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« Le rap, c’est l’argent qu’on n’a pas à mettre dans les psy » l’interview Jamais 203

Interview publiée le 25 novembre 2013 sur Sound Cultur’ALL

Mokless
Jeanne Frank ©

Trois MC’s, trois générations, trois univers mais un seul projet. Jamais 203, c’est l’alliance d’un jeune égotrip (Guizmo), d’un ancien que l’on classerait vulgairement dans le « conscient » (Mokless) et d’un punchlineur fou (Despo Rutti). On se retrouve face à une combinaison que personne n’attendait mais qui se révèle à la fin terriblement efficace. C’est pour cette raison queSound Cultur’ALL a eu envie de rencontrer les 3 rappeurs. Finalement, seuls Mokless etGuizmo sont disponibles pour l’entretien… Mais Despo arrive pour la toute fin. Jamais deux sans trois, il paraît…

Sound Cultur’ALL : Vous venez de sortir votre album commun Jamais 203, quels sont les retours sur ce projet ?

Guizmo : Ils sont divers et variés. Certains ont aimé tout de suite, d’autres ont mis du temps et les derniers n’ont pas aimé cette combinaison. Il y a du bon comme du mauvais. Mais il y a beaucoup de bon. Je suis beaucoup connecté sur les réseaux sociaux et les réactions sont encourageantes.

Mokless : On avait déjà balancé 5 titres, soit 30% du projet. Là, on est à une semaine de sortie de l’album [ndlr : l’interview a été réalisée le 5 novembre]. Je pense que le public était  sceptique au départ. Les gens se demandaient ce que c’était et ne comprenaient pas le mélange de nos 3 univers. Ils attendaient les solos de Despo et Guizmo ainsi que mon prochain projet avec la Scred.

SC : Justement vous possédez chacun votre univers. Comment vous êtes-vous enrichis mutuellement ?

G : Je pense que Mokless m’a énormément apporté niveau écriture. Pour ce qui est de la tournure des punchlines et de l’interprétation, c’est Despo qui m’a inspiré. Après je ne sais pas ce que je leur ai apporté mais je pense que ça a été réciproque.

M : Moi, Guizmo m’a apporté sa fougue, sa jeunesse, son amour du risque et son côté « je suis le meilleur ». Il m’a transmis un vrai esprit de compétition qui m’a permis de me relancer. J’ai beaucoup appris de lui. On a beau être un ancien, on a toujours à apprendre, même d’un jeune. Guizmo est d’une autre génération et possède les codes de la jeunesse actuelle : il sait leur parler. Il m’a appris de ce côté. Sur le plan musical, c’est un MC qui prend des risques sur des sons actuels, donc il m’a emmené vers de nouvelles pistes.

SC : Et comment s’est déroulée la création de l’album ? Pour les choix d’instrus ou de thèmes par exemple ?

G : C’était un peu tout le monde ! Parfois c’était moi, d’autre fois Despo ou Mokless. Willy [ndlr : deYonea & Willy, les producteurs des 3 MC’s], qui a réalisé l’album presque dans sa totalité, a beaucoup participé.

M : Oui il nous proposait par exemple souvent des instrus qui l’inspiraient. Il suggérait aussi des thèmes. Et puis parfois, j’avais un texte en tête et je me disais qu’il pouvait bien coller sur l’instru. Pareil avec Guizmo ou Despo. Chacun a apporté sa pierre à l’édifice. Yonea aussi a participé. Parfois quand j’écrivais, je lui demandais des conseils. Il pouvait par exemple me perfectionner certaines punchlines. C’était un vrai partage avec beaucoup d’échanges.

SC : Vous avez parlé de Yonea & Willy, quel rôle ont-ils joué dans la conception de l’album ?

G : Déjà Willy a réalisé et produit le bum-al. Yonea était peut-être plus en retrait mais il produit également et a été présent sur quelques réalisations. Ils ont une grosse partie du boulot sur les épaules.

M : Pour moi Willy est la colonne vertébrale de ce projet : il a été sur tous les morceaux, même si parfois il nous laissait carte blanche sur des titres. C’est grâce à lui que le disque ne fait qu’un. On est beaucoup à apporter notre patte mais au final il n’y a qu’un CD, qu’un album, qu’un projet. Après plusieurs écoutes, on ressent cette unité.

« Quand tu vas faire des ateliers avec des petits jeunes, ça favorise ton amour pour le mouvement. Ça ne crève jamais, il y a toujours un truc à faire dans le pe-ra, c’est chant-mé. »Guizmo

SC : Comment vous concevez le rap chacun ?

G : Le rap c’est un exutoire, c’est l’argent qu’on n’a pas à mettre dans les psy.

M : Pour moi le rap c’est toute ma iv. J’ai commencé jeune et j’ai fait que ça. Je suis beaucoup impliqué dans mon rap. J’aime ça. Quand je me lève le matin, j’ai envie d’écrire mes pulsions sur une feuille. Faire du son, des concerts ou échanger avec le public sont devenus mécaniques. Je me suis habitué à trainer avec des gars qui font du pe-ra, à avoir le même langage, les mêmes codes, la même passion. Le hip hop c’est un tout et ce n’est pas forcément Skyrock, Booska-P et Génération. Je respecte ces trois-là mais le hip hop va beaucoup plus loin. Il y en a dans toute la France comme par exemple avec les ateliers. Par exemple récemment on s’est retrouvé à Set dans la ville de Demi-Portion et on a partagé de vrais moments de hip hop.

G : Mais même quand tu vas faire des ateliers avec des petits jeunes, ça favorise ton amour pour le mouvement. Ça ne crève jamais, il y a toujours un truc à faire dans le pe-ra, c’est chant-mé.

« Si tu as envie de vivre du rap, il faut te bouger le cul. Si tu restes là à faire ta reusta et à attendre ta Sacem, il n’y a pas de soucis. Mais dans ce cas, bonne chance ! » Mokless

SC : Mokless, t’as parlé de Demi-Portion. Comment s’est passé le featuring avec lui et celui avec Le Rat Luciano ?

G : C’est moi qui suis allé voir Le Rat à Marseille et je suis remonté avec son couplet et le mien. Les autres ont posé leurs couplets sur Panam. Quant à Demi-Portion, c’est la famille, c’est un artiste Y&W : il a posé ici.

M : Il vient souvent à Paris. En plus, c’est un artiste qui gravite autour de nous. On l’a déjà invité respectivement sur nos albums. C’était un plaisir de l’inviter encore sur ce projet-là. Il y a aussi eu Shotla de Barbès Clan.

G : Et puis Haroun et Koma de la Scred !

SC : Ça c’est la famille !

M : Voilà ça c’est la famille on va dire. Mais Demi-P aussi.

SC : Vous avez un peu évoqué la question sur Rapélite mais vous vivez du rap ?

G : Ah on fait des millions mais on ne le dit pas à chaque interview, sinon on va se faire taxer ! (rires)

SC : Mais n’avez pas à travailler à côté ?

M : Millionnaire, c’est de l’ironique quand il dit ça.

SC : J’avais compris !

M : Mais honnêtement on vit du rap. On fait des concerts, on sort des projets, on s’occupe dumarchandising et de plein de choses qui gravitent autour du rap. Si tu as envie de vivre du rap, il faut te bouger le cul. Si tu restes là à faire ta reusta et à attendre ta Sacem, il n’y a pas de soucis. Mais dans ce cas, bonne chance ! Mais ce n’est pas ma finalité. Le gent-ar est venu après. Moi, quand j’ai commencé à faire du rap, je ne vais pas te mentir, il n’y avait pas d’argent. Il y avait 4 M&M’s et une bouteille d’Oasis (rires). Et un jour on m’a donné un cachet, on m’a dit « tiens ! ». On m’a proposé de faire et vendre des t-shirts. Après j’étais lancé : j’ai fait des concerts, j’ai fait monter mon blaze et je me suis rendu compte qu’il y avait finalement de l’argent dans le rap et que je pouvais en vivre. Donc pourquoi j’irais chercher du taf et charbonner pour un patron qui me casse les c*** ? Je préfère vivre de ma passion même si je ne prends pas des 10 000 euros par mois. Mais au moins ça va, Dieu merci. Il y a à manger dans le frigo donc tout va bien.

Mokless
Jeanne Frank ©

 

 

SC : Vous êtes un peu des représentants des quartiers « populaires ». Est-ce que vous avez vu des choses changer depuis que Sarkozy n’est plus au pouvoir ?

G : C’est pareil. Quand il était là, on baisait tout parce qu’il disait qu’il aurait notre peau et qu’on ne ferait rien. Maintenant qu’il s’est taillé, on était déjà tellement habitué à tout baiser qu’on n’a pas arrêté.

M : La gauche c’est comme la droite et la droite c’est comme la gauche. PS ou UMP, c’est de la merde. C’est pareil. Je vais même te dire un truc. Quand tu me demandes si j’ai remarqué un changement, je vais te dire que oui. En bas de chez moi, il y avait un rue où on trouvait une quinzaine de chard-clo qui s’abritaient. Depuis que la gauche est passée, ils ont mis de gros pots de fleurs à cet endroit-là et les sans-abris ne peuvent plus y rester. Et j’ai compris que ça avait changé : la gauche n’a pas la volonté de s’attaquer à la misère, elle veut juste la déplacer. Elle n’est pas là pour régler les problèmes mais pour les cacher. Mais c’est normal. S’ils étaient réglés, les politiques n’auraient pas de boulot. Imagine si tout le monde mettait ses papiers à la poubelle : le service de propreté de Paris n’aurait plus d’utilité. Là c’est pareil : ils entretiennent les problèmes. Comment ça se fait qu’en France, des gens crèvent de faim ? C’est comme de l’esclavage ! On est en 2013, des patrons s’en mettent plein les poches et pendant ce temps, certains n’ont pas d’appartement. Les footeux gagnent des millions pour taper dans un ballon. On va attendre le Qatar pour sauver la France ou quoi ? Franchement c’est abusé : le constat est triste. Mais c’est un constat sur la société. Nous on est là et on s’en sort mais combien de nos frères galèrent ? Et je ne te parle pas que des mecs de cité. Même pour le petit çais-fran dans son quartier de che-ri c’est triste. L’avenir est sombre. Droite ou gauche : je ne vois pas de différence. Je me demande sincèrement où est le parti qui va nous représenter ? Mais on manque de repère. Dans les livres d’histoire, ils ont sauté les lignes. Et encore je trouve que ma génération passe encore. Mais celle qui arrive derrière c’est pire : ils n’ont rien dans la tête. Leur mentor c’est un rappeur. Nos textes sont leur Bible. Ils écoutent les rappeurs et les voient comme des dieux.

G : Combien de rappeurs ont envoyé des mecs au placard ? Ils les ont envoyé braquer ou dealer.

M : On est tous complices du mal à notre échelle. Chacun participe à ces conneries. Même nous, sans te mentir, on a dû enfoncer des gens. Mais on essaie de limiter la casse. Quand dans une chanson je dis : « complice du mal, je vois le monde qui se dégrade », c’est que je le comprends. Je suis là à acheter des Nikes. Je vis dans une contradiction. Il va peut-être falloir changer des choses. Il faut que chacun commence à balayer devant sa porte si on veut que les choses changent pour nos gosses.

SC : Vous vous posez en exemples en écrivant vos textes ?

M : Oui ça arrive mais pas toujours. Parfois, on veut partager un message. Mais d’autres fois, je peux être dans un état second, en écrivant et ne penser qu’à délirer, loin de ces problèmes-là. On peut avoir envie de faire des trucs plus légers. Il ne faut pas oublier qu’on fait de la musique avant tout. On n’est pas des politiciens.

G : On fait surtout du divertissement.

M : Oui, c’est un juste milieu à trouver. En tant que rappeurs, on est dans le système. On ne peut pas se prétendre « antisystèmes » alors qu’on vit dedans. Il faut être cohérent. On se doit de jouer le jeu. Sinon, je rappe dans ma chambre pour mes 4 cousins. Ce que je veux, c’est qu’est un maximum de personnes puisse m’écouter dans toute la France, voire dans le Monde entier. Je suis un artiste, j’ai envie d’être écouté et de vivre de ma musique, c’est normal. Mais si on peut vivre de notre musique sans envoyer nos petits refrès dans le mur, ça serait formidable.

G : Je pense pareil que Mokless. Oui, on est des défenseurs et des porte-parole du tier-quar. Mais on veut aussi montrer aux petits qu’on se lève pour faire notre truc et qu’on galère pour réussir. C’est parfois compliqué, il y a de longues périodes sans voir nos familles. En tournée, il nous arrive d’être fatigués et de ne plus avoir de voix mais il faut donner un maximum au public. Ce sont des sacrifices. On veut pousser les autres à faire comme nous, même si c’est hors du pe-ra.

SC : Et la montée du FN dans les médias, ça vous inquiète ?

G : Non. C’est juste qu’il ne se passe plus rien. Mohamed Merah c’est fini, les cités c’est passé, Ben Laden n’est plus là. Il faut un truc à donner aux gens. Mais c’est juste un coup de pouce pour la gauche. Tout le monde dit que Marine va passer mais, à mon humble avis, elle n’ira nulle part. Les politiques ont juste besoin d’une opposition forte pour créer des débats et garder la population en haleine.

M : Le FN va à l’encontre de ce que je pense et de ce que je suis. Ils ont tellement dit de conneries que pour moi ce parti est la peste. Mais pour moi, on n’a pas besoin d’être du FN pour être un enfoiré. Tu prends un mec commeValls, il ne vaut pas mieux que le FN. Aujourd’hui, les mecs de gauches ne sont pas différents du FN : ils ne peuvent pas nous piffrer, nous les arabes et les noirs. Ils ne nous aiment pas, c’est du mytho, de la poudre aux yeux. Certes, j’ai invité Olivier Besancenot dans mon album parce que je me reconnais dans son combat. Mais la politique ce n’est pas trop mon truc. J’aime en parler dans mes textes parce que la vie c’est la politique. Si tu n’as pas compris ça, tu n’as rien compris. Quand on évoque la précarité, quand on parle de conflits internationaux, tout ça c’est politique et on s’y intéresse. Je veux comprendre le pourquoi du comment. Je vais te dire, c’est la gauche qui a expulsé Léonarda, pas la droite. Pas besoin d’être au FN pour faire des trucs crapuleux. Regarde Lampedusa : les gens crèvent et la gauche au pouvoir ne fait rien contre ça. Regarde ce qui se passe dans le monde arabe. Aujourd’hui, on regrette Khadafi. En tout cas, le constat est triste et amère. Des gens qui pensent que l’Europe est l’Eldorado et qui prêts à perdre leur vie dans des barques, il y en a des tonnes. Moi, j’en connais. Combien de famille brisées ou de gens qui sont partis et jamais revenus ?

SC : On va en revenir un peu plus à vous. Guizmo, t’en es où de tes albums tous les 6 mois ?

G : J’ai fait Normal. Puis 6 mois après, j’ai fait La Banquise. Puis 6 mois après, j’ai fait C’est tout. Puis, il y a l’EP avec Mokless et Despo, et moins de 6 mois après, il y a l’album. Là, je suis sur un solo.

SC : Tu ne t’es pas avancé un peu trop tôt ?

G : Non, c’est ce que j’avais envie de faire. Je ne suis plus un zonard. Avant d’être signé sur Y&W, j’étais un chien de la casse, je n’avais pas de maison, j’étais tout le temps fonce-dé. Je ne me respectais pas beaucoup. Je vivais comme un rat. C’était sûrement inconsciemment mon moyen de tout quitter : la rue et les galères. C’était ma seule alternative. J’ai décidé de me consacrer au rap et de ne rien faire d’autre à côté. Quand tu es rappeur, tu dois te consacrer à ta musique. Si tu es contrôleur à côté, tu n’es pas un rappeur, tu es un contrôleur qui fait du rap. Si tu es caissier, tu es un caissier qui fait du rap. Mais dans ce cas, tu n’es pas un rappeur ! J’ai décidé d’arrêter le rap de chambre et d’en faire ma vie. Et ce n’est pas plus mal. Ça m’a fait ralentir la tiz et le bédo. Ça m’a fait arrêter dormir n’importe où et n’importe comment.

« La France avec son système scolaire nous a rendus démissionnaires. » Guizmo

SC : Et Mokless, tu conseilles toujours aux jeunes de France de se barrer ?

M : Ça dépend des destinations. Il reste de bons endroits. J’ai beaucoup de potes qui s’en sortent bien à Londres ou Berlin. En plus, ce n’est pas loin et ce n’est pas cher d’y aller. Rio, il y a la Coupe du Monde qui dynamise la ville.

G : Il y a Milan et Rome.  Ils peuvent aller en Espagne. Il y a des coins qui bougent. En France, on n’a pas ce respect des étudiants. Regarde aux Etats-Unis, même pour leurs remises de diplômes, ils ont de grandes cérémonies avec leurs familles.

M : C’est vrai qu’en France, les jeunes sont mal renseignés sur leurs études.

G : En France, on croit que les étudiants allemands ou américains sont cons. D’accord nos programmes scolaires sont 10 fois plus poussés. Mais qui va à l’école ? C’est comme si j’avais une Rolex mais que je ne savais pas lire l’heure. Ça ne sert à rien ! Carrément maintenant ce sont les parents qui demandent d’envoyer leurs enfants en professionnel. Ma propre mère a dit à mes frères et moi « la vie est comme ça, certains sont faits pour l’école et d’autres non ». La France avec son système scolaire nous a rendus démissionnaires. On devrait normalement glorifier le travail. Ce n’est pas normal qu’un petit de 10 ans rentre chez lui en stress. Les profs ne connaissent pas l’exigence de nos parents vis-à-vis du travail scolaire. Le petit doit rentrer chez lui, la boule au ventre, il a des devoirs à faire et un mot dans son carnet à faire signer. Et le lendemain, il se fait réprimer par le prof qui lui apprend que Charlemagne est son ancêtre, alors que son père ne parle pas un mot de français. Aujourd’hui, les enfants ne vont à l’école que pour papa et maman. La plupart des gens qui ont le bac s’arrêtent juste après. Ils passent le bac parce que ça fait bien de ramener un diplôme à la maison. Ils en ont rien à foutre et savent qu’ils ne feront rien avec. J’ai même des potes qui ont des licences d’histoire à la Sorbonne et ils ne font rien avec ça. Il n’y a pas de boulot pour eux. Ils finissent par passer le BAFA et devenir moniteurs de centres-aérés.

M : Non mais c’est sûr que partir peut toujours être une bonne chose dans la vie. Ce n’est pas « barrez-vous ! » juste pour se casser de la France mais « barrez-vous » pour revenir plus fort. Les jeunes étudiants français sont très mal renseignés sur leurs possibilités. On est tellement mal renseignés qu’on croit qu’Erasmus c’est une compagnie aérienne. Il ne faut pas avoir honte et peur d’avouer qu’on tourne en rond ici. Partir, c’est mieux que la routine. Imagine que tu n’arrives pas à avancer ici, que tu envoies des CV partout mais qu’on te recale. Il vaut mieux partir, découvrir d’autres mentalités et d’autres gens. Tu apprends une autre langue et tu découvres une autre culture. En France, il y a trop d’assistanat. Il faut que les jeunes se prennent en main. Il faut insuffler aux jeunes une motivation.

G : Il est là le problème Mokless. Les gens sont trop assistés. Dans certains pays européens, dès le collège, on oriente les jeunes vers un cursus qui leur apprend un vrai métier. A la fin, ils font ce pour quoi ils ont été formés. Il n’y a qu’en France, frère, où tu vas voir des mecs avec un BTS électrotechnique qui sont commerciaux ! Pourquoi il y a une séparation entre deux Frances ? Parce que la spécialisation ne marche que pour les boulots de merde. Si tu n’as pas envie des artisans, cordonnier ou charpentier, ect, tu ne trouves rien. Il y en a qui ont cet esprit du terroir français mais combien ? En France, tu fais un CAP cuisine ou hôtellerie, t’es sûr d’être cuistot ou d’aller servir des gens. Par contre pour devenir chimiste ou faire des études de balistique pour entrer dans la police scientifique c’est plus compliqué. Et sans oublier les différences de salaire : le type de la PJ a plus de mérite que le mec qui bosse 16h par jour sur les chantiers ? On dévalorise certains métiers. Et c’est comme ça dès l’école. On dévalorise certaines écoles. Mais les écoliers sont tous les mêmes. Du mec de cité à celui du 16ème, ils sont pareils. Ils veulent draguer des meufs et leur moment préféré, c’est quand ils ont 2h pour manger le midi. Ils aiment se poser avec leurs potes et si, avec un peu de chances, ils ont leurs diplômes, tant mieux : ça fait plaisir aux parents. Ce n’est pas normal. On a par exemple des formations payées : tu te lèves le matin pour aller bosser et apprendre un métier et ce n’est pas respecté. Aux states, c’est respecté.

« Les jeunes étudiants français sont très mal renseignés sur leurs possibilités. On est tellement mal renseignés qu’on croit qu’Erasmus c’est une compagnie aérienne. » Mokless

SC : Oui mais à chaque système ses défauts. Aux States par exemple, les études coûtent beaucoup plus chères qu’en France. Des gens s’endettent à vie pour les études de leurs enfants.

G : Les études supérieures, coûtent chères mais c’est normal.

SC : En France, la fac est gratuite ou presque…

M : On est d’accord qu’il y a des trucs biens en France et on ne va pas cracher dans la soupe.

G : Mais les études supérieures qu’ils payent là-bas sont équivalentes ici à HEC. HEC tu payes aussi en France.

SC : Tu payes beaucoup moins qu’à Harvard !

G : Oui mais quand t’es diplômé d’Harvard, t’as assuré tes arrières pour toute ta vie.

SC : Pour en revenir à toi Mokless, c’est quoi la suite avec la Scred Connexion ?

M : On a créé un site depuis plus d’un an. On a une scred radio. Et il y a surtout un album en préparation d’ici 2014. L’aventure continue avec Haroun, Koma et Morad. On fait pleins de concerts. La Scred est toujours là et on ne s’est pas séparés. Jamais 203 n’annonce pas la fin de la Scred Connexion, juste qu’un mec du crew a sorti un album avec deux autres MC’s.

SC : Et un projet solo à venir ?

M : Oui, j’ai mon album, L’Ironie du son, qui va aussi sortir en 2014. Je vais balancer quelques extraits avant. Le Poids des Mots aura une suite.

SC (pour Despo Rutti qui nous a rejoint depuis peu) : Despo, sur Rapélite tu disais que l’album était un classique. Tu assumes toujours ?

Despo : Bien sûr, j’assume toujours ce que je dis. Ce disque c’était un challenge, maintenant il y a peu de gens qui prennent des risques donc j’assume et je suis fier de cet album. Et je suis aussi content d’avoir collaboré avec Mokless et Guizmo sur tout un projet. On en reparlera dans quelques années et on sera contents de l’avoir fait !

SC : Ça fait un bail qu’on attend ton solo, il en est où ?

D : Mon prochain album sortira en 2014, il en quasiment fini, je suis impatient de le présenter !

SC : Un mot pour finir ?

M : On n’a pas dit notre dernier mot !

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Fabe – Détournement de son [Chronique]

Texte publié sur Sound Cultur’ALL le 12 mars 2013

Fabe-Detournement-de-son-Pochette-CDIl y a moins de 2 semaines, le monde du rap français a tremblé : Fabe’s back ! Eh non, vous ne rêvez pas. Mais, les vœux de tous les puristes et pseudo-puristes n’ont pas été exaucé pour autant. Befa ne revient pas dans les médias pour nous parler de rap mais de religion. Petite piqure de rappel pour ceux qui ne maîtrisent pas le sujet. Fabe est un rappeur originaire du XVIIIème arrondissement de Paris qui débarque dans le rap game en 1995 avec Befa surprend ses frères. Trois albums et la création de la Scred Connexion plus tard, Befa surprend ses fans en quittant précipitamment le rap en 2000. La raison est simple, l’artiste s’est converti à l’islam et a décidé de se consacrer à l’étude de cette religion. Mais sa réapparition médiatique donne un excellent prétexte pour chroniquer son plus grand classique : Détournement de son.

« Si Jean-Marie courrait aussi vite que j’l’emmerde il serait tellement loin » L’Impertinent

La chanson la plus célèbre de cet album est sans doute L’Impertinent. C’est d’ailleurs sous ce nom que devait sortir au départ le skeud, avant que le morceau Scred Connexion extrait de Cut Killer Show – Opération freestylen’annonce  : « Détournement de son, on tourne action ! » Provocations, rimes techniques, scratchs et instrus signés Cut Killer : ce son reflète parfaitement l’album. Le fil conducteur du disque est clair. Befa nous sert un rap conscient/engagé, toujours réfléchi et… impertinent. Les thèmes abordés sont cependant assez variés. Le MC fait dans l’exercice de style comme dans Exercice de style (justement) où les membres du groupe 1 Bario 5 S’pry tirent leur épingle du jeu (avec parmi eux, un certain Sëar Lui-Même). On a aussi des titres  plus personnels comme Quand je serai grand ou encore Au Fond de nos cœurs. Beaucoup de featurings aussi : la Scred Connexion au complet (avec la première apparition de Morad) sur Ça ou rien,Koma seul sur Tu peux pas te tromper, Al et son couplet stratosphérique sur Correspondance, Chinaprésente sur Superstars, Superhéros et enfin Neg Lyrical, Rachid et Neg Madnik sur Code Noir. Outre Cut, la liste des producteurs fait saliver : Cutee B, Stofkry, Ivan, Dj Mehdi, Wood Willey et Logilo.

« ­ La cité c’est pas ta mère et si tu crèves, elle aura d’autres enfants » Visionnaire

Détournement de son est assurément l’opus le plus abouti de Fabe. Plus engagé et surtout bien mieux produit que ses grands frères, Befa surprend ses frères et Le fond et la forme,  et plus hargneux que son petit frère, La rage de dire. Insolent, dérangeant mais toujours intelligent, l’artiste emmène son auditeur à réfléchir tout en lui faisant bouger la tête. Certainement l’un des tous meilleurs solos de l’Histoire du rap français. 1998 restera à jamais gravé dans le cœur des kiffeurs de rap français, Détournement de son avec.

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La fin des supports physiques et l’avènement du digital : mauvaise chose ?

Texte publié le 23 avril 2012 sur Sound Cultur’ALL

« Avant j’achetais des disques, j’écoutais même ceux que j’aimais pas, aujourd’hui j’ai 40 gigas d’MP3 qu’j’écoute même pas » Orelsan

K7C’est triste, à peine 23 ans et je suis déjà un jeune con réac’. Et pire, j’ai décidé d’écrire tout un article pour l’assumer ! Non, en fait, ce n’est pas le vrai but de cet article, mais bon, une fois que tu l’auras lu, la seule chose que tu retiendras, c’est bien ça : « L’Impertinent, il saoule, il n’est même pas foutu d’vivre avec son temps ». Ben voilà, je suis né à la fin des années 80, j’ai grandit dans les 90’s et j’ai muri (vieilli ?) dans les 00’s. Dans ma courte vie (Quoique notre vie n’est-elle pas déjà trop longue à partir du moment où on vient au monde ?), j’ai vu notre société évoluer et se transformer, parfois en bien, souvent en mal. J’ai connu l’effondrement du bloc soviétique, la réunification de l’Allemagne, l’éclatement de la Yougoslavie, j’ai assisté à la chute du mur de Berlin (#syndromesarkozy), j’ai vu le 11 septembre bouleverser nos vies, j’ai connu 3 présidents français (bientôt 4 ?), j’ai vu un noir devenir l’Homme le plus puissant du monde, et j’en passe ! J’ai connu l’époque où le football français, qui à défaut de nous proposer du beau jeu, arrivait à nous faire rêver. J’ai dansé sur des tubes de l’été dégueux, j’ai vécu la mode des boys bands, celle de la dance et j’ai même connu l’époque où Doc Gyneco était génial

Mais, l’événement le plus marquant de notre ère est certainement l’avènement du numérique, symbolisé par la démocratisation des ordinateurs et d’internet. Et là tu te dis « Mais qu’il est relou ce mec, quand est-ce qu’il en arrive au sujet ? ». T’inquiète pas, j’y arrive ! Comme on le sait tous, internet a bouleversé nos vies, mais a bouleversé le monde de la musique. A l’ère du tout-numérique, de la démocratisation de la culture, du progrès technique et du téléchargement, le musique elle aussi se dématérialise, au point qu’on peut logiquement croire, qu’un jour, la musique n’existera plus qu’en digitale sans aucun support : bonne ou mauvaise chose ?

S’il y a un art qui vit avec son temps, c’est bien le 4ème art (la musique si t’es pas au courant). Contrairement au 2ème ou 3ème art (la sculpture et la peinture, si t’es toujours pas au courant), la musique change constamment de support. Art dématérialisé par nature, c’est en 1904 que la musique se matérialise et qu’apparaît le premier support musical commercial, à savoir notre bon vieux disque vinyle(sisi, j’ai fait des recherches qu’est-ce que tu crois ?). Evoluant constamment au gré des évolutions techniques et technologiques, ce vinyle archaïque donne naissance à des formes évoluées, tels que le 33 tours en 1948 ou le 45 tours en 1949 (#wikipédiaestmonami).  Puis, le bon vieux disque de nos parents, engendre notre Compact Disc (CD) en 1981. Bien plus compact (comme pourrait l’indiquer son nom) et ainsi plus pratique, le CD remplace peu à peu le vinyle… Certes, ce dernier n’a jamais disparu, mais, soyons d’accord, son utilisation est presque devenue marginale. En parallèle, la cassette fait son apparition en 1963, permettant d’enregistrer du son et de l’écouter.

Puis l’informatique a décidé de changer les règles du jeu ! En 1994, un nouvel algorithme de compression est mis au point : le MPEG-1/2 Audio Layer 3, plus communément appelé le MP3. Mais, ce format ne commence à se diffuser réellement que dans les années 2000. Grâce aux plateforme de téléchargement (telles que Napster), les Peer-to-peer (comme eMule) ou les sites d’hébergement (encore une fois, R.I.P. Megaupload), ce format se démocratise très vite et favorise la crise du disque. Les ventes chutent drastiquement et ce ne sont pas les pauvres lois Hadopi de M. Sarkozy qui vont changer la donne. Pour donner un ordre d’idée, en France, en 1999, un album était certifié disque d’or au bout de 100 000 ventes, ce chiffre n’était plus que de 75 000 en 2005 et de 50 000 en 2009. Pour résumer, en 1999, un artiste en moyenne vendait deux fois plus qu’actuellement. Vous me direz que le téléchargement n’y est pas forcément pour quelque chose et blablabla, et d’ailleurs, je ne suis pas forcément en désaccord avec vous sur ce point, mon but n’est pas de diaboliser le MP3 (sinon je serais le roi des hypocrites), mais ce n’est pas non plus de comprendre pourquoi l’industrie musicale va mal (dans cet article en tout cas). Bref, revenons à nos moutons, la crise du disque est là, les maisons de disques et distributeurs trouvent pour seule et unique solution de proposer des téléchargements légaux et payants.

Le problème ? De plus en plus de disques ne sortent qu’en MP3, sans support physique. Evidemment, je comprends que c’est beaucoup plus pratique, car, moins cher en terme de coûts pour le label (ou l’artiste indé) et plus avantageux financièrement pour l’auditeur. D’autres même, proposent des bonus disponibles que pour la version digitale… En fait, vous ne comprenez toujours pas mon problème, mais il est simple : j’aime acheter des disques physiques !!!!! Et je sais qu’en réalité, vous êtes pleins comme moi à aimer regarder votre pile de CD entassée sur votre bureau et même que vous en retirez une sorte de fierté. Le bonheur à l’achat d’un disque, ouvrir le livret pour lire les paroles, les noms des compositeurs ou même des dédicaces et remerciements, … tous ces petits plaisirs n’ont pas de prix et ils sont en train de mourir avec le tout-numérique ! Sans oublier la joie d’enregistrer sur sa K7 le dernier morceau diffusé en radio ou un gros freestyle en direct et de se le réécouter en boucle le lendemain sur son walkman. Des kiffes que les plus jeunes ne peuvent pas comprendre, mais je suis certain que beaucoup trop parmi nous les ont aussi oublié.

Mon but n’était nullement de critiquer le téléchargement, car je serais (très) mal placé pour le faire (et j’ai de bons arguments pour le défendre). Ce n’était pas non plus de critiquer les artistes qui proposent leurs albums en téléchargement légal (qu’il soit payant ou non d’ailleurs), ils doivent bien s’adapter à notre société, surtout en période de crise (de l’industrie musicale et économique). Je ne voulais pas non plus critiquer les plates-formes de téléchargement légal, elles ont vu qu’il y avait du profit à se faire et elles ont raison de surfer sur la bonne vague. Je ne voulais même pas critiquer le MP3 lui-même, car, avouons-le, c’est un format très sympa. Je voulais juste passer un coup de gueule ! Montrer comment une innovation cool pouvait avoir des effets pervers. Montrer comment en se transformant, la société pouvait sans le vouloir détruire de bonnes choses au profit de chose qu’elle juge meilleure. Je voulais montrer comment une chose bonne sur un plan pouvait être mauvaise sur un autre plan (oui, tout dépend de l’espace de définition où on se place. Hein !? Je pars dans un délire geek !? Ok, j’arrête). Je voulais aussi montrer que l’évolution n’est pas toujours bonne sur tous les plans. Oui, je voulais surtout laisser s’exprimer le nostalgique que je suis. Bref, rendez-moi ma Super Nintendo, que je puisse geeker en paix toute la journée sur un bon vieux Street Fighter, avec en fond sonore une K7 remplies de sons mal enregistrés et foutez-moi la paix avec vos saloperies technologiques… Mais pas trop longtemps non plus, ça me manquerait vite.

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Tu sais que t’es un puriste (en carton) du rap quand…

Texte publié le 4 mars 2012 sur Sound Cultur’ALL, avec Thomas Passe (a.k.a. Nessuno)

RAP_MIEUX_AVANT_NOIR_01_298x298Depuis tes années collèges, tu écoutes du rap en boucle, ou du moins Skyrock. Mais, récemment, ta vie en a été bouleversée : t’as compris que tu n’étais pas catalogué parmi les « connaisseurs » de hip hop. Une grande incompréhension et un profond mal-être t’ont envahi mais t’as décidé de remédier à cet épineux problème en faisant ton entrée par la grande porte parmi « l’élite » des auditeurs. En un rien de temps, tu as écumé les forums et sites spécialisés, tu as jeté à la poubelle tes vieux albums de La Fouine (ou de Sniper ouStomy Bugzy pour les plus anciens) et t’as couru t’acheter Illmatic de Nas ! Bref, tel Magicarpe en Léviator, t’as réussi ta transformation en (néo)-puriste du rap et tes goûts sont désormais supérieurs à ceux d’autrui. Tu te reconnaîtras forcément dans la liste qui suit…

Tu sais que t’es un puriste (en carton) du rap quand…

  1. Tu as un rapport quasi-religieux avec ta musique, pour toi rien ne peut justifier le fait de l’avoir sali ou de lui manquer de respect.
  2. T’écoutes jamais le second album d’un artiste, tu sais qu’il aura forcément baissé son froc entre temps.
  3. Tu chies constamment sur Skyrock que tu tiens pour responsable de tous les maux du rap… Pourtant, si demain matin une bande de guignols t’appelle en te faisant des blagues que tu trouvais déjà immatures à 12 ans, tu répondras forcément « Skyrock ! » quand ils te demanderont quelle est ta station de radio préférée.
  4. Tu as un profond sentiment de nostalgie quand tu penses à ce qu’était Génération dans le temps…
  5. T’écoutais 1995 il y a un an mais maintenant tu leur chies dessus allègrement.
  6. En lisant le point précédent t’as d’ailleurs eu une sensation de déjà-vu en pensant à la Sexion d’Assaut, Orelsan ou même Booba… Mais pas avec La Fouine.
  7. Il y a 2 ans tu pensais que 0.9 était le meilleur album de Booba, maintenant tu ne jures plus que parLunatic et Temps Mort et exècres ceux qui s’en sont suivis.
  8. Tu portes des t-shirts « Le rap c’était mieux avant » alors que ça fait 5 ans que t’en écoutes.
  9. T’as jamais écouté la moitié de tes 20 albums de références
  10. Public Ennemy est, pour toi, l’un des plus grands groupes de l’histoire du rap US, alors que tu ne connais pas une seule de leur chanson.
  11. T’es capable de démontrer à n’importe qui que Talib Kweli est l’un des plus grands lyricistes du rap US et que Rick Ross écrit comme ses pieds, alors que tu parles anglais comme une vache espagnole.
  12. Tu détestes les rappeurs français qui ne font que de l’egotrip ou se vantent de leurs exploits criminels alors que tous les rappeurs américains que tu écoutes en font de même.
  13. T’es pour la discrimination positive : 5 de tes 10 rappeurs français préférés sont blancs.
  14. Tu déteste les rappeurs qui foutent des meufs à poil dans leurs clips… Mais tu adules Ludacris !
  15. Tu détestes les rappeurs qui mélangent rap et r’n’b’, pour toi c’est la perversion du Hip Hop… Pourtant 2Pac, Biggie et Fabe sont tes dieux !
  16. Pour toi Temps Mort de Booba et Marshall Mathers d’Eminem sont les derniers classiques du rap français et américains.
  17. Tu détestes le Dirty South… Mais tu adules Ludacris !
  18. 1990 d’Orelsan t’a rappelé des souvenirs, pourtant t’as pas compris la moitié des références.
  19. Tu trouves tout de même dommage que ce titre ait été fait par Orelsan.
  20. Oxmo Puccino est pour toi le seul rappeur actuel avec une discographie parfaite… Pourtant quand on te demande de citer une track de Cactus de Sibérie, tu bugges.
  21. « Qui prétend faire du rap sans prendre position ? » est ton hymne, Notorious B.I.G. est ton rappeur préféré, le Wu Tang Clan est ton groupe référence… pour toi tout est cohérent.
  22. Kool G Rap est pour toi le meilleur rappeur du Queens loin devant Nas et Prodigy… Pourtant quand on te demande de citer une track de lui, tu bugges encore.
  23. T’as des envies de meurtres ou de viols à chaque fois que t’entends un beat électro, cependant, DJ Mehdi est selon toi le plus grand beatmaker que la France ait portée… pour toi, tout est cohérent toujours.
  24. Quand on t’a dit que Rocca faisait un titre avec Alpha Wann de 1995, t’as demandé à ton interlocuteur de te foutre une baffe pour t’assurer que tu ne faisais pas un cauchemar.
  25. Tu fais une descente d’organe chaque année au lendemain des nominations pour les Victoires de la musique.
  26. T’as fait un arrêt cardiaque hier en voyant qu’Orelsan était récompensé. Mais ça va mieux aujourd’hui, t’as vu que c’était que le prix du meilleur album de musiques urbaines et pas celui de rap. Quoi ? Cette appellation de guignols désigne le rap ?
  27. T’as d’ailleurs fait une syncope deux années de suite au moment des Trophées du Hip Hop et ta tension chute à chaque évocation de Yassine Belattar.
  28. En soirée, tu te fais chier royalement.
  29. Tu t’y fais d’ailleurs constamment insulter quand t’essaies de mettre du Casey discrètement.
  30. Tu détestes encore plus Booba que les fans de Rohff.
  31. A bien y penser, tu détestes également Rohff.
  32. Tu les hais surtout pour avoir eu le culot de sortir un deuxième album (et d’autres après)… Par contre tu hais Sinik pour avoir eu le culot d’avoir commencé le rap.
  33. Tu hais les clashs dans le rap français, tu adores pourtant les diss tracks dans le rap US.
  34. Il y a trois choses que tu détestes plus que tout au monde : Skyrock, les majors et les refrains chantés. Pourtant, tu adules Fabe.
  35. D’ailleurs tu attends son retour comme les Chrétiens attendent celui du messie.
  36. Tu attendais aussi celui de Rocca, mais depuis qu’il rappe avec Alpha Wann, tu penses qu’il tient finalement plus de Judas que du Christ : Qu’il aille se pendre !
  37. Pour toi un beat boom bap, fait en 10 minutes avec un sample cramé et des kits de batteries et de basses téléchargés sur internet, vaudra toujours mieux qu’un beat électro sur lequel le beatmaker a passé des jours.
  38. En bon fan de la Scred, t’es en quelque sorte « Vieux avant l’âge ».
  39. Au final tu détestes plus que tu aimes ta musique.
  40. Tu te fous de tes contradictions et incohérences parce qu’au fond être un puriste, pour toi, tient plus d’un certain état d’esprit que d’une quelconque rationalité. Et au fond, cette musique, bah tu l’aimes.

Nessuno et L’Impertinent