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Bilan rap 2016

Dossier collectif publié sur le site ReapHit le 30 décembre 2016

Alors que les puristes prophétisent la mort du rap depuis le début des années 2000, force est de constater qu’il ne se porte pas si mal que ça. Car 2016 est une année aussi riche musicalement que les précédentes.

Comme en 2015, l’événement rap français de l’année est assurément PNL. Après avoir conquis l’Hexagone avec Le Monde chico, les frères Andrieu ont choisi d’entrer définitivement Dans la légende. Pour ce nouvel opus, Ademo et N.O.S. ont repris la même formule. Il est toujours autant question d’argent, de trafic, de leur famille ou de dessins-animés. La musique est toujours aussi hypnotique, quoique ce nouveau disque se révèle plus posé que le précédent. La recette fait mouche, puisque les frères ont vendu 51 957 albums en une semaine. Trois mois plus tard, PNL est triple disque de platine avec plus de 300 000 disques écoulés. Les clips de « Naha » et « Onizuka » sont également de francs succès sur YouTube. Ademo et N.O.S. se sont cependant peut-être trouvé un concurrent de poids en la personne de Nekfeu. Après une année 2015 marquée par la sortie de son premier album solo, Feu – qui a connu un vrai succès commercial, à défaut d’être une grande réussite artistique – le « petit grec » revient en forme. C’est d’abord avec ses potes du S-Crew (Nekfeu, Mekra, Framal, 2zer Washington), que le MC du XVe se présente, avec le générique français du film Creed : l’héritage de Rocky Balboa, puis avec leur deuxième album intitulé Destins liés. Ce dernier est certifié d’un disque d’or (50 000 ventes). Mais c’est avec son album surprise, Cyborg, annoncé le 2 décembre, que le rappeur actif mouvement social Nuit debout, fait vraiment sensation. Mieux écrit et plus engagé – sans tomber dans le « rap conscient » pour autant – que Feu, le disque est certifié disque de platine en deux semaines avec 106 000 exemplaires vendus (physique, digital et streaming).

2016, c’est aussi le retour de Seth Gueko, qui nous livre avec Barlou son meilleur album depuis longtemps. Souvent trop irrégulier, le rappeur exilé en Thaïlande – qui y connaît « des problèmes d’immigration » –, plus anarchiste que jamais, ne nous déçoit pas cette fois. Autre retour, encore plus attendu, celui de Despo Rutti. Revenu de HP et converti au judaïsme, le MC nous lâche Majster – où apparaissent notamment Seth Gueko, Lino et Kaaris –, un double album stratosphérique. Torturé, sombre et délirant, avec son intro de 17 minutes, ce disque, qualifié par nos confrères de Captcha de « plus grand album de l’année 2016 » mérite plus qu’une oreille attentive. Avec ce nouvel opus, Despo nous prouve qu’il est un génie encore trop incompris. Mais 2016 en France, c’est également les deux très bons albums de l’hyperactif Lucio Bukowski (ODERUNT POETAS avec Oster Lapwas et HOURVARI avec Milka), le premier disque de Damso, nouvelle perle belge du 92i qui confirme tout le bien que l’on pensait de lui, et le retour gagnant de Georgio, qui s’affirme comme l’un des espoirs du hip hop hexagonal.

Outre-Atlantique, après Kendrick Lamar, c’est à son compère Schoolboy Q d’écraser la concurrence. Avec Blank Face LP aux sonorités gangsta, le MC originaire de Los Angeles nous rend une copie plus propre que son bon mais irrégulier Oxymoron sorti deux ans auparavant. Des producteurs aux invités, rien n’est laissé au hasard par Schoolboy Q. On retiendra « THat Part », morceau phare de l’album, où collabore l’autre rappeur américain de l’année 2016 : Kanye West. Les grands médias se focalisent sur les déboires et extravagances de sa femme Kim Kardashian, qu’on en oublierait que Kanye est avant tout un grand artiste. The life of Pablo, où on retrouve notamment Kendrick Lamar, Chance The Rapper, Frank Ocean ou Kid Cudi, nous le rappelle. Parfaitement produit, cet album a en plus bénéficié d’une promo de qualité, avec le retour des G.O.O.D. Fridays : comme en 2010 avec My Beautiful Dark Twisted Fantasy, chaque vendredi un morceau inédit, faisant parti ou pas du disque est dévoilé. Une formule qui réussit toujours. En conclusion, si 2015 aura été l’année des révélations, 2016 a été celle des confirmations. Et on ne s’en plaindra pas.

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Al : « Avant, même les rappeurs en tête d’affiche avaient un discours social »

 

Entretien publié sur Le Comptoir, le 6 janvier 2016

« Talant, 26 juin 1998, salut Befa, quoi d’neuf depuis la dernière fois ?/ Pour moi, toujours la même. En c’moment, j’taffe, un vrai calvaire/ J’m’emploie à gagner un salaire de misère/ Dans une atmosphère qui pue comme l’enfer. » C’est par ces mots que le rap français découvre Al sur “Correspondance”, issu de l’album “Détournement de son” de Fabe. Dix ans plus tard, en 2008, le rappeur dijonnais, proche de La Rumeur et Anfalsh (Casey, Prodige, B. James, Hery, Laloo et Tcho), débarque avec son premier album “High-tech et primitif”. Après ce premier essai transformé, le MC sort en 2012 “Terminal 3”, puis “Toute entrée est définitive” avec Asocial Club (qui regroupe Casey, Prodige, Vîrus, Dj Kozi et Al) en 2014. Nous avons souhaité nous entretenir avec lui à l’occasion de son nouveau solo, “Le pays des Lumières”.

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L’année rap 2015

Edito écrit pour le site Reaphit, publié le 30 décembre 2015

Tandis que tous les puristes de France, de Navarre et d’ailleurs, continueront de crier que le rap c’était mieux avant, je leur retorquerai encore et encore que ce n’est pas si mal aujourd’hui. Car en 2015 encore, il y a eu de quoi faire plaisir à tout le monde, mais encore faut-il s’intéresser vraiment aux sorties. Mais surtout 2015 est peut-être aussi une année de renouvellement tant dans l’Hexagone, qu’outre-Atlantique.

2015 en France, c’est d’abord le retour dans le game de Booba, avec deux albums plus que corrects – quoiqu’inégaux – après le décevant Futur sorti en 2012. C’est également Nekfeu, qui prouve qu’il faudra compter sur lui. Grâce à un renouvellement musical, par rapport à 1995, salutaire et un flow toujours affuté, le premier album du jeune parisien a fait mouche et s’est très bien vendu. Ken devra cependant faire un sérieux effort côté lyrics s’il veut vraiment devenir un grand. Autre confirmation, mais dans un style totalement différent : Vald. Après NQNT (Ni Queue Ni Tête) en 2014, le rappeur originaire d’Aulnay-sous-Bois revient avec NQNT 2. Toujours prêt à casser les codes du hip hop et à proposer des textes de plus en plus absurdes, le MC nous propose une formule rafraichissante.

Mais 2015, c’est d’abord l’année PNL. Débarqués de nulle part, les deux frères du 91 ont conquis la France avec deux albums sortis en quelques mois d’intervalle (Que la famille et Le Monde Chico) et un style musical envoûtant. En outre, en 2015, on a aussi pu dire « aux trentenaires qu’ils peuvent rallumer la radio », comme le scande Lino pour son retour, auquel il faudrait ajouter celui de Rocca. Mais si les deux MC’s n’ont rien perdu de leur technique, force est de reconnaître que nous les avons connu en meilleure forme artistique. Niveau underground, on peut noter que Lucio Bukowski, meilleure plume actuelle du rap français, reste toujours aussi hyperproductif, avec deux albums et trois EP dans l’année, sans jamais sacrifier la qualité.

Outre-Atlantique, l’événement majeur est incontestablement la poursuite de l’ascension de Kendrick Lamar. Trois ans après l’excellent Good Kid, M.A.A.D City, K-Dot confirme avec To Pimp a Butterfly et signe les meilleures prestations de Compton de Dr. Dre, également un des albums de l’année. Autre événement de l’année Joey Bada$$ prouve avec son premier album intitulé B4.DA.$$. que l’avenir s’écrira avec lui. Le New-yorkais nous offre le jour de ses 20 ans un très beau cadeau, avec ce skeud qui nous rappelle les 90’s. Il faut également noter qu’Action Bronson (avec Mr. Wonderful) et d’A$AP Rocky (avec At. Long. Last. ASAP) franchissent aussi brillamment le cap du deuxième album.

PNL, Vald, Kendrick Lamar, ou encore Joey Bada$$ : cette année, une nouvelle génération semble avoir pris le pouvoir des deux côtés de l’Atlantique. Mais il faudra que la tendance perdure en 2016 pour en avoir le cœur net.

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Sëar Lui-Même – Big Punchliner [Chronique]

Texte publié le 20 décembre 2012 sur Sound Cultur’ALL

SearSëar Lui-Même fait partie de ces MC’s qu’on attendaient en cette fin d’année. Doté d’une très bonne technique, le rappeur de L’Or Noir a su se faire particulièrement remarqué ces derniers mois. Pourtant, l’artiste n’est pas un nouveau dans le game. Après plusieurs freestyles sur diverses mixtapes, sa première  grande apparition se fait avec son groupe 1 Bario5 S’pry (qu’il formait avec Loréa) sur le morceau Exercice de Style extrait de Détournement de Son de Fabe, en 1998. Rebelote toujours avec Befa sur le ceau-mor C’est pas Parce que(produit par le regretté DJ Mehdi) sur La Rage de Dire. S’en suit un passage en duo avec F-dy Phenomen sur la compilation Première Classe vol.2, en 2001. Puis, vient le premier maxi solo Sëar Lui-Même/Y’a rien sans rien. Mais le succès n’est pas encore au rendez-vous. Cependant à force de freestyles, d’apparitions ou de scènes, Sëar commence à se faire un nom dans le milieu du rap. Voilà pourquoi, on attendait impatiemment cet opus.

Le disque commence avec le premier extrait éponyme, le bien nommé Big Punchliner. La recette est simple et efficace : un égotrip de 2 minutes et 41 secondes, flow rapide et punchines en pagailles. L’album démarre sous les meilleurs augures. On enchaîne avec Pour mes gars d’Paris qui met aussi en avant les talents de punchliner du MC. Puis, on a droit à un titre engagé : Droit d’Asile. Premiers invité de l’album : Neka, Furax (Inglourious Bastardz), Wojtek et Wira (les Zakariens) sur le très sombreEclipse Lunaire. L’artiste s’essaie ensuite au story telling avec Leçon de Piano où il nous narre l’itinéraire d’un virtuose du piano intello et timide… Je vous laisse découvrir. Mention spéciale pour le refrain chantonné par des enfants. On arrive après à deux featurings d’Amnesty. D’abord sur Attentat, un nouveau story telling dont on devine aisément le thème. Puis sur Présidents réquisitoire à l’encontre de notre Sarkonational et Christoph Blocher ex-Président du Conseil Fédéral suisse. Un titre peut-être un peu manichéen sur certains côté, mais pas moins intéressant pour autant montrant clairement les dérives de nos gouvernants. On a encore droit à une prestation d’Amnesty, mais, cette fois avec Koma (Scred Connexion) en bonus sur la Paix. Puis notre grand punchliner nous sort une suite à son titre éponyme :Big Punchliner 2. Le skeud se conclue avec brio par l’intermédiaire du titre Ecoutes (en Bonus Track) avec des couplets tous aussi bons les uns que les autres de Nekfeu, ADS, Gaiden et Kaot’F.

Excellent flow, punchlines de malade, une excellente écriture, une vraie capacité à aborder différents thèmes, de très bons invités, une ambiance boom-bap entrainante (parfaitement orchestrée par Flev),… Bref, Sëar Lui-Même fait plus que le boulot, plus notre plus grand plaisir.

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Swift Guad : « Tu vois au final comment en tant qu’artistes on peut changer les choses »

Interview publiée le 31 mai 2012 sur Sound Cultur’ALL avec Thomas Passe (a.k.a. Nessuno)

swiftAprès avoir retrouvé Swift Guad à la sortie de studio avec Paco – qui revient ! –, direction Robespierre et le Chicken spot pour une interview en compagnie de mon compèreL’Impertinent. Autour d’un sandwich tout y passe : ses débuts, ses nombreux projets à venir, le pourquoi du comment de ses featurings, sa vision du rap, etc… Bref, trêve de présentation, lisez plutôt l’interview du narvalo !

Sound Cultur’ALL : Présente-toi.

Swift Guad : Swift, rappeur de Montreuil, 30 ans. J’évolue dans l’ombre depuis la fin des années 1990-début 2000. Surtout depuis début 2000. On avait créé un label qui s’appelle Horizone, avecPaco et Rossito pour sortir un premier projet. J’ai commencé plus en solo en 2006. Et voilà, je crois que j’ai sorti cinq mixtapes, deux albums. Et y en a d’autres en cours.

SC : Comment s’est faite la création d’Horizone ?

SG : Ça s’est fait à partir d’une rencontre avec Paco, Rossito et Dos FX. On s’est rencontrés aux alentours de 2000 et la structure s’est créée fin 2000-début 2001. Le premier projet qu’est sorti, à part des mixtapes, c’est vraiment le premier album de Paco en 2004, A base de vers durs. Après y a beaucoup de gens qu’étaient sur le label qu’ont pris leur route de leur côté pour cause de divergences. Ça existe encore Horizone Prod. A l’époque y avait vraiment un engouement, dû aux battles, aux clashs. Ça revient beaucoup aujourd’hui. On parle beaucoup de clashs mais c’était déjà ça à l’époque.

SC : T’en as fait pas mal des clashs sur scène ?

SG : Ouais au Batofar, les 12inch Allstar, les Battle Arena, les End of the weak. Déjà début 2003-2004, ça commençait à arriver en force. Après ça s’est calmé, puis là ça reprend avec les Rap Contenders. Mais c’était déjà comme ça à l’époque, fallait faire ses preuves sur scène avant de les faire sur CD.

SC : Un truc qu’est frappant avec toi, c’est que t’arrives toujours à amener de gros noms sur tes albums. Comment t’y arrives ?

SG : Pour les Français en général ce sont des gens que je connais, que j’ai croisé à droite à gauche. Pour les cainris, soit c’est des gens que j’ai rencontrés comme G.O.D ou Twin Gambino, soit c’est moi qui suis allé vers eux. Comme Raekwon, parce que c’était un rêve de gosse en fait. Comme quand t’es petit tu te dis « Je kiffe Ferrari, je veux une Ferrari ». Bah moi je me suis dit « Je kiffe le Wu-Tang, je veux faire un son avec un gars du Wu ». En l’occurrence ça a été Raekwon, donc c’est pas le plus mauvais représentant. Y en a pas eu 30000. Bishop Lamont c’est moi qui suis allé vers lui, pareil pour Raekwon.

SC : Black Milk ?

SG : Ouais mais, avec lui, on n’a jamais été au bout du taf qu’on devait faire. On devait sortir un son, on l’a jamais sorti parce qu’il a lâché cette prod à un autre rappeur, Elzhi. Vu que y avait plus d’exclusivité c’était pas un peu mort. Mais par contre, même si on n’a pas été au bout de la collaboration, c’est quand même lui qui m’a conseillé d’avoir comme choriste Melanie Rutherford. Elle est présente sur mon dernier album, on a fait un son qui s’appelle Besoin de clarté, et franchement c’est une tuerie. Et c’est Black Milkqui m’a dit d’aller voir cette nana-là.

[Aux Etats-Unis] les gars c’est des pros, en France c’est des branleurs

SC : Et t’as jamais eu de problème avec les rappeurs US ? Qu’ils demandent trop de thunes ou bien n’ont pas beaucoup de considération pour les rappeurs français…

SG : Tu sais, eux ils s’en foutent ils écoutent pas de rap français, ils ont juste besoin de remplir leur assiette à la fin du mois. C’est le problème de tout le monde. A partir de là, c’est à toi de négocier le meilleur tarif. Après, c’est ça qu’est bien avec les cainris. Aux Etats-Unis tout le monde est accessible. Si t’es clair avec eux. Tu leur dis « J’aime ce que tu fais, je veux faire un feat avec toi combien ça coûte ? », si tu commences à te branler à leur dire « Ouais, c’est un rêve de gosse comment ça se passe ? » ils te répondront jamais. Les gars c’est des pros, en France c’est des branleurs. Si tu veux faire un feat avec un gars, comme on dit dans les charts, il te répondra jamais. Alors qu’aux Etats-Unis tu peux même avoirBusta Rhymes si t’as le portefeuille qui va avec. Si t’as les contact de l’agence de booking tu peux avoir n’importe quel rappeur. En France c’est pas possible, ils ont tous une tête énorme. Là-bas c’est leur métier, ils vivent de ça.

SC : Y a un featuring que tu rêverais de faire ?

SG : Y en a plusieurs. Des gars comme Al Green, Lee Perry, Busta Rhymes, Mobb Deep, des gens de la soul. Mais non, y a de tout… Lenny Kravitz tiens ! Je me tâte à ça pour le prochain album ! Je suis en train de voir, pour ça que je te dis son nom. J’ai pas de rêve précis en terme de feat, mais j’ai envie de collaborer, d’échanger avec des artistes que j’aime bien quoi.

SC : Tu nous as expliqué la raison pour laquelle ça ne s’est pas fait avec Black Milk, mais qu’est-ce qui s’est passé avec Tricky ?

SG : Oh Tricky c’est différent ! Tu veux qu’on rende l’affaire publique ? On a enregistré deux titres ensemble. Et le problème c’est que partout où il est passé, aussi talentueux soit-il, il s’est toujours embrouillé avec tout le monde. Dans tous les pays où il est passé. Et donc en France il s’est embrouillé avec tout le monde, dont son ingé son avec lequel on avait enregistré. Il est reparti avec son ordinateur sous le bras, donc les sons sont irrécupérables. Le mec j’ai essayé de le recapter mais il est dans une matrice. Tricky il fonctionne en fonction de l’heure qu’il est, s’il se souvient de toi et de la drogue qu’il a pris au moment où tu lui parles. Ca faut le savoir, et c’est dur de collaborer avec des gens comme ça. Même si c’est soi-disant des icônes, dans l’envers du décor c’est plutôt des gros shlags galériens (Rires).

SC : Comment s’est faite la rencontre avec Al Tarba ?

SG : Al Tarba je l’ai rencontré tout jeune, quand il avait 17 ans. A la base il était bassiste dans un groupe de métal et il se mettait au beatmaking. On s’est rencontrés sur MySpace si je dis pas de conneries. Je faisais du son avec Paco, il nous a contactés en nous disant « J’ai écouté votre son, j’aime bien ce que vous faites, tendez une oreille à ce que je fais ». On a tendu une oreille et on a trouvé que le gars était super talentueux. Et la connexion a commencé. Déjà à cet âge-là il mettait beaucoup de gens à l’amende.

SC : C’est toi qui l’a poussé au micro ?

SG : Non pas du tout ! Il travaillait déjà avec ses potes à Toulouse, dans son groupe qui s’appelle laDroogz Brigade. Donc c’est plus dans le cadre de la collaboration avec ses potes qu’il a commencé à se mettre au mic, dans ce collectif-là.

SC : Où en est d’ailleurs le projet en commun ?

SG : On en rigole beaucoup à chaque fois qu’on se voit, parce qu’on nous pose toujours la même question. Mais à la base c’est pas un projet. C’était évident qu’on ferait un projet en commun un jour où l’autre vu qu’on travaille ensemble depuis le début, mais y avait pas de date précise. On a commencé parun son, deux sons, trois sons, puis ça a créé une attente. Mais les gens j’ai envie de leur dire que ça sortira dans 10 ans, à base d’un ou deux sons par an (Rires). On n’est pas pressés, on fait les choses comme elles doivent se faire. En tout cas dans mon prochain album il aura une place, une ou deux prods qu’il va placer et on va continuer à enregistrer des morceaux. Ça prendra le temps que ça prendra, mais on n’est pas pressés.

SC : T’avais aussi annoncé le projet R.O.C.K.S, c’en est où ?

SG : C’est un peu tombé à l’eau. Par ma faute je t’avoue. Parce que c’est moi qui suis un peu à droite à gauche pour plein de projet en même temps. Dès le début je savais que j’allais sortir Hécatombe 2.0, j’avais plein de projets en parallèle comme le projet Inglorious Bastardz. Ma prochaine mixtape aussi, à la base ça devait être Conçu Pour Casser Du MC Volume 2, mais au final ça s’appellera la Narvalow tape. Dès le début avec R.O.C.K.S on savait que j’allais être accaparé par mes trucs, et c’est moi qui l’ai fait flancher. Tu sais, le concept était bon, y a pas de raison qu’on se remette pas au boulot bientôt.

SC : Tes prochains projets sont donc la Narvalow tape et Inglorious Bastardz, parles-nous en un peu plus…

SG : Exactement. Alors la Narvalow tape c’est au mois de septembre, Inglorious Bastardz c’est fin septembre-début octobre et mon prochain album qui s’appelle Ton rappeur préféré c’est mi-octobre.

Pour la première fois, je fais un album pour m’amuser

SC : Trois CDs à la rentrée ?

SG : Ouais, mais j’ai toujours un peu plus de cœur pour l’album ! Surtout que là j’essaie de faire quelque chose de différent, donc on verra bien. Pour la première fois je fais pas du rap sombre en étant sérieux le cul serré. Pour la première fois, je fais un album pour m’amuser. Pour me décontracter un peu. Même les sons énervés ils sont traités de façon un peu, pas rigolotes mais second degré. On n’arrête un peu de se prendre au sérieux, parce que c’est ça le problème du rap quoi.

SC : Ce sera plus dans le délire de Dansez sur ma bite quoi ?

SG : Tout à fait, tout à fait ! Pas forcément de l’egotrip, mais au moins léger on va dire.

SC : T’as pas peur de perdre une partie de ton public en faisant ça ?

SG : Pas du tout parce que je m’en fous un peu des fans (Rires) ! C’est pas forcément ceux qu’achètent ton album. Donc non au contraire, je peux qu’en acquérir d’autres. De toute façon, les fans ça va ça vient, c’est comme tout. Là, par exemple, t’as un grand mouvement avec 1995 et L’Entourage, que je connais, qui font un gros buzz. Et donc ça fait un an que j’ai de plus en plus de gens qu’écoutent mon son et qui sont très jeunes. Donc les fans ils viennent ils vont, ils t’écoutent parce que t’as sorti un son, le lendemain ils t’écoutent pas. Le but c’est justement de pas toucher les gens qui t’écoutent mais ceux qui t’écoutent pas. Et limite qui n’aiment pas ce que tu fais. C’est plutôt ça l’intérêt. Après je dis pas que je vais faire de la musique classique pour France Inter. Je sais que j’ai déjà été sollicité pour qu’on étudie des textes de mes chansons dans des facs. Ça a quand même plus de valeur pour moi d’être étudié par des jeunes qu’apprennent mes textes plutôt que de sortir des disques et faire de l’oseille pour être écouté par des petits de 15 ans qui comprennent même pas ce que tu dis.

SC : T’as déjà des feats de prévus pour ces trois albums ?

SG : Inglorious Bastardz, c’est le collectif avec moi, Jeff le Nerf, Furax, 10vers, deux groups de Suisse,Le S’1drom et L’Insolence et Scylla, un Belge. Donc c’est un gros collectif. Pour la mixtape y aura pas mal de featurings. Notamment le son que j’ai fait avec Nekfeu, La tête dans la baignoire, Jeff le Nerf, Furax, Hugo Boss, on s’est vus tout à l’heure. Donc pour la mixtape plein de feats, pour l’album je t’avoue que je sais pas encore, je peux pas trop en parler. Moi-même je sais pas encore qui je vais mettre dans les sons que j’ai faits. C’est plus une démarche artistique, j’ai envie que le son me ressemble. C’est pas « Untel c’est vla le featuring » alors je vais le mettre. Faut que le son colle à l’album. Là pour une fois y aura pas de cainris pour lesquels je me serais cassé la tête pour les ramener. Y aura peut-être des cainris, mais ce sera pas la même démarche.

On n’est que des vieux dans ce groupe, la moyenne d’âge ça doit être 30 ans, c’est pas glorieux pour les Inglorious Bastardz (Rires)

SC : Comment ça s’est fait les Inglorious Bastardz ? Vous venez un peu des quatre coins de la francophonie…

SG : C’est venu en fait d’une démarche commune. Ça a beaucoup été fait à l’initiative d’un Suisse qui s’appelle Neka, du collectif Rootscore et du groupe Le S’1drom. C’est un gars chez qui Furax enregistre à Genève, mon pote 10vers aussi. C’est des potes à moi, on se voit souvent, ça s’est fait familialement on va dire. On n’est que des vieux dans ce groupe, la moyenne d’âge ça doit être 30 ans, c’est pas glorieux pour les Inglorious Bastardz (Rires). On se débrouille bien et on lâche pas l’affaire. Après je vais pas te vanter les mérites de chacun. Furax, ceux qui le connaissent savent que c’est vla le kickeur. Jeff le Nerf est là depuis le début, même Kool Shen s’est pas trompé, il l’a pris sous son aile, l’a fait signer chez AZ, l’a placé sur tous les projets. 10vers c’est un rappeur de Toulouse, de la Bim Bam Prod, pareil c’est un gars qu’est là depuis 10-15 ans, il a fait tourner des rappeurs, il a organisé trop de trucs. Scylla pareil, les gens ont juste à taper son nom sur YouTube pour aller voir ce qu’il fait, c’est un des seuls Belges qu’arrive à casser les frontières et venir s’installer en France. C’est une bonne réunion de MCs quoi.

SC : Tu fais également partie du collectif Narvalow Club aussi, qui réunit des artistes divers, tu peux nous en parler aussi ?

SG : Ça c’est pas spécialement rap, c’est une association un peu montreuilloise. Ça regroupe de tout : des peintres, des graffeurs, des tatoueurs, des rappeurs, des photographes, des réalisateurs, etc… Après au début c’était super actif dans l’organisation d’évènements, d’expos et de concerts. Maintenant ça s’est calmé parce que c’est difficile de fédérer tous les artistes. On y arrive mais ça reste marginal. On essaie de faire deux-trois évènements par an. A côté de ça on a développé toute une série de t-shirts. Même si l’esprit Narvalow arrive à se diffuser, parce que je vais pas te cacher que la plupart des gens qu’achètent nos t-shirts c’est des gens de province, et pas de Montreuil. L’esprit est bien représenté quoi.

SC : Tu portes quel regard sur la scène rap actuelle ?

SG : Un regard un peu positif, parce qu’artistiquement ça change de gueule. Tu l’as bien remarqué, on revient un peu à un rap à l’ancienne. Celui que j’affectionne, que j’apprécie. Après le côté négatif c’est la manière dont les médias ont retourné leur veste. Ils boycottaient tout le monde et depuis ils sucent tout le monde. C’est bien, mais tu vois au final comment tous en tant qu’artistes on peut changer les choses. Ouais on a fait un peu vaciller les médias (Rires). Mais après c’est un peu du suçage de bites, mais ouais j’ai un regard positif parce que ça change. Surtout qu’en tant que vieux je trouve ça bien que y ait une nouvelle génération qu’arrive, des gens qui sont passionnés. Qu’ont pas subi le rap qu’on leur a mis de force dans les oreilles. Y en a ils vont dire « Ouais les jeunes cons, les jeunes cons », ouais mais les jeunes cons c’est nous y a dix ans ! Donc moi j’aime bien ce petit renouveau.

Moi j’ai suivi mon truc, sauf qu’à l’époque c’était plus compliqué. Aujourd’hui ça s’ouvre, donc j’en profite un peu pour rentrer dans la brèche

SC : C’est vrai que y a un petit retour aux sources, comment tu le vis toi qu’est un peu un pionnier de ce mouvement avec des gars comme Flynt, le TSR, etc…

SG : Bah moi je suis pas retourné aux sources, j’en faisais déjà depuis longtemps. Mais à l’époque y avait les Sages Po, Time Bomb et ces petits jeunes ils écoutent ça quoi. Mais non j’ai pas l’impression d’être un pionnier, moi-même j’étais une groupie quand j’étais petit. Moi j’ai suivi mon truc, sauf qu’à l’époque c’était plus compliqué. Aujourd’hui ça s’ouvre, donc j’en profite un peu pour rentrer dans la brèche. C’est bien qu’il y ait cette nouvelle génération qui a ouvert la brèche grâce à internet, aux nouveaux médias qu’on leur a mis à disposition. Nous on n’a pas su l’utiliser, eux ils ont grandi avec ça. Pour eux c’est normal, pour nous c’était un effort de s’y adapter. Pour eux c’était logique, c’était normal, si t’es pas dessus t’es mort. Tu me parles de n’importe quel artiste qu’a entre 20 et 25 ans je te dirai qu’il a un Facebook, un Twitter, un compte Google+ quoi. Ça coule de source (Rires).

SC : D’ailleurs toi à l’époque du premier album t’étais un rappeur underground, aujourd’hui t’es plus dans la lumière, t’as plus de buzz. Tu fais plein de scènes, plein de feats, comment tu l’as ressenti ?

SG : Ouais mais c’est la force des choses qu’a voulu ça. Avant je faisais mon son, on me proposait pas de faire des lives, maintenant ça s’est développé. C’est bien. Moi je me suis adapté aussi. Surtout que j’ai vieilli, j’ai plus du tout le même discours que quand j’avais 20-25 piges. Quand t’as plus de 30 ans tu sais… Je me modère pas dans le discours, j’ai toujours les mêmes principes et idéaux. Mais j’ai vieilli donc forcément je suis un peu plus sage. Même si je dis encore des conneries, même beaucoup ! Mais c’est comme les mecs qui disent « Fuck Skyrock ! Fuck Skyrock ! » alors que la seule chose dont ils rêvent c’est d’y passer ! Mais quand t’arrives à cet âge-là tu comprends que c’est de la bêtise de dire « Fuck Skyrock », parce que le jour où ils vont t’appeller pour faire un freestyle tu vas courir comme un petit chien !

SC : T’en vis à l’heure actuelle du rap ou tu travailles à côté ?

SG : J’ai toujours travaillé. Maintenant je travaille à mi-temps. Le rap j’en vis dans le sens où je fais de l’oseille avec mes concerts. Mais après je me dévore, tu vois je charbonne pour vendre des disques et faire des concerts. Mais après le problème c’est que c’est toujours irrégulier, tu sais pas combien tu vas gagner en septembre puis au mois d’octobre. Mais au moins ça se débloque ! Avant y avait pas de concerts, maintenant y en a vla le tas. Je trouve ça bien, mais après faut être malin, savoir travailler avec les gens. Le problème du rap français c’est qu’il a toujours été renfermé sur lui-même : « Fuck untel ! Fuck untel ! Fuck untel ! ». Aujourd’hui le rap s’est ouverts, on travaille avec des tourneurs, avec des médias, on a des marques de fringue, des trucs comme ça. Je pense que c’est aussi pour ça qu’on en parle aujourd’hui, parce qu’à l’époque le rap français n’était réservé qu’à certains médias privilégiés.

SC : Question conne : t’es vraiment employé à la mairie de Montreuil ?

SG : Ouais, je suis fonctionnaire. Je suis fonctionnaire depuis 7 ans. Je t’avoue j’ai pas eu de diplômes, donc ma mère elle m’a dit : « Tu bosses et tu remplis le frigidaire ou tu te barres et tu fais ta vie ». Du coup je me suis mis à bosser et je me suis barré (Rires) ! C’est une bonne expérience, j’ai pas eu le bac mais je vais pas faire le misérabiliste parce que j’ai toujours eu du travail. Ça m’a permis de faire mon son tranquille. Tu sais, la plupart des rappeurs, aussi côtés soient-ils, bossent à côté. C’est ça le juste milieu entre l’indé et la maison de disque : la maison de disque ils vont se foutre de ta gueule, t’es sûr de toucher moins d’oseille mais d’en vivre, l’indé c’est au jour le jour et tu sais jamais combien tu vas gagner à la fin du mois.

SC : Un mot de la fin ?

SG : Le mot de la fin c’est que le prochain album sort à la rentrée, et que le maximum de personnes qui l’achètent fera que j’en sortirai un prochain (Rires) !

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Propos recueillis par : Nessuno & L’Impertinent

 

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Tu sais que tu as découvert le rap avec les Rap Contenders quand…

Texte publié le 18 mai 2012 sur Sound Cultur’ALL, avec Thomas Passe (a.k.a. Nessuno)

rapcontenders3Le rap, toi à la base, t’en as rien à battre. Mais un jour, par hasard, sur Facebook t’as checké une vidéo d’un pote qui est fan de rap. Cette vidéo c’était Nekfeu vs Logik Konstantine. Ca t’a de suite rappelé ton adolescence et 8 Mile. Bref, t’as été plié en quatre. Par curiosité t’as été regarder les autres : Alpha Wann vs LunikBlackapar vs Deen Burbigo… Depuis chaque vendredi soir minuit tu as le même rituel : te connecter sur le site des Rap Contenders. T’as autant besoin de ton clash hebdomadaire qu’Amy Winehouse avait besoin de son sachet de coke quotidien. Au point, que tu t’es pris peu à peu à kiffer le pe-ra (ouais maintenant tu le dis même en verlan). Bref, tu sais que t’as découvert le rap avec les Rap Contenders quand :

  1. Tu crois que L’Entourage a inventé le flow.
  2. Il y a un an, c’étaient de parfaits inconnus pour toi, depuis les X-Men font partie de tes groupes préférés. De même avec Fabe et Zoxea.
  3. Les seuls MCs que tu connais sont ceux qui ont participé aux RC ou ceux qui ont été cités dans différents clash.
  4. D’ailleurs, après le clash de Lunik vs Gaïden, t’es direct parti sur le net chercher qui est Despo Rutti.
  5. T’as jamais écouté la FF, mais tu sais que Menzo est wack.
  6. Tu sais que le babtou de la Sexion d’Assaut ne sert à rien. La preuve dans le clip Désolé, t’as jamais vu de babtou rapper.
  7. Tu déclines toujours les invitations en soirée le vendredi soir. Faut pas déconner…
  8. D’ailleurs le lendemain, tu saoules tous tes potes en leur ressortant les vannes que t’as retenues de la veille.
  9. Tu sais ce que signifient choke, flip ou overtime.
  10. Tu haïs sur Framal de L’Entourage depuis les RC1.
  11. T’es allé voir DJ Premier en concert pour voir des battles en première partie. Dommage que ce DJ de seconde zone ait gâché la suite de la soirée.
  12. Tu joues aux fléchettes sur un poster de Sandrine Luce ou de Maska.
  13. T’as payé pour voir le clash Nekfeu vs Lunik… Sans succès….
  14. Sur Facebook, t’es ami avec tous les participants aux RC. Même TZN. De toute façon, Carlton dans Le Prince de Bel-Air t’a toujours fait gole-ri.
  15. T’es persuadé que Cassidy était le moins bon des X et que Specta était le moins bon du Saïan Supa. Pourquoi ? Ben, c’est Deen Burbigo qui l’a dit.
  16. Tu crois que L’Entourage a inventé la punchline.
  17. Tu te demandes encore pourquoi Booba parle d’Alpha dans Jour de Paye. Normal, t’as jamais entendu parler d’Alpha 5.20.
  18. Cerdan ? Ali ? Frazier ? Tyson ? Rien à foutre, Stunner restera toujours le meilleur boxeur pour toi.
  19. Ces derniers mois, t’as essayé plusieurs fois d’enchaîner 5 ‘teils de Balantine’s en soirée. Sans succès. Normal.
  20. Grâce à Jazzy Bazz, tu sais que toutes les rappeuses françaises sont wacks. Casey ? Keny Arkana ? Princess Aniès ? C’est qui ?
  21. Une fois t’as eu envie de te suicider en voyant que le battle n’arrivait pas à minuit le vendredi. Heureusement, le temps que t’installe la corde, il est enfin arrivé. A minuit cinq.
  22. Tu ne sais pas ce que sont les End of the Weak, mais tu sais qu’t’as envie de flinguer Mic Orni à chaque délibération du jury.
  23. A chaque fois que tu te fais un Word Up! Battle, t’as l’impression que les québécois ne sont bons qu’à nous pomper.
  24. Il y a un an t’avais envie d’étrangler toute personne parlant avec l’accent québécois, à l’heure actuelle tu connais par cœur toute la disco de Casse-Croûte et du K6A.
  25. Pour toi Diomay ou Driver ne sont que des membres du jury des RC.
  26. T’as du respect pour Sinik depuis le match Suspek-T vs Lunik.
  27. A cause de Wojtek, t’as hésité à voter Marine Le Pen. Heureusement, Jazzy Bazz t’a remis dans le droit chemin.
  28. Tu hais les Fuck That qui ont pompé les RC qui ont pompé les Word Up! qui ont pompé les KOTD.
  29. Grâce à Pauline, Goom Radio est ta radio préférée.
  30. T’es fan de Lunik… Mais, t’as jamais écouté aucun de ses sons.
  31. Bizarrement, dès que t’entends taper des mains, tu penses à une scène de sodomie.
  32. T’as découvert Youssoupha grâce à Taïpan.
  33. Tu crois que L’Entourage a inventé le rap.

L’Impertinent & Nessuno

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