Archives du mot-clé Pierre-Joseph Proudhon

Non au culte du nouveau

Une de Marc CHAUMEIL

Texte publié initialement dans L’Express le 6 septembre 2017 dans le dossier « Conservatisme/progressisme: les intellos cherchent leur camp… »

Pour l’écrivain catholique G. K. Chesterton, « l’affaire des progressistes est de faire des erreurs ; celle des conservateurs est d’empêcher les erreurs d’être corrigées. » A titre personnel, je préférerais que les erreurs soient corrigées, donc j’éprouve bien du mal à me situer dans l’un ou l’autre des deux camps.

Né au XVIIIème siècle, le progressisme consacre la croyance dans le perfectionnement globale et linéaire de l’humanité. L’augmentation du savoir, notamment scientifique, doit entraîner avec elle le progrès technique, qui permet un accroissement des richesses – rebaptisé « croissance économique » – ainsi qu’une amélioration morale et sociale. N’ayant pas tenu sa promesse de nous mener au meilleur des mondes possible – sans parler des effets néfastes de la croissance sur l’environnement –, le progressisme s’est mué en éloge naïf de toute nouveauté, avec une condamnation de tout ce qui nous vient du passé. Or, il me paraît évident que dans l’héritage plurimillénaire des sociétés humaines, il existe un certain nombre d’acquis essentiels à préserver.

A l’inverse, le conservatisme s’apparente souvent à un statu quo, qui s’accommode des injustices et des privilèges d’une minorité. Or, il m’apparaît tout aussi évident qu’un certain nombre de choses ne vont pas et doivent impérativement être radicalement changées. Je rejoins donc le père de l’anarchisme, Pierre-Joseph Proudhon, qui écrivait : « Qui dit donc révolution dit nécessairement progrès, dit par là même conservation. »

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Samuel Hayat : « Il faut faire éclater le consensus républicain »

Publié le 17 avril 2017 sur le site Le Comptoir, à partir du premier numéro de la revue du Comptoir

Samuel Hayat est un historien chargé de recherche au CNRS et au Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales (Ceraps). Il a participé récemment à la rédaction de « Quand les socialistes inventaient l’avenir, 1825-1860 », ouvrage collectif publié chez La Découverte et dirigé par Thomas Bouchet, Vincent Bourdeau, Edward Castleton, Ludovic Frobert et François Jarrige. En 2014, il a publié un ouvrage intitulé « Quand la République était révolutionnaire – Citoyenneté et représentation en 1848 » (Seuil). Pour le premier numéro de La Revue du Comptoir, nous l’avions interrogé sur les idéaux républicains des révolutionnaires de 1848 et sur la manière dont ils pourraient éclairer nos débats actuels. À l’occasion des élections présidentielles, nous publions une version numérique de cet entretien pour qu’il puisse enrichir les discussions sur une VIe République.

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Le Comptoir : socialistes et décroissants mais pas conservateurs

Article publié le 16 janvier 2017 avec Galaad Wilgos sur le site Le Comptoir

« Le Monde » a décidé de réaliser, le 11 janvier dernier, une enquête sur plusieurs jeunes revues dont Le Comptoir, mais également nos confrères de Philitt, Limite, Accattone ou encore de Raskar Kapac, rattachant de manière erronée tout ce beau monde à Jean-Claude Michéa. Il nous apparaît alors évident qu’elle crée de la confusion sur la pensée du philosophe montpelliérain, mais également sur les lignes éditoriales des différentes revues répertoriées, à commencer par la nôtre. Nous tenons à clarifier notre position.

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Recherche socialisme désespérément

Entretien accordé pour le site de la revue Limite dans la cadre de la sortie de La revue du Comptoir, publié le 26 octobre 2016

Nos amis du blog Le Comptoir sortent leur premier numéro papier baptisé « Recherche socialisme désespérément » – un numéro de 119 pages où l’on découvre un travail éditorial et graphique d’une grande qualité. Ces jeunes pousses révolutionnaires sont restées fidèles aux idées qu’elles développent depuis deux ans sur internet, en mêlant analyse, reportage et grands entretiens. Entretien avec Kévin Victoire, co-fondateur du blog Le Comptoir et collaborateur de Limite.

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La Commune de Paris, dernière révolution romantique

Article publié initialement le 14 mars 2016 sur Le Comptoir

Des luddites à la révolte des canuts, le XIXe siècle est le théâtre d’insurrections fréquentes des classes populaires contre la société industrielle naissante et ses conséquences, à savoir le déracinement du prolétariat, la dissolution des solidarités traditionnelles et la mise en place de nouveaux rapports d’exploitation. La Commune de Paris de 1871 est à la fois la dernière de ces révoltes mais aussi, la plus réussie.

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« La CNT considère que le syndicat se suffit à lui-même et n’a pas besoin de relais politique »

Interview publiée le 18 janvier 2016 sur Le Comptoir

Notamment connue pour la révolution sociale espagnole de 1936, en pleine guerre civile opposant républicains et franquistes, la Confédération nationale du travail (CNT) est devenue un symbole de l’anarcho-syndicalisme. C’est en 1946 qu’est fondée l’organisation française par des militants espagnols en exil, ainsi que par des anciens membres de la CGT-SR et d’ex-résistants qui désertent la CGT, à cause de la tutelle exercée par le Parti communiste. Aujourd’hui, malgré un nombre d’adhérents relativement faible comparé aux grosses structures que sont la CGT, la CFDT ou encore FO, la CNT continue de faire vivre l’espoir de l’anarcho-syndicalisme en France : un bon point pour elle. Nous avons donc décidé de rencontrer deux de ses membres : Frédéric Siméon et Raphaël Romnée, coordinateurs de l’ouvrage collectif “De l’autogestion – théories et pratiques”.

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Vous avez dit « gauche réac » ?

Article publié le 6 mai 2015 sur Le Comptoir

La gauche n’a jamais semblé aussi divisée qu’aujourd’hui. Si certains se revendiquent clairement progressistes, d’autres, plus réticents, se questionnent davantage et s’attirent les foudres des premiers. Les insultes fusent, les coups bas pleuvent. Parmi ces attaques, le terme de « réactionnaire » revient quasi automatiquement pour qualifier quiconque ne s’inscrit pas dans ce mouvement en avant. Alors, existe-t-elle réellement, cette « gauche réac », ou n’est-elle qu’un fantasme ?

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