollande décident de ne rien changer à leur politique et continuent leur course frénétique vers le libéralisme mondialisé, qui détruit les structures de vie collective de la société et jette le peuple dans les mains du « national-populisme » (et du FN). Au menu cette fois : la réforme territoriale. S’il est évident que celle-ci doit avoir lieu, tant notre pays est un mille-feuille administratif et bureaucrate incompréhensible et si la décentralisation n’est pas mauvaise en soi (car elle peut permettre de ramener le politique plus proche des citoyens), les solutions envisagées risquent d’empirer la situation. Au triptyque républicain communes/départements/Etat, le PS veut substituer une forme de néo-féodalisme capitaliste dominé par les métropoles, les hyper-régions (sans cohésion culturelles) et l’Union européenne déjà en place. Il faut ajouter à cela un déni démocratique, car aucun débat n’a lieu sur la question et le premier ministre a écarté l’idée du référendum.

Tandis que la refonte des régions est largement analysée et critiquée, le projet d’intercommunalité est souvent mis de côté. C’est sous-estimer le rôle de la Commune. Celle-ci est le premier stade d’exercice d’une démocratie véritable (s’exerçant par le bas). Pour que les citoyens soient incités à l’action politique, il faut qu’ils se reconnaissent dans leur environnement et aient envie de participer activement à la vie de la Cité (Polis en grec). Les communes sont donc le premier lieu de révolte sociale (comme le montrent la Commune de Paris de 1871, la révolte de Kronstadt en 1921 en URSS ou la révolte espagnole de 1936). C’est une chose qu’avait bien compris le géographe russe Piotr Kropotkine, théoricien de l’anarcho-communisme(ou du communisme libertaire) et communaliste. Le texte qui suit est extrait d’un de ses articles intitulé La Commune publié en 1881 dans Le Révolté, journal qu’il a fondé, et ensuite publié dans un recueil regroupant plusieurs de ses meilleurs textes et intitulé Paroles d’un révolté (1895).

Quand nous disons que la révolution sociale doit se faire par l’affranchissement des communes, et que ce sont les communes, absolument indépendantes, affranchies de la tutelle de l’Etat, qui pourront seules nous donner le milieu nécessaire à la révolution et le moyen de l’accomplir, on nous reproche de vouloir rappeler à la vie une forme de la société qui s’est déjà survécue, qui a fait son temps.  « Mais, la Commune – nous dit-on – est un fait d’autrefois ! En cherchant à détruire l’Etat et à mettre à sa place les communes libres, vous tournez vos regards vers le passé : vous voulez ramener en plein Moyen Âge, rallumer les guerres antiques entre elles, et détruire les unités nationales, si péniblement conquises dans le cours de l’histoire ! » (…) Constatons d’abord que cette comparaison avec le passé n’a qu’une valeur relative. Si, en effet, la Commune voulue par nous n’était réellement qu’un retour vers la Commune du Moyen Âge, ne faudrait-il pas reconnaître que la Commune, aujourd’hui, ne peut revêtir les formes qu’elle prenait il y a sept siècles ? Or, n’est-il pas évident que, s’établissant de nos jours, dans notre siècle de chemins de fer et de télégraphes, de science cosmopolite et de recherche de la vérité pure, la Commune aurait eu une organisation si différente de celle qu’elle a eu au douzième siècle, que nous serions en présence d’un fait absolument nouveau, placé dans des conditions nouvelles et qui nécessairement amènerait des conséquences absolument différentes ?

[…]

En s’affranchissant du seigneur, la Commune du Moyen Âge ne s’affranchissait-elle aussi de ces riches bourgeois, qui, par la vente des marchandises et des capitaux, s’étaient conquis des richesses privées au sein de la cité ? Point du tout ! Après avoir démoli les tours de son seigneur, l’habitant de la ville vit bientôt se dresser, dans la Commune même, des citadelles de riches marchands cherchant à le subjuguer, et l’histoire intérieure des communes du Moyen Âge est celle d’une lutte acharnée entre les riches et les pauvres, lutte qui nécessairement finit par l’intervention du roi. L’aristocratie se développant de plus en plus au sein même de la Commune, le peuple, retombé vis-à-vis du riche seigneur de la ville haute dans la servitude qu’il subissait déjà de la part du seigneur du dehors, comprit qu’il n’avait plus rien à défendre dans la Commune ; il déserta les remparts qu’il avait dressés, et qui, par l’effet du régime individualiste, étaient devenus les boulevards d’un nouveau servage. N’ayant rien à perdre, il laissa les riches marchands se défendre eux-mêmes, et ceux-ci furent vaincus : efféminés par le luxe et les vices, sans soutien dans le peuple, ils durent bientôt céder aux sommations des hérauts du roi et leur remirent les clefs de leurs cités. En d’autres communes, ce furent les riches eux-mêmes qui ouvrirent les portes de leurs villes aux armées impériales, royales ou ducales, pour fuir la vengeance populaire, prête à tomber sur eux.

«Elle ne sera pas uniquement communaliste, elle sera communiste ; révolutionnaire en politique, elle le sera aussi dans les questions de production et d’échange »

Mais la première préoccupation de la Commune du dix-neuvième siècle ne sera-t-elle pas de mettre fin à ces inégalités sociales ? De s’emparer de tout le capital social accumulé dans son sein et de le mettre à la disposition de ceux qui veulent s’en servir pour produire et pour augmenter le bien-être général ? Son premier soin ne sera-t-il pas de briser la force du capital et de rendre à jamais impossible la création de l’aristocratie qui causa la chute des Communes du Moyen Âge ? Ira-t-elle prendre pour alliés l’évêque et le moine ? Enfin, imitera-t-elle des ancêtres qui ne cherchaient dans la Commune que la création d’un État dans l’État ? qui, abolissant le pouvoir du seigneur et du roi, ne savaient faire mieux que de reconstituer, jusque dans ses minimes détails, toujours le même pouvoir, oubliant que ce pouvoir, pour être limité par les murs de la ville, n’en conserverait pas moins tous les vices de son modèle ? Les prolétaires de notre siècle imiteront-ils ces Florentins qui, tout en abolissant les titres de noblesse ou en les faisant porter comme une flétrissure, laissaient naître une nouvelle aristocratie, celle de la grosse bourse ? Feront-ils enfin comme ces artisans qui, arrivés à l’Hôtel-de-ville, imitaient dévotement leurs devanciers, et reconstituaient toute cette échelle de pouvoirs qu’ils venaient de renverser ? Changeront-ils seulement les hommes, sans toucher aux institutions ?

Certainement non. La Commune du dix-neuvième siècle, forte de son expérience, fera mieux. Elle sera commune autrement que par le nom. Elle ne sera pas uniquement communaliste, elle sera communiste ; révolutionnaire en politique, elle le sera aussi dans les questions de production et d’échange. Elle ne supprimera pas l’État pour le reconstituer, et bien des communes sauront prêcher d’exemple, en abolissant le gouvernement de procuration, en se gardant de confier leur souveraineté aux hasards du scrutin.

[…]

Maintenant, quelle différence ! La Commune de Paris victorieuse se serait-elle bornée à donner des institutions municipales plus ou moins libres ? Le prolétariat parisien brisant ses chaînes, c’eut été la révolution sociale dans Paris d’abord, puis dans les communes rurales. La Commune de Paris, lors-même qu’elle soutenait la lutte à son corps défendant, a néanmoins dit au paysan : Prends ta terre, toute la terre! Elle ne se serait pas bornée à des paroles, et l’eût-il fallu, ses vaillants fils seraient allés en armes dans les villages lointains aider le paysan à faire sa révolution : chasser les accapareurs du sol, et s’en emparer pour la rendre à tous ceux qui veulent et qui savent en tirer les moissons. La Commune du Moyen Âge cherchait à se circonscrire dans ses murs ; celle du XIXe siècle cherche à s’étendre, à s’universaliser.

[…]

« Aujourd’hui déjà les sociétés libres commencent à couvrir tout l’immense champ de l’activité humaine »

Pour le bourgeois du Moyen Âge, la Commune était un Etat isolé, nettement séparé des autres par ses frontières. Pour nous, « Commune » n’est plus une agglomération territoriale ; c’est plutôt un nom générique, un synonyme de groupements d’égaux, ne connaissant ni frontières ni murailles. La Commune sociale cessera bien vite d’être un tout nettement défini. Chaque groupe de la Commune sera nécessairement attiré vers d’autres groupes similaires des autres communes ; il se groupera, se fédérera avec eux par des liens au moins aussi solides que ceux qui le rattachent à ses concitadins, constituera une commune d’intérêts dont les membres sont disséminés dans mille cités et villages. Tel individu ne trouvera la satisfaction de ses besoins qu’en se groupant avec d’autres individus ayant les mêmes goûts et habitant cent autres communes. Aujourd’hui déjà les sociétés libres commencent à couvrir tout l’immense champ de l’activité humaine.

[…]

Cette tendance prenant son libre essor, et trouvant un nouveau champ immense d’application, servira de base à la société future. C’est par libres groupements que s’organisera la Commune sociale et ces groupements mêmes bouleverseront les murailles, les frontières. Ce seront des millions de communes non plus territoriales, mais se tendant la main à travers les fleuves, les chaînes de montagnes, les océans, unissant les individus disséminés aux quatre coins du globe et les peuples en une seule et même famille d’égaux.

 

Pour aller plus loin :